Salubrité : UNE JOURNEE NATIONALE EST INSTITUEE

Il s’agit d’une initiative emblématique pour une mobilisation sociale  et un engagement citoyen en faveur de l’amélioration de notre cadre de vie

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L’ambiance était festive samedi dernier, dans la cour de la mairie du District de Bamako, qui accueillait la cérémonie de lancement de ce qui sera appelé désormais, « la Journée nationale de salubrité au Mali ». Outre de membres du gouvernement, on notait la présence des représentants des autorités politiques, administratives et traditionnelles du District, ceux d’organisations internationales et des partenaires techniques et financiers du Mali dans le domaine de la protection de l’environnement, à la cérémonie solennelle de lancement de cette Journée nationale, présidée par le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement,  Ousmane Ag Rhissa, représentant le Premier ministre.

C’est le coordinateur des chefs de quartiers de Bamako, Bamoussa Touré qui a planté le décor de l’événement. Dans un rappel historique sur la salubrité  à Bamako et les autres grandes villes du pays, le chef coutumier a salué l’initiative qui, dit-il, nous renvoie à nos belles habitudes d’antan.

Le maire de la Commune III du District, Abdel Kader Sidibé, hôte de la cérémonie, s’est aussi félicité de cette initiative du gouvernement contre l’insalubrité. Il a ensuite espéré que l’institution de cette Journée règle définitivement le problème d’insalubrité dans nos villes. Après avoir salué cette démarche visant une mobilisation sociale pour un engagement plus citoyen en faveur de notre cadre de vie, le maire du District, Adama Sangaré a dressé un état des lieux sans complaisance de l’assainissement.

Il a déclaré à ce propos, que l’assainissement de la ville est une compétence automatiquement transférée aux collectivités territoriales. La mairie du District aussi bien que les communes de la circonscription ont d’énormes efforts à faire pour réussir ce qui est attendu d’elles en la matière, estime-t-il.

Selon le maire du district, les difficultés au plan des ressources humaines et matérielles font que la mairie du District peine à faire face à son devoir de transport des déchets solides, des dépôts de transit vers la décharge finale. « Celle-ci n’existe d’ailleurs que de nom, car elle n’est pas encore opérationnelle », a relevé Adama Sangaré avec un ton amer. Et, même si la décharge était opérationnelle, au regard de la vétusté des camions de la Direction des services urbains de voirie et d’assainissement (DSUVA), ils ne peuvent pas assurer le transport des déchets de la ville jusqu’à Noumoubougou, localité située à une trentaine de kilomètres de Bamako.

Cette situation, selon le maire du District, justifie la mise à disposition par l’Etat de moyens conséquents à la DSUVA pour assurer convenablement sa mission, car, les ressources mobilisables par la mairie sont insuffisantes pour faire face à l’investissement dans le domaine de l’assainissement de la ville, a plaidé l’édile.

 

UN ENJEU POLITIQUE MAJEUR. Adama Sangaré a ensuite invité ses collègues des six communes à s’impliquer davantage dans la surveillance des dépôts de transit et surtout, dans la lutte contre les dépôts anarchiques. Le maire de Bamako a souligné que tous les problèmes actuels de défaillance du système de gestion des déchets ne peuvent et ne sauraient être imputables à la seule mairie du District. Il a sollicité l’implication du personnel du ministère de l’Environnement et de l’Assainissement, afin que la subvention spéciale prévue dans le statut particulier du District comme l’une des ressources financières de la mairie, soit désormais une réalité.

En évoquant l’article 15 de la Constitution qui dispose que « toute personne a droit à un environnement sain, et que la protection, la défense de l’environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir pour tous et pour l’Etat », le ministre Ousmane Ag Rhissa, dira que la protection de l’environnement, notamment l’assainissement est un enjeu politique majeur. Dans les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) auxquels le Mali a souscrit, il est prévu de réduire de moitié d’ici à 2015, le nombre de personnes n’ayant pas accès à un système d’assainissement adéquat. Dans la même dynamique, notre pays a élaboré une Politique nationale d’assainissement (PNA) en 2009.

Soulignant la dimension du rôle de l’assainissement dans la santé et le développement humain, il a estimé qu’un meilleur accès à l’assainissement doit être accompagné par une éducation efficace à l’hygiène et un bon plan de communication. Ces facteurs, juge-t-il, sont déterminants dans l’amélioration de la santé, la qualité de vie et l’accroissement des opportunités pour l’éducation, l’emploi, en particulier pour les femmes et les enfants.

Pour atteindre ces objectifs de développement, le ministre a annoncé l’achèvement des travaux d’aménagement de la décharge contrôlée et compactée de Noumoubougou pour les villes de Bamako et de Koulikoro, la prise en compte des activités d’assainissement dans le Programme de reconstruction et de relance économique, l’actualisation de l’étude du schéma directeur de drainage des eaux pluviales et d’assainissement des eaux usées pour le district de Bamako.

L’assainissement commence par le comportement individuel. Il est important en plus de ces actions, de susciter l’implication de chaque citoyen, selon Ousmane Ag Rhissa. En conséquence, l’institution d’une Journée nationale de salubrité a pour objectif à moyen et long terme, d’ancrer de nouveau chez les Maliennes et les Maliens, le reflex d’assainissement et « d’éco-citoyenneté ». Cette Journée qui est désormais consacrée le dernier samedi de chaque mois, concernera toutes les villes et villages du pays. Une commission interministérielle et des commissions régionales seront créées pour l’organisation, la mise en œuvre et le suivi évaluation des activités.

« Nous ferons ainsi œuvre utile en accompagnant ces municipalités et le département en charge de l’Environnement et de l’Assainissement », a déclaré le ministre Ag Rhissa. Malgré les nombreux défis auxquels les acteurs seront confrontés dans la conduite de cette Journée nationale de salubrité, aucun sacrifice n’est de trop, quand il s’agit de la qualité du cadre de vie des populations. Les activités se sont achevées par la vite de certains sites évacués à la faveur du Programme d’urgence d’assainissement de la ville de Bamako. Le dernier samedi de chaque est désormais dédié à la salubrité.

C. A. DIA

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