Projet d’eau potable de Kabala pour la ville de Bamako: le ministre et les PTF sur les chantiers

Le ministre de l’Énergie et de l’eau, Malick ALHOUSSEINI, accompagné des principaux partenaires techniques et financiers du projet de Kabala, à savoir la Banque mondiale (réservoirs) et l’Union européenne, la Banque européenne d’investissement et l’Agence française de développement (AFD), a visité, lundi dernier, successivement les réservoirs d’eau, sis à Baco-Djicoroni, la prise d’eau, l’usine et les conduites d’eau à Kabala, en chantier.

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Cette énième visite de terrain du ministre de tutelle avait pour but de faire le point de l’avancement du projet avec les partenaires financiers.
La délégation comprenait, outre le ministre, la directrice par intérim des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Paola RIDOLFI ; l’émissaire de l’AFD, représentant l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement à la présente visite de terrain) ; les membres du cabinet ; les responsables de la SOMAPEP et de la SOMAGEP etc.

La Banque mondiale engagée
La visite du chantier des réservoirs de Baco-Djicoroni Golf a été la 1re étape de cette sortie de terrain. Selon le coordinateur du projet, Mamadou SANGARE, le taux d’exécution des deux réservoirs de stockage de 10 000 m3 chacun est de 94 % pour un délai consommé de 86 %.
À son avis n’eut été le problème d’eau pour faire les essais d’étanchéité, ils auraient déjà achevé les travaux. Toutefois, a-t-il promis, la réception définitive est prévue pour fin juin.
Par ailleurs, a noté M SANGARE, des discussions sont en cours avec les partenaires pour réaliser deux autres réservoirs de 10 000 m3 chacun. Ce qui fera 40 000 m3 prévus par le schéma directeur.
« Ces réservoirs permettent de stocker l’eau. Ainsi, même en cas de pannes au niveau des pompes, il y aura toujours de l’eau à distribuer aux populations », a-t-il expliqué.
Quant à Paola RIDOLFI, elle dira que l’importance du projet Kabala pour la Banque mondiale est exceptionnelle. C’est pour montrer que la population de Bamako et du Mali en général a droit à l’accès à l’eau potable. Aussi, s’agit-il, d’un projet qui permet de lutter contre la pauvreté, de démarrer les activités économiques, et d’améliorer les conditions de santé.
Selon Paola RIDOLFI, en plus de Bamako, la Banque mondiale entend investir avec les mêmes objectifs et les mêmes approches, dans d’autres villes secondaires du Mali.
Concernant les requêtes relatives à la réalisation de 2 nouveaux réservoirs, elle estime qu’elles sont justifiées par les besoins. Par contre du point de vue technique, lesdites requêtes seront évaluées par rapport à l’objectif final.

Kabala : Le chantier sort des terres
À Kabala, la délégation a eu droit à une brève présentation d’ensemble du projet avant de visiter les chantiers de la prise d’eau, installés dans le fleuve Niger, à 700 mètres de la rive droite (côté Kabala) où se trouve l’usine de traitement de l’eau avant son refoulement dans le réseau de distribution et les réservoirs de stockage ; les conduites d’amenée d’eau, dont les premiers canaux sont en installation.
Très satisfait du rythme d’avancement des travaux, le ministre de l’Énergie et de l’eau a confirmé que son département était en négociation avec la Banque mondiale pour réaliser 2 autres réservoirs de 10 000 m3, cela sur la base des économies réalisées dans le cadre de l’exécution du projet initial. Ce qui, à son avis, est un « bon indicateur en faveur du projet ».
Aussi, a-t-il noté avec satisfaction, l’impact positif du projet quant à la main d’œuvre locale. Selon l’assistant technique du projet, en moyenne ce sont 300 travailleurs qui sont engagés par jour. Il est prévu l’emploi de 1 000 travailleurs, lorsque le projet atteindra sa vitesse de croisière.
Par ailleurs, s’est-il réjoui, le projet Kabala, dans le cadre de son volet transfert de compétences, il est prévu la formation de plusieurs ingénieurs et autres techniciens maliens.
En tout cas, selon le ministre, le calendrier est bien tenu. Et il a promis de maintenir ces visites de suivi pour surtout encourager les entreprises et les bureaux d’étude dans l’exécution de ce projet afin qu’à date, nous soyons au rendez-vous.
De nos jours, la population urbaine de Bamako avoisine les 2 500 000 habitants. Une situation qui accentue les besoins en eau potable en créant un déséquilibre entre l’offre et la demande.

Le projet Kabala : les entreprises et les coûts
Cette forte croissance démographique engendre un déficit structurel d’eau potable depuis 2002 affectant tous les quartiers de la capitale surtout les populations des quartiers situés en rive droite du fleuve Niger.
De source officielle, sur une demande potentielle de 350 000 m3 d’eau par jour, l’offre n’est que de 200 000 m3 par jour, soit un déficit de 150 000 m3 par jour.
Pour résorber le déficit structurel d’alimentation en eau de la ville de Bamako, il fallait le présent projet structurant, qui bénéficie aujourd’hui de l’accompagnement d’une dizaine de bailleurs de fonds dont les efforts consentis se sont concrétisés par une allocation financière, sous forme de don et de prêts pour plus de 172 milliards de FCFA.
Les travaux concernent la composante du projet financée par l’Agence française de développement, la Banque européenne d’investissement et l’Union européenne pour un montant de 70 milliards de FCFA. Lesdits travaux sont répartis en 3 lots :
Le lot 1 concerne la réalisation des ouvrages de prise, de pompage et de refoulement d’eau brute à partir du fleuve. Les travaux sont confiés à l’entreprise SOGEA SATOM pour un coût de plus de 12,5 milliards de FCFA et une durée de 24 mois.
Le lot 2 porte sur la construction de l’usine de potabilisation de l’eau brute. Les travaux sont confiés au groupement d’entreprises DEGREMONT-OTV-SOGEA SATOM-AL PROJECT pour un montant de 46 milliards de FCFA et une durée de 30 mois.
Le 3e lot concerne la fourniture et la pose de la canalisation de refoulement d’eau traitée de diamètre 1 600 mm entre la station de traitement et les réservoirs de Baco Djicoroni. Les travaux sont confiés au groupement SOGEA SATOM/DENYS pour un montant de plus de 10 milliards de FCFA et un délai d’exécution de 16 mois.
Le contrôle de l’ensemble des travaux est confié au groupement de bureaux d’ingénieurs-conseils cabinet MERLIN et CIRA-SA.

Projet Kabala : les avantages à l’horizon 2018-2020
À la fin des travaux, la ville de Bamako sera dotée de 288 millions de litres d’eau potable par jour ; 1 400 km de réseau ; 1 208 bornes-fontaines ; près de 90 000 branchements sociaux (soit un doublement de la capacité actuelle de desserte en eau potable).
Mieux, les nouvelles infrastructures permettront à une population additionnelle de plus de 1 200 000 habitants de la capitale et environs d’avoir accès à l’eau potable, boostant ainsi le taux d’accès à l’eau potable de la capitale à 95 % contre 65 % actuellement.
Il convient de noter : concrètement, le projet Kabala vise à améliorer significativement l’accès à l’eau potable des populations de la ville de Bamako et environs. Ainsi, outre le développement de l’accès à l’eau potable à Bamako, il vise également l’appui à la réforme de l’hydraulique urbaine au plan national.
En effet, le projet Kabala se donne un double objectif : augmenter, à l’horizon 2018, la disponibilité en eau potable pour environ 1,2 million d’habitants de notre Capitale en construisant des infrastructures d’hydraulique urbaine ; contribuer à une gestion durable et performante du service de l’eau potable dans le secteur urbain malien en renforçant les capacités des opérateurs SOMAPEP et SOMAGEP.
Déclinée en 2 phases, la durée totale du projet Kabala est de 6 ans, dont 4 ans pour la phase I (2014-2018) et 2 ans pour la phase II (2018-2020).

Par Sékou CAMARA

 

Source: info-matin

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