Rentrée Scolaire : Une Année De Test Pour La Ministre

L’année scolaire 2014-2015 démarre alors que les responsables de l’éducation et tous les partenaires de l’école ont en tête les fraudes massives au Diplôme d’études fondamentales (DEF) et au Baccalauréat malien qui ont abouti à des arrestations et des inculpations à tous les niveaux. C’est un vaste réseau de faussaires qui a été démasqué mais dont les ramifications sont loin d’être entièrement établies.

Togola Jacqueline ministre éducation baseLa nouvelle année scolaire s’avère capitale pour la ministre de l’éducation nationale qui sera fixée sur les résultats de la purge qu’elle a effectuée au niveau de son département. Car ce serait illusoire de croire que toute l’ivraie a été extirpée. Ceux qui ont été interpellés n’ont certainement pas agi en vase clos et il y a tout naturellement lieu de penser que des complices ont pu, pour l’instant, échapper à la purge. Outre les faux diplômes et autres listes noires, il y a le cas des régularisations des élèves ayant épuisé leur scolarité, les listes des élèves boursiers et ceux devant bénéficier de la gratuité du voyage. Tout cela donne lieu à une grande magouille où l’État perd des centaines de millions de FCFA. Un autre domaine où les élèves sont les premières victimes est la rétention des fiches de transfert. Pour éviter des départs massifs de leurs établissements, des responsables d’écoles refusent de transmettre les fiches de transfert des élèves demandeurs et cela jusqu’à expiration de la date limite. Par ailleurs certains établissements perçoivent ce qu’on appelle la masse de garantie dont chaque élève doit s’acquitter avant de recevoir les cahiers. En réalité la masse de garantie était, à l’origine, destinée à couvrir les pertes éventuelles de livres empruntés par les élèves à la bibliothèque scolaire. Non seulement la masse de garantie est exigée alors que l’établissement ne possède pas de bibliothèque mais elle est très souvent perçue sans délivrance de reçu et n’est tout naturellement pas remboursée en fin d’année scolaire comme il se doit. Il y a quelques années, un établissement célèbre de la rive droite reprenait les épreuves des compositions à l’intention des élèves qui n’avaient pas la moyenne dans les matières principales, contre le paiement de 5000 FCFA ! Bien que les moyennes de classe n’interviennent que pour le tiers dans le calcul des notes au Baccalauréat, elles font toujours l’objet de trafic dans beaucoup d’établissement. On le voit, l’école malienne est loin d’être assainie. Cependant si la ministre madame TOGOLA Jacqueline Marie Nana maintient la pression en fermant les écoles privées en situation irrégulière, si la justice condamne les coupables du cafouillage de l’année dernière et si ces derniers sont radiés de la fonction publique alors la peur s’installera dans le camp des fossoyeurs de l’école malienne. Il faut absolument dépasser le stade des menaces et passer aux actes. C’est seulement par des actes concrets qu’on pourra espérer assainir l’école.

 

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