Election massive des femmes au parlement: le plaidoyer du président Issiaka SIDIBE

L’Assemblée nationale, en collaboration l’Union interparlementaire (UIP), tient, du 27 au 28 février 2019, un atelier de renforcement de la participation des femmes à l’hémicycle. L’objectif de cette initiative est de dépasser le nombre de 14 femmes députés sur les 147 sièges, lors des prochaines législatures.

Donner plus d’opportunités, plus de voix aux femmes à participer au développement du pays, à travers la politique est l’un des objectifs de l’atelier de deux jours initié par l’Assemblée nationale et l’Union interparlementaire (UIP). Ses travaux ont été ouverts hier mercredi par le titulaire du Perchoir, Issiaka SIDIBE, en présence de la représentante de l’UIP, Brigitte FILION.

La rencontre, à laquelle prennent part des députés et des personnes impliquées dans les questions touchant au genre, entend contribuer à augmenter le nombre de femmes députées au Mali. En somme, il s’agit de créer un équilibre entre les hommes et les femmes à l’hémicycle.

Selon Brigitte FILION, cet atelier doit contribuer à identifier les obstacles à la participation des femmes en politiques afin de trouver des solutions et à bâtir un socle commun pour avancer l’égalité dans la prise décision.

« Parce qu’un parlement où les hommes et les femmes sont équitablement représentés est un parlement plus légitime et plus efficace. Il est le reflet de la société. Et il peut mieux cerner cette société, dans sa diversité et répondre aux besoins et aux attentes de chacune et de chacun », a-t-elle estimé. Malgré cette forte conviction, regrette-t-elle, les résultats sont encore bien loin d’atteindre cette égalité. Dans le monde, il n’y a que 24,2 % de femmes députés, a-t-elle relevé. Un chiffre en progression, il y a quelques années, a salué Brigitte FILION.

Même conviction partagée par l’honorable Issiaka SIDIBE qui a déclaré que l’idéal démocratique repose sur la conception que le pouvoir politique procède du peuple souverain. Selon lui, il ne pourrait donc y avoir de vraie démocratie sans l’implication pleine et effective des femmes représentant plus de la moitié de notre population.

« Le rôle de la femme en politique, spécifiquement au sein du parlement, doit être nécessairement apprécié à sa juste valeur. Il ne doit, en aucun cas, être marginal. La femme malienne est même obligée d’être une actrice à part entière de la scène politique nationale, voire internationale, car c’est elle qui connaît mieux que quiconque les vrais problèmes de notre société. C’est elle qui vit au quotidien les inégalités et autres discriminations multiformes. C’est elle qui subit, au jour le jour, les conséquences des problèmes environnementaux, les problèmes de santé, de pauvreté, de violence conjugales, etc. », a déclaré le président Issiaka SIDIBE.

Paradoxalement, il relève que la représentation des femmes à l’Assemblée nationale a toujours été très faible, voire insignifiante. À cet effet, il a rappelé que dans l’Assemblée législative soudanaise ne siégeait qu’une seule femme. Ce nombre est passé présentement à 14 femmes sur un effectif de 147 députés. Même là, cela n’est pas logique, a commenté Issiaka SIDIBE, avant de plaider : « Il est grand temps que les femmes puissent émerger davantage sur la scène parlementaire ; qu’elles soient enfin soutenues, de manière franche et à tous les niveaux, en vue de leur participation massive et de qualité au Parlement en tant qu’élues. Ce challenge, loin de l’utopie, est bien réalisable ». Naturellement, a-t-il martelé, tout ceci doit reposer sur une volonté politique forte étant donné qu’il s’agira de passer de l’égalité théorique des droits à l’égalité de fait comme prescrit par la constitution malienne.

Par Sikou BAH

Info-matin

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