Accès à l’eau potable et à l’assainissement : PLAIDER SANS RELACHE

Faire du droit à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement une réalité tangible dans notre pays, telle est l’ambition du tandem CN/CIEPA (Coalition nationale de la campagne internationale pour l’eau potable et l’assainissement) et WaterAid Mali. A cet effet, les deux organisations non gouvernementales ont initié une campagne de plaidoyer auprès des décideurs nationaux et des partenaires techniques et financiers. L’objectif de cette initiative est de contribuer à une réelle prise de conscience de la problématique de l’eau potable et de l’assainissement aussi bien auprès des politiques que de l’opinion nationale et internationale, annonce un communiqué des deux structures.

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Selon les responsables des deux ONG, la situation de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement requiert une remise en cause des politiques et stratégies jusqu’ici « infructueuses » en matière de promotion de l’accès aux services AEPHA (accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement). A ce propos, la CN/CIEPA et son partenaire WaterAid-Mali identifient deux aspects majeurs comme étant les défis auxquels se heurtent toutes les initiatives en faveur de ces secteurs vitaux : l’accessibilité physique et financière. Physique, parce que le nombre d’ouvrages sanitaires demeure encore en dessous des normes proportionnelles à la population. Et les chiffres officiels en font foi. Financière, parce que le coût de l’eau demeure  très élevé au regard du niveau de revenu  de nos compatriotes.

Bien que le code de l’eau dans son article 54 exige une « allocation sociale pour un tarif préférentiel » pour la consommation domestique, l’eau potable revient plus cher aux plus pauvres dont les revenus manquent pour disposer d’un réseau de distribution d’eau potable. Ces couches sociales s’approvisionnent à partir des bornes fontaines publiques où les 20 litres d’eau sont vendus  entre 50 et 75 Fcfa, voire à 100 Fcfa, alors que la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP) accorde la consommation dite tranche sociale à 1000 litres d’eau pour 115 Fcfa. Selon les deux ONG, l’analyse de la situation montre que l’eau revient 10 fois plus cher aux ménages ne disposant pas de réseau de distribution de la SOMAGEP alors même que les bornes fontaines et autres installations de fourniture d’eau sont exonérées d’impôts et taxes.

En ce qui concerne l’assainissement, la situation n’est pas meilleure. Aujourd’hui encore, environ 1500 villages maliens manquent de source d’eau potable. Cette situation oblige les populations à parcourir plusieurs kilomètres et sacrifier des heures à la recherche du liquide vital. Près de 18% de la population ne disposent pas de toilette et se déplacent à des distances dans l’insécurité pour faire leurs besoins naturels. Par ailleurs 59% de nos compatriotes utilisent des latrines sans dalles. Pour CN/CIEPA et WaterAid-Mali, ces faits violent la législation internationale  en ce qui concerne le droit universel aux services AEPHA.

Il faut rappeler que c’est en 2010 que l’Assemblée générale de l’ONU a reconnu l’accès à l’eau potable et à l’assainissement comme un droit fondamental de l’humanité. Cette reconnaissance universelle  a eu des échos favorables dans notre pays comme peuvent en témoigner de nombreux projets initiés, notamment la réalisation des stations compactes de Missabougou et Magnambougou  à Bamako ou encore l’ambitieux projet de la station de pompage de Kabala toujours dans le District de Bamako. A cela, on peut ajouter le programme d’urgence d’assainissement de la capitale dans le cadre duquel un financement de plus de 100 millions de Fcfa a été alloué à la mairie du District pour le ramassage des ordures ménagères.

L. DIARRA

source : essor

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