Engrais frelatés au Mali : La société Toguna-Sa tente une campagne médiatique d’intox pour se blanchir!

Après notre parution N° 42 du mardi 7 juillet intitulé ; «Le Pdg de Toguna-Sa, Seydou Nantoumé entièrement souillé»,  mettant en exergue l’implication de ladite société dans l’affaire dite des engrais hors norme, ses responsables ont entrepris une campagne médiatique d’intoxication pour se tirer d’affaire. Malheureusement, pour Toguna-Sa, on est unanime qu’elle est impliquée jusqu’à au cou dans cette histoire et qu’aucun acte salvateur ne viendra balayer cette souillure qui attend réparation. Car, tout porte à croire que c’est Toguna-Sa qui veut ruiner nos paysans et porter atteinte à la campagne agricole 2015-2016. Cela, en complicité active avec le président GIE Un-Scpc, Bakary Togola.

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Cette fois, Toguna Agro Industrie-Sa n’a pas aidé la terre à nourrir les Maliens, Mais plutôt à détruire la terre pour rendre les Maliens malades avec ses engrais dits hors norme.

Rappel des faits 

En effet, dans une lettre en date du 8 avril 2015 ayant pour objet : «Résultats d’analyse des échantillons d’engrais (1er passage) Campagne agricole 2015-2016», adressée au président du GIE-Un/Scpc, Bakary Togola, non moins président de l’Apcam, le Directeur national de l’agriculture rappelait ce qui suit : «Comme suite à la rencontre de restitution organisée le 2 avril 2015 au ministère du Développement rural, j’ai l’honneur de vous faire parvenir les résultats de l’analyse des échantillons d’engrais prélevés, à votre demande, dans la zone Cmdt/Ohvn lors du 1er passage de l’équipe de la Direction nationale de l’agriculture».

«Les analyses ont montré que 44% des échantillons du complexe coton, 2% des échantillons du complexe céréale et 58% des échantillons d’urée sont hors norme. En ce qui concerne les aspects physiques, des insuffisances ont été constatées (prise en masse, faible aération des magasins, absence de palette dans certains magasins…). Au vu de ce qui est dit plus haut, je vous demande de prendre les mesures appropriées pour retirer des magasins Cmdt/Ohvn, les quantités d’engrais non conformes. Je voudrais vous demander également d’informer la Cmdt, l’Ohvn et les fournisseurs concernés sur les résultats des analyses et les mesures à prendre. Par ailleurs, le GIE, en collaboration avec la Direction nationale de l’agriculture, doit organiser dans les meilleurs délais, le 2ème passage des prélèvements d’échantillons d’engrais en zone Cmdt/Ohvn», peut-on lire dans lettre du Directeur national d’agriculture adressée à Bakary Togola, président du GIE Un/SCPC. Une lettre dont nous avons copie.

Après la réception de ladite lettre, Bakary Togola écrit à Seydou Nantoumé, Pdg des sociétés Agro Toguna et  Toguna Sarl, le 21 mai 2015, avec comme objet : Enlèvement et remplacement des engrais hors norme au titre de la campagne 2015-2016 : «Conformément aux cahiers de charges des appels d’offres GIE au titre de la campagne 2015-2016, il est stipulé à l’article 8 portant réception des fournitures que le GIE peut procéder à des analyses contradictoires de conformité de qualité dans un laboratoire agréé avant de prononcer  la réception définitive. Au cas où le résultat de l’analyse ne confirme pas la conformité technique des fournitures, celles-ci seront retournées au fournisseur à sa charge, sans préjudice des autres recours que le GIE Un-Scpc/Cmdt/Ohvn pourrait détenir au titre du marché. Je vous informe que les résultats des analyses contradictoires effectuées ont confirmé que certaines quantités d’engrais livrées par (vos deux sociétés) sont hors normes. Par conséquent, le GIE vous invite à prendre les dispositions  utiles pour le retrait et le remplacement desdites quantités».

Ces quantités, rappelons-le, se chiffrent à 13,39% d’engrais frelatés pour les sociétés Toguna Agro et à 13,95% pour Toguna Sarl, toutes deux appartenant à Seydou Nantoumé. On se souvient que juste après le déclenchement de cette affaire dite d’engrais frelatés, ce dernier clamait haut et fort sur tous les toits qu’il n’était concerné ni de près, ni de loin. Jusqu’à ce que le ministre du Développement rural soit interpellé par les élus de la nation à l’Assemblée nationale. Gros mensonges d’un Pdg ! Le voilà donc aujourd’hui rattrapé par l’histoire et il devrait répondre de ses actes ignobles.

On se demande aussi, pourquoi dès le déclenchement de cette affaire, Bakary Togola, qui en est pourtant bien imprégnée, n’a pas voulu mettre à nu les manœuvres peu orthodoxes du Pdg Seydou Nantoumé. Voulait-il le protéger ? Selon certaines indiscrétions, c’est de cela qu’il s’agit, car les deux hommes seraient des amis et des complices de longue date. D’ailleurs, ils partagent ensemble les terrains de la lutte traditionnelle dans notre pays.

En attendant que leur complicité soit bien démontrée, M. Nantoumé doit être poursuivi et sanctionné avec la dernière rigueur conformément aux lois en vigueur en République du Mali.

Affaire à suivre !!!

Serge BAMBA

Affaire engrais frelatés : Bakary Togola, invite les paysans à ne pas céder à l’intox

Dans un entretien à bâtons rompus qu’il a bien voulu nous accorder, le président de l’Union nationale des producteurs des cotons, non moins président de l’Assemblée permanente  chambre d’agriculture du Mali (Apcam), Bakary Togola, nous livre sa part de vérité sur l’affaire dite d’engrais frelatés ou de mauvaise qualité.

Tout d’abord, il a remercié les paysans pour leur courage. Il dira que cette année, la pluie a tardé, mais que la météo avait prévenu que l’hivernage démarrera à partir du 10 juin. Il a demandé aux paysans maliens de repiquer à temps, jusqu’au 30 juillet prochain. À partir du 30 juillet, il dira que l’Apcam demandera conseil auprès des spécialistes de la météo et qu’ils informeront les paysans pour rapport à la conduite à tenir. Il a conseillé aux paysans de ne pas se décourager et que la pluie est une volonté divine.

Par rapport au bruit sur les engrais dits frelatés, Bakary Togola dira qu’il concerne uniquement les zones cotonnières. Il a rappelé que c’est la troisième année consécutive que le GIE-Union nationale des producteurs de coton vérifie la qualité et la quantité des engrais. Pour lui, pendant les deux dernières années, les analyses avaient aussi montrées des insuffisances dans la qualité des engrais fournis et que des dispositions ont été prises pour gérer ces cas. Il s’est dit étonné par l’envergure que cette affaire a prise cette année.

Pour l’orateur, quand son GIE a commandité pour la saison 2015-2016, des analyses sur une quantité d’engrais livrée, il s’est avéré que certains ne répondaient aux normes. Il a alors écrit aux différents fournisseurs pour leur demander de retirer les quantités de mauvaise qualité, ce qui fut fait. Il a estimé que, sur près de 20 000 tonnes, seulement 3 à 4 tonnes étaient de mauvaise qualité et que cela ne doit pas être la fin du monde, d’autant plus qu’ils ont été remplacés par les fournisseurs. Il a insisté sur le fait que ces engrais de mauvaise qualité n’ont rien de nuisible sur la santé, mais que ça pouvait jouer sur la production et la productivité, si ce n’était retiré.

Pour Bakary Togola, les laboratoires ont estimé que ces engrais manquaient de certaines substances et que ces analyses n’ont jamais prouvé que ces engrais sont nuisibles pour la santé. Il dit n’avoir jamais été informé par les laboratoires commandités de la nuisance de ces engrais sur la santé, une fois utilisés pour les cultures. Il dira que la quantité normale de l’engrais pour la culture du coton est 14/14 et 18/18, mais celui qui leur fournit des engrais avec des taux 15/15 et 18/18, a dépassé les normes, et celui qui fournit 13/13 et 18/18 ; ce qui est inférieur à la norme.

Pour notre interlocuteur, la majeure partie des fournisseurs ayant bénéficié des marchés cette année, étaient connus, même si certains sont nouveaux.  «Je ne suis rien qu’un cultivateur, car issue d’une famille paysanne et j’ai eu la confiance des cultivateurs. Je ne saurai donner aux paysans des engrais qui soient nuisibles à la santé, car j’utilise les mêmes engrais pour ma culture. Je suis à Bamako pour la mission des paysans, et quand cette mission se terminera, je retournerai dans mon champ».

Aux paysans, Bakary appelle au calme, arguant que tout ce bruit émane de la capitale et que les paysans doivent continuer à semer et à entretenir leur champ. Il soutient que si ces engrais sont frelatés, comme on le prétend, les résultats le démontreront à la fin des récoltes. Il a prié le Tout-Puissant pour qu’il nous donne une bonne pluviométrie.

Aux hommes politiques et aux journalistes, il leurs a demandé de ne pas induire nos braves paysans en erreur, car pour lui, le temps presse et l’hivernage n’attend pas. «Au moment où nos paysans s’apprêtent à semer, si vous les faites paniquer, cela pourra engendrer des conséquences désastreuses pour notre agriculture et pour l’économie malienne. Mais sachez que Dieu voit tout et entend tout et je me plie à cette volonté, et prie à ce qu’il fasse éclater la vérité dans cette affaire, qu’il apporte la paix dans notre pays», a conclu le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam).

PACHI

Source: L’oeil du Mali

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