Droit de réponse : Eléments de réponses à l’article paru dans le journal le Flambeau incriminant le Directeur National des Eaux et Forêts Alassane Boncana Maïga de mauvaise gestion, de magouille et de favoritisme.

Les agitations des  cadres malintentionnés et désœuvrés n’ont d’autre motivation que ma relève du poste de Directeur National des Eaux et Forêts au profit de l’un d’entre eux. Ils ont en effet du mal à accepter que la fonction de Directeur National des Eaux et Forêts soit assumée par un ressortissant du Nord.

 

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Ces cadres dans leur  dessein de ternir mon image et de porter atteinte à mon honneur et à ma réputation ont entrepris depuis 2009 leurs manœuvres de déstabilisation à travers des dénonciations malveillantes et calomnieuses auxquelles j’apporte  les démentis et les éclairages suivants :

 

 

Ils me reprochent de ne faire  que la promotion de mes proches : Il est important de comprendre le sens qu’ils donnent au mot « proches » pour me permettre de justifier au cas par cas les différentes promotions faites aux cadres forestiers qui du reste ont tous du mérite. Il est facile de vérifier que les chefs de Divisions, Chefs de bureau,  les Directeurs régionaux, les chefs de services rattachés et les chefs de projets et programmes  sont tous des hommes et des femmes compétents qui s’efforcent au quotidien de redorer l’image du service suffisamment écornée par  les différents changements  institutionnels et la révolution du 26 Mars 1991. En dehors du caractère subjectif inhérent à toute gestion du personnel, je suis pleinement en accord avec ma conscience quant à la justesse des choix opérés parmi le personnel forestier pour occuper les postes de responsabilité. Il ne peut d’ailleurs en être autrement  dans la mesure où j’ai obligation de résultats. Je suis particulièrement fier de mon bilan à la tête du service des Eaux et Forêts car l’opinion nationale apprécie toutes les actions menées dans les domaines de la reprise en  main des forêts du domaine classé de l’Etat,  du  reboisement, de l’aménagement des forêts , du contrôle et de la moralisation de l’exploitation des ressources forestières malgré les contraintes liées au changement de comportement des agents de terrain et au renforcement de leurs capacités.

Il est curieux que des cadres qui trainent des casseroles en matière de gestion financière et du personnel s’érigent en donneurs de leçon.

A propos de l’ouverture  du compte BDM-Sa N°D001611005026001226118-32 par la Direction Régionale des Eaux et Forêts de Koulikoro, elle procède  de la gestion transparente d’un protocole d’Accord passé entre la DREFK et l’UCEMA qui répond au double souci technique (la correction des souches de Gmelina et de Teck)  et de l’approvisionnement d’une usine qui contribue à l’économie nationale. Les ressources financières de ce protocole servent à  l’entretien, la surveillance et  le suivi évaluation des plantations réalisées à la Faya qui font aujourd’hui la fierté de tout bon forestier. La dénonciation du protocole par les collègues égarés au motif qu’il n’est pas réglementaire est la preuve de leur méconnaissance des textes législatifs et réglementaires régissant la gestion des ressources du domaine forestier national. Du reste, les pièces justificatives sont disponibles et vérifiables à tout moment.

L’exploitation de la gomme du Sterculia setigera est une filière dans laquelle deux opérateurs économiques réalisent des affaires fabuleuses. L’un d’entre eux est en train d’installer une usine de prétraitement de la gomme Karaya à Sandaré(Nioro du Sahel). Le service forestier n’a pris en charge l’encadrement de cette filière qu’en 2011 avec la collaboration pleine et entière de ces opérateurs qui ont bien voulu financer la formation des agents et des collecteurs villageois sur les techniques de saignée en Octobre 2012 à Kita. Cette mesure favorise la  promotion et la valorisation  des produits forestiers non ligneux conformément à la mission de la DNEF. La Direction Nationale des Eaux et Forêts attend incessamment les termes de référence d’une étude devant être menée par l’IER sur le phénomène de mortalité de certains sujets suite à l’application d’un produit chimique stimulant l’exsudation  Il serait intéressant que les accusateurs fassent la preuve des combines de l’exploitation du Serticulia setigera.

Concernant le bradage des forêts classées, notamment la vente de 84 ha dans la forêt classée de Tienfala, il ya lieu de préciser qui a fait cette vente ? à qui ? et à combien ? Il est ridicule de la part de ces homme  « vertueux » d’affirmer des choses aussi invraisemblables que méchantes. Il est important de souligner que j’ai réussi avec mes « proches » à libérer une dizaine de forêts classées en l’espace de cinq ans alors qu’avant 2008 seule la réserve de faune du Sounsan avait été libérée en 1982 des occupations humaines.

 

S’agissant de l’amodiation des forêts classées, elle rentre dans le cadre de la promotion du partenariat Public /Privé qui est l’un des six axes de la politique forestière nationale. L’amodiation est parfaitement légale puisque prévue par la loi 95-031 du 18 Mars 1995 en ce qui concerne les aires protégées  et la loi N°10-028 du 12 juillet 2010 pour les concessions forestières. Il est de notoriété publique que l’Etat n’a pas les moyens pour assurer la protection et la gestion durable des ressources forestières et fauniques  et c’est pour cette raison qu’il a pris les dispositions législatives et réglementaires  favorisant l’intervention du secteur privé. Encore une fois, l’on se rend compte que mes accusateurs ont une connaissance approximative des textes forestiers à base desquels ils font leurs interpellations malheureuses.

 

L’affirmation selon laquelle les dépenses des fonds d’aménagement et de protection des forêts et de la faune sont effectuées  sans plan d’opération est totalement fausse. Conformément à la loi N°04-005 du 14 janvier 2004  portant création de ces fonds, le Directeur National des Eaux et Forêts élabore chaque année un programme d’utilisation desdits fonds qui est soumis au Ministre en charge des forêts et de la faune  pour approbation. Il est aussi important de rappeler qu’au terme de la même loi (art 6), le Ministre en charge des forêts et de la faune  est l’ordonnateur secondaire des fonds et l’Agent Comptable Central du Trésor en est le comptable.

Concernant le fonds commun, il a servi  essentiellement depuis sa mise en place à gérer en rapport avec le syndicat les cas sociaux de maladie des agents forestiers, d’appui aux familles des agents forestiers qui décèdent et  de l’organisation des cérémonies des départs à la retraite. Il n’a jamais été utilisé à sa vocation initiale  de rémunération des agents méritants et de paiement des heures supplémentaires faute de critères fiables. Le décaissement de  ce fonds se fait sous la double signature du Directeur et de son Adjoint. Les collègues malintentionnés avaient depuis 2010 revendiqué l’intégration de ce fonds dans celui de la mutuelle. des forestiers gérés par certains d’entre eux dans la plus grande opacité. Cette mesure à laquelle je ne souscris pas personnellement ne peut malheureusement intervenir que par voie réglementaire.

 

Ils affirment le gaspillage des fonds de contrepartie de l’Etat pour les  projets et programmes qu’ils évaluent à près de 2 milliards par an. Cette affirmation est gratuite et procède  de  la méconnaissance  par ces détracteurs des procédures et mécanismes de mobilisation des ressources du BSI. En effet, entre l’arbitrage technique et la mobilisation effective des ressources en passant par l’arbitrage politique (ministres),  des coupes sombres sont fréquemment opérées débouchant ainsi sur une réduction drastique des inscriptions budgétaires de départ. Le Bon sens chez les accusateurs leur commande de se référer à la DFM ou aux gestionnaires des différents projets et programmes pour connaître le niveau réel des mobilisations, ce qui  leur éviterait de donner des fausses informations.

Aussi, est-il important de souligner que les ressources du BSI sont gérées selon les procédures nationales et sont destinées à des dépenses précises (salaires du personnel contractuel, constructions et  réalisation d’activités techniques en pari pasu). Les projets et programmes sont régulièrement audités et certains comme le projet de conservation et de valorisation de la biodiversité du Gourma avaient fait l’objet de vérification de la part du Vérificateur Général en 2010-2011.

 

Il est par ailleurs évident que les résultats des projets et programmes ne peuvent pas  être appréciés à partir des bureaux  mais plutôt sur le terrain sur la base d’un suivi  évaluation.

 

S’agissant du fonds d’appui au reboisement, son niveau n’a jamais atteint les 2 500 000 000 FCFA comme le prétendent les accusateurs. Ce fonds a évolué de 50 millions FCFA de 2000- 2007 à 100 millions en 2008,2009 et à 150 millions en 2010, 2011 et 2012. Le supplément des 50 millions est destiné à des dépenses précises du Cabinet et de la DFM. La prévision budgétaire au titre de 2014 se chiffre à 150 millions. Le fonds d’appui au reboisement sert à acheter des pots plastics, les produits phytosanitaires, l’achat des plants grâce à un appui financier aux Directions Régionales, au lancement officiel de la campagne nationale de reboisement et à la journée de l’arbre du forestier. Depuis la campagne spéciale de reboisement de 2010, on réalise en moyenne 60 000 ha de reboisement par an contre 10 000 ha en 2007. Il y a certainement des échecs liés au manque de suivi et d’entretien de ceux  qui plantent mais  néanmoins les résultats sont visibles sur le terrain. Il est illusoire de croire qu’avec le niveau actuel du reboisement qu’on peut inverser la tendance de dégradation des ressources forestières.

 

Il ressort de tout ce qui précède que les informations distillées par les accusateurs relèvent de leur détermination  à donner une appréciation négative  des performances du service. Ils ont passé sous silence le fait que la Direction Nationale des Eaux et Forêts avait été sur leur propre instigation vérifiée en 2010-2011. par le Bureau du Vérificateur Général qui avait fait une analyse plus objective des performances du service et formulé des recommandations plus constructives. L’honnêteté intellectuelle leur  commande d’exploiter le rapport de vérification des performances de la Direction Nationale des Eaux et Forêts qui est disponible.

L’on peut retenir que l’action isolée de ce groupuscule de cadres aux abois et qui sont en mal de popularité dans le milieu forestier est une action subversive qui vise l’intoxication et la désinformation des agents forestiers et de l’opinion nationale sur la vie du service. L’on comprend à travers leurs différentes récriminations leur propension pour les postes de responsabilité et l’argent en foulant au pied les principes d’accès à ces deux conditions. Ils  sont par ailleurs fermés à toutes les initiatives et innovations techniques et technologiques relatives à la protection et à la gestion durable des ressources forestières et fauniques, ce qui est contradictoire  avec leur idée  de refondation du service forestier dont ils n’ont curieusement indiqué  aucune piste. Par-delà la personne du Directeur National des Eaux et Forêts dont la mission peut prendre fin à n’importe quel moment, l’action subversive de ces cadres forestiers est de nature à ternir davantage l’image de marque du service  et même du département de l’Environnement et de l’Assainissement. Qu’ils se souviennent seulement qu’ils ont été les vrais artisans de la détérioration de l’image du service et de la dégradation des ressources forestières et fauniques du Mali.

 

Bamako, le 30 Mai 2014.

 

Alassane Boncana Maïga

Chevalier de l’Ordre National

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