Emplois jeunes : 5140 NOUVEAUX VOLONTAIRES PRETENT SERMENT A KITA


jeune diplome cherche emploi apejL’engouement des jeunes pour le volontariat a incité les autorités à revoir à la hausse le nombre de places prévues cette année

La salle de conférence de la Mission catholique de Kita a abrité, mardi, la cérémonie de prestation de serment du contingent 2015 du programme de volontariat jeune de l’Agence pour la promotion de l’emploi jeune (APEJ) et la célébration de la 5è Journée nationale de l’entreprenariat-jeunes (JNEJ) dont le thème, cette année, est : « l’économie sociale, une pépinière pour l’entreprenariat des jeunes ».
Le double événement était présidé par le ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle, de la Jeunesse et de la Construction citoyenne, Mahamane Baby. Il s’est déroulé en présence des autorités politiques et administratives du cercle, notamment le 1er vice-président de l’Assemblée nationale, Mamadou Tounkara, le préfet Siné Dembélé et le 1er adjoint du maire, Amadou Touré. Cette année, des innovations ont été apportées à l’organisation des deux événements. Il s’agit de leur couplage avec une foire exposition de produits artisanaux et de kits d’emplois et de formation professionnelle proposés par les services centraux du département. L’exposition, qui reste ouverte jusqu’à la clôture prévue pour demain, a été visitée par le ministre Baby et sa délégation.
Le directeur général de l’APEJ, Amadou Cissé, le président de Chambre consulaire des artisans du Mali, Mamadou Minkoro Traoré, la présidente de la Fédération des artisans du Mali, Ba Assa Traoré, et le secrétaire général de l’APCAM ont procédé à la signature du protocole d’accord définissant les conditions d’utilisation des jeunes volontaires par leurs structures respectives et leurs démembrements. C’était sous le regard attentif du ministre Baby qui a validé les signatures par une acclamation.
La signature du protocole d’accord a été précédée par la prestation de serment du 8è contingent. Les jeunes volontaires ont juré de servir loyalement les services employeurs sans s’attendre à un quelconque emploi contractuel au terme de la durée légale de stage fixée à un an non renouvelable. Ils ont ensuite procédé à la remise du fanion au porte-parole du nouveau programme, Ibrahim Boubacar Kéïta « IBK junior », lequel n’a cependant aucun lien de parenté avec le chef de l’Etat.
Dans son intervention, « IBK junior » dira que cette expérience est une réponse à l’oisiveté et au risque d’émigration clandestine avec leurs conséquences désastreuses sur la jeunesse. C’est pour magnifier l’espoir suscité par le programme de volontariat que les jeunes ont adopté comme slogan : « un jeune, une expérience professionnelle et un emploi : ensemble nous allons réussir».
Le porte-parole des stagiaires n’a pas manqué de remercier les autorités qui leur ont donné la chance de découvrir le monde du travail, grâce à ce stage de qualification professionnelle. Avec cette expérience introductive, ils seront outillés pour affronter le marché de l’emploi avec confiance.
Pour le ministre Mahamane Baby, la recherche de solutions aux défis du sous-emploi et du chômage nécessite un effort constant qui requiert une synergie d’actions et de moyens disponibles. Son département est, par conséquent, engagé avec l’ensemble des acteurs à travailler sur l’insertion des femmes et des jeunes dans les secteurs productifs, grâce à la formation aux métiers porteurs, l’implantation dans le secteur agricole, l’appui à l’emploi indépendant et à l’émergence de pôles régionaux de croissance.
Le nouveau programme, qui a pris son envol depuis cinq mois déjà, n’avait prévu que 3000 places, mais l’engouement des jeunes a amené les autorités à revoir leurs ambitions à la hausse, a expliqué le directeur général de l’APEJ. Amadou Cissé a précisé que le nombre de dossiers enregistrés à la clôture de l’appel à candidature est de 26 440 postulants. Au regard du nombre des demandeurs, le gouvernement a autorisé le ministre Baby à augmenter le nombre de places. C’est ainsi, qu’il a été décidé de porter la proposition à 5140 places. Selon le tableau de la répartition, 46% des effectifs ont été déployés dans les services publics et assimilés, 22% dans les institutions consulaires, faitières et ONG du district de Bamako, 31,40% dans les régions administratives.
Selon le directeur général de l’APEJ, dans la réception des dossiers de candidatures, le district de Bamako arrive en tête avec 68,17% contre 10,20% pour Koulikoro, 1,12% pour Tombouctou, 1,11% pour Gao et 0,21% pour Kidal. Amadou Cissé a indiqué que ces trois dernières régions ont bénéficié d’une discrimination positive dans la mise en œuvre du programme actuel. L’objectif est d’accompagner le processus de paix en cours de construction et le programme de redéploiement de l’administration.
Comme d’habitude, la mise en place du programme a non seulement tenu compte du genre et des personnes handicapées, mais a même innové. Ainsi le pourcentage réservé aux femmes s’élève cette année à 48,75% des sélectionnés. Concernant les handicapés, ils sont 43 jeunes, dont 15 filles, à être sélectionnés, a indiqué Amadou Cissé qui a profité de l’occasion pour présenter le bilan général du précédent programme.
Parlant de la 5è édition des JNEJ, le directeur général de l’APEJ précisera que cette messe des jeunes s’articule autour de trois objectifs : la création d’un espace d’information et de stimulation du développement des affaires par la mise en relation directe entre les porteurs de projets et les structures de financement et d’accompagnement. Elle offre aux participants un cadre d’expression et d’échanges sur des thématiques intéressant la vie des affaires.
Le ministre Baby a défini le thème comme une économie d’utilité sociale qui a ses valeurs, ses pratiques propres et ses statuts qui délimitent son périmètre. Elle est constituée de mutuelles, de coopératives et d’associations. C’est, assure-t-il, le type d’économie qui convient à un pays, comme le nôtre qui se relève timidement d’une crise sociopolitique et sécuritaire profonde qui l’a ébranlé jusque dans ses fondements. Mais notre pays a des ressorts pour rebondir. Une petite impulsion peut suffire à relancer son économie. Pays à vocation agro-sylvo-pastorale, le Mali dispose d’importantes potentialités agricoles qui n’attendent qu’à être exploitées pour assurer aux populations la sécurité alimentaire et générer de la plus-value commerciale, a soutenu le ministre Baby.
La ville de Kita, qui abrite ces événements, est une zone aux potentialités agricoles énormes, a souligné le préfet Siné Dembélé. Créée en 1881, Kita est le troisième poste de l’administration coloniale, après Kayes et Médine, a rappelé le chef de l’exécutif local en jetant un regard rétrospectif sur la riche histoire et la géographie du cercle.
Le maire Adama Touré s’est, lui, félicité du choix de Kita pour abriter cet événement de dimension nationale. Il a remercié le gouvernement pour cette initiative heureuse qui contribue à alléger le souci des parents, inquiets du sort de leurs enfants après les études.

A.O. DIALLO

source : L’ Essor

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