3 individus armés ouvrent le feu sur la foule aux abords du marché rose: 7 personnes blessées… Panique généralisée à Bamako

Dire qu’il y a l’insécurité ambiante à Bamako est une Lapalissade. Cela s’est démontré encore hier matin vers 09 heures lorsque trois individus armés de pistolets et de machettes ont semé la terreur vers l’ancienne ambassade des Etats-Unis, à la descente de l’échangeur qui enjambe les rails pour relier le grand marché de Bamako à l’anneau Sotrama.  Après avoir tiré sur tout ce qui bougeait, ils ont disparu dans la nature, laissant sur place une foule hébétée en train de compter ses blessés.

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Ce n’était pas un film western, mais une réalité : trois individus et de vrais colosses, ont pris d’assaut  les environs du marché qu’ils ont animé pendant quelques minutes avec un concert de tirs au pistolet.

Les deux premières victimes ont eu la malchance de les rencontrer sur l’échangeur et cinq autres personnes feront aussi les frais de cette attaque armée pour la moins inattendue.

Mais il faut reconnaître que ce ne sont pas de vrais terroristes, au vu des armes qu’ils détenaient : machette dans une main et pistolet dans l’autre. Il faut admettre que s’il arrivait à de vrais terroristes d’’intervenir dans cette partie de Bamako, à cette heure de la journée,  le bilan aurait été très lourd avec l’encombrement de cette voie par les vendeurs, les clients et les passants.

En plus, ils ne sont pas des professionnels du maniement des armes pour n’avoir pratiquement touché beaucoup de cibles. Ils tiraient à tue-tête et n’importe comment, nous confie une vendeuse rencontrée en milieu d’après-midi et qui en tremblait encore.

Selon le témoignage d’un commerçant trouvé sur les lieux, le bruit de leur pistolet renvoie beaucoup plus à une arme de fabrication artisanale. Et ils vociféraient tellement que leur voix se mélangeait aux détonations de l’arme à feu.

Etaient-ils drogués ? L’enquête en dira plus car au moment où nous mettions sous presse hier soir, nous apprenions que le commissariat du 1er Arrondissement avait procédé à des interpellations fructueuses, à partir desquelles les tireurs avaient été identifiés et recherchés.

Au finish, ils ont fait au total sept victimes dont cinq étaient encore à l’Hôpital Gabriel Touré hier dans l’après-midi. Les deux autres ayant déjà rejoint leur domicile car légèrement touchés. Un enfant porté par sa mère aurait reçu une balle entre le thorax et le cou et sa maman a été atteinte au bras.

Ce qui est étonnant dans cette affaire, c’est de voir ces individus agir ainsi tranquillement avant de disparaître dans la nature en traversant toute la rue pour aller se fondre dans la foule vers le Grand marché tout près de l’immeuble Sahel-vert.

Quelques jours seulement après l’attentat de  « La terrasse », c’est la preuve que le dispositif de sécurité version Général Sada Samaké (ministre de la Sécurité et de la protection civile) est bien efficace et fonctionnel. Sans compter que seulement la semaine dernière, des bandes rivales d’’un syndicat de transporteurs a réglé ses comptes à coups de feu, perturbant la prière des fidèles des mosquées Yatabari et de Missira en train de sacrifier à leur devoir religieux au crépuscule.

C’est dire que le danger est à nos portes car après ces coups de feu entre transporteurs plusieurs personnes de la zone ont pris les devants pour s’armer afin d’organiser leur autodéfense. Et si des commerçants attaqués hier matin étaient aussi armés ? Pourtant certains que nous avons rencontrés ne cachent pas leur désir de le faire. Si rien n’’est fait, on va lentement et surement vers le chaos et IBK s’en rendra compte le jour où peut-être des terroristes, de vrais, exploiteront les failles du système de sécurité pour faire plein de dégâts. Ce qui se passe actuellement n’est-il pas un test pour les ennemis du mali qui guettent la moindre occasion pour agir ? Ce jour-là, le peuple sera sérieusement entendu.

 

Cheick Mouhamed Diarra

Source: La Sentinelle

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