Vacances scolaires : le temps, c’est de l’argent

Beaucoup d’enfants mettent le laps de temps des vacances scolaires à profit pour apprendre un job ou exercer les petits jobs. Histoire de gagner un peu d’argent dans la perspective de la reprise.

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Les vacances scolaires battent leur plein. Elles sont l’occasion dorée pour les enfants d’oublier un tant soit peu le stress, les fatigues, le cauchemar du tableau noir et du fouet du maître. Pendant que la petite école dort pour trois mois, les enfants trouvent un exutoire : voyage, jeu, apprendre un métier. Ces trois mois de break sont vécus diversement par les enfants. Certains parents ayant les moyens envoient leurs enfants à des colonises de vacances ou ailleurs pour changer d’atmosphère. D’autres mal lotis financièrement donnent l’occasion à l’enfant de se ‘’débrouiller’’ pour avoir de quoi acheter les manuels scolaires à la rentrée ou encore ses habits de la rentrée. Souvent certains enfants contribuent même aux dépenses de la famille. Et c’est justement cette deuxième catégorie d’enfants qui foisonne dans la capitale pendant ces grandes vacances.

Mamadou Traoré est l’un d’entre eux. Ce gringalet de 14 ans va faire la 8ème année fondamentale à la rentrée prochaine. En attendant il passe le clair de son temps dans un atelier de couture à Dravéla en commune III du district de Bamako. Notre apprenti tailleur qui n’est pas à son coup d’essai, aide bien son patron sans oublier de faire des rafistolages dont il empoche l’argent. « C’est un petit intelligent qui apprend vite. Son sérieux lui a permis de connaître assez de notions en couture en si peu de temps. Comme l’année dernière, je lui donne une certaine somme à la mi-septembre pour lui permettre de préparer la rentrée scolaire », explique son patron. Près du marché de Djicoroni-Para, le petit Abou Koné guette les motocyclistes qui s’immobilisent aux abords de l’atelier où il travaille depuis quelques jours déjà. « Tu as quel problème avec la moto ? », lance-t-il mécaniquement à ces motocyclistes. Entre vidange et d’autres petits travaux de réparation superficielle en raison de 100, 200 et souvent 300 FCFA, l’élève en 6ème année fondamentale, l’apprenti réparateur de motos tire plutôt son épingle du jeu. Il avoue recevoir de son patron très souvent 500 FCFA à descente en guise d’encouragement.

Avec un physique imposant, Ali Koné a trouvé un bel endroit à lui pour gagner de l’argent pendant les vacances. En effet ce candidat malheureux à l’examen du Diplôme d’études fondamentales (D.E.F) de cette année, squatte la berge du fleuve Niger à Sébénicoro pour vider le contenu des pirogues remplies de sable. Le colosse peut gagner par jour 5000 francs CFA souvent par jour en raison de 1500 FCFA par pirogue déchargée. « Chaque jour, j’économise 1000 FCFA et je donne très souvent la même somme en guise de rajout au prix du condiment. Fatoumata Touré n’a pas la force de vider les pirogues comme Ali Koné mais elle a l’intelligence nécessaire pour prêter main forte à sa grande sœur qui tient un restaurant à Lafiagougou en commune IV du district de Bamako. Son apport, selon les témoignages de sa grande sœur, est important pour mieux satisfaire les nombreux clients du restaurant. « Je fréquente le restaurant tous les week-end mais pendant les vacances, ma présence est quotidienne. Je suis heureuse d’aider ma grande sœur à fructifier son commerce. Elle m’aide beaucoup par des cadeaux en nature et en espèces surtout à l’occasion de la rentrée », dit avec fierté la charmante Fatoumata qui assure ne pas oublier ses livres qu’elle consulte souvent pour mieux préparer l’examen du D.E.F de 2015.

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