Fleuve Niger : L’ARDENT PLAIDOYER DU PRESIDENT KEITA À LA COP21 DE PARIS

En multipliant les rencontres et les échanges sur la situation des cours d’eau en Afrique, le sort de nos forêts et la souffrance des populations, Ibrahim Boubacar Keïta a marqué de sa présence la conférence sur le changement climatique

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« Tant que nous ne trouverons pas une solution à la pollution de nos fleuves et à l’assèchement de nos lacs, tant que nous ne trouverons pas les ressources nécessaires pour fournir l’énergie au plus grand nombre d’Africains, tant que nous n’arriverons pas à une solidarité financière pour aider l’Afrique à avoir une capacité de résilience aux impacts du dérèglement climatique grâce à un document universellement contraignant, tous nos efforts de lutte contre la menace seront vains » : ce sont en substance les idées fortes du plaidoyer développé par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, à la 21è Conférence des parties à la convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (COP21) qui se tient dans la capitale française depuis le 30 novembre.
L’entrée en scène du chef de l’État lors de la cérémonie d’ouverture s’est traduite par un appel pressant aux dirigeants du monde entier, à la solidarité avec le Mali pour sauver le fleuve Niger qui se meurt. « Je vous parle du vécu à travers tout ce que je vous raconte sur ce cours d’eau si cher à mon pays », a assuré le président Keita soulignant combien l’histoire du Mali est liée à celle du fleuve Niger. « Sans l’un, l’autre n’existerait pas. Véritable sève nourricière de notre pays qu’il arrose sur 1.700 km du sud au nord, il permet de transporter, de nourrir et d’abreuver des millions de personnes sur son parcours. Dans son delta, le Niger abrite une biodiversité unique au monde. C’est ce trésor qui, aujourd’hui, se dégrade littéralement, en cédant la place peu à peu, à la désertification, l’ensablement, donc à l’assèchement certain, un jour, de son lit. Un scénario catastrophique que l’humanité aura certainement sur sa conscience. D’où, l’urgence d’agir », a développé Ibrahim Boubacar Keïta. En appui à son propos, il a évoqué la situation du lac Tchad dont plus des deux tiers de la superficie ont disparu en 20 ans.
Le chef de l’État a souligné que des actions sont en cours pour sauver ces patrimoines communs. L’initiative de la Grande muraille verte en est un exemple. Cette bande verte qui reliera le Sénégal à Djibouti en traversant toute la zone sahélo-saharienne, a été initiée par les dirigeants de ces pays, pour aider les populations à s’adapter au changement climatique. A travers des activités de reforestation, d’agroforesterie, de maraîchage, d’élevage et de pêche, elle permettra d’améliorer le niveau de vie et de santé des populations vulnérables. La construction d’infrastructures permettra de maîtriser les ressources en eau. Ainsi, la mise en place de bassins de rétention, de lacs artificiels et d’ouvrages hydrauliques, contribuera à préserver les écosystèmes de production. Les bénéfices environnementaux sont inestimables, a jugé le président de la République. Au delà des 0,5 à 3,1 millions de tonnes de carbone séquestrés par an et la protection des écosystèmes forestiers, l’initiative de la Grande muraille verte va contribuer à une plus grande résilience des écosystèmes sahéliens et des moyens de subsistance des populations face à la variabilité climatique.
Pour le président Ibrahim Boubacar Keïta, l’Afrique seule ne peut pas mener le combat. Il faut une solidarité internationale, notamment au niveau financier, pour relever le défi. Les pays riches ont une « dette écologique » envers les pays pauvres. C’est pourquoi, la promesse faite il y 6 ans lors de la COP15 à Copenhague au Danemark, qui prévoyait de verser 100 milliards de dollars par an aux pays pauvres d’ici 2020, doit figurer en bonne place, dans l’accord qui sera obtenu à Paris, a estimé le président de la République. Cette exigence a été rappelée lors des différentes rencontres qu’il a eues avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le président français, François Hollande, et le président de la COP21, le ministre des Affaires étrangères de la France, Laurent Fabius.
Avec Jean Louis Borloo, ancien ministre français à la tête d’une initiative qui ambitionne de relever le niveau d’électrification de l’Afrique à 50% d’ici 2030, il a été surtout question de la mutation énergétique grâce à la promotion des énergies renouvelables. « Sans énergie, nous ne pouvons aspirer à aucun développement humain durable », a souligné Ibrahim Boubacar Keïta. Aujourd’hui, notre continent a besoin de technologies adaptées en la matière pour son indépendance énergétique, gage d’un développement qui met en harmonie l’homme et la nature. Pour confirmer son engagement en faveur de cette initiative, le président de la République et le président de la Fondation « L’électricité pour l’Afrique », ont paraphé un document d’adhésion de notre pays au processus.
Saluant la mémoire des victimes des attentats du 13 novembre dernier à Paris et du 20 novembre à Bamako, le président Keita a dressé un parallèle entre le changement climatique et le terrorisme en indiquant que la pauvreté engendrée par le premier, sert de terreau fertile au second. Donc, le combat doit être mené sur les deux fronts. Aux négociateurs de la COP21, il s’est adressé en ces termes : « le monde entier a le regard tourné vers vous, avec l’espoir qu’au soir du 11 novembre, s’ouvrira une nouvelle page de l’histoire de notre planète. Celle qui marquera le point de départ d’un avenir meilleur pour les générations présentes et futures, par un accord ambitieux, équitable et juridiquement contraignant ».

C. A. DIA

source : Essor

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