Rentrée littéraire 2015 : L’EXIGENCE DE QUALITÉ MONTE

De biennal l’événement est devenu annuel et multiplie ses activités. Avec l’ambition assumée d’être toujours plus inclusif et de devenir une référence africaine

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C’est le mardi passé au Musée national que la rentrée littéraire de l’année 2015 a officiellement démarré. La cérémonie de lancement placée sous la présidence de la Secrétaire générale du ministère de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, Mme Haïdara Aminata Sy enregistrait la présence de nombreux chercheurs et hommes de culture du Mali et d’ailleurs. Le thème de l’événement, « Oser réinventer l’avenir », avait peu avant le lancement, fait l’objet d’une conférence inaugurale animée par l’Algérienne Alice Cherki, le Franco camerounais Léonora Miano, le Kényan Firoze Manji et le Français Jean Noël Pancrazi.
A l’issue de ce premier débat, les participants convinrent, à l’unanimité, du fait que l’avenir du continent noir est et restera africain. Les Africains, et eux seuls, ont donc la charge de faire de leur terre ce qu’ils veulent qu’elle devienne. La poétesse, Mme Niaré Fatoumata Kéita, à travers un poème dont le titre reprenait le thème de la rentrée, a livré un plaidoyer poignant en faveur de plus de paix, plus de bonheur pour l’humanité toute entière. Pour y parvenir, elle a demandé de briser les murs qui nous enferment, de dépasser les couleurs qui nous séparent et de dire « non » à tous ceux qui veulent confisquer nos rêves d’être heureux.
Le directeur exécutif du Comité préparatoire de la rentrée, Ibrahima Aya Touré a remercié tous ses hôtes, particulièrement ceux qui ont fait l’effort de venir d’Europe, du continent américain et d’autres pays d’Afrique ainsi que ceux dont l’appui financier a permis se trouvaient de mieux faire que les précédentes éditions. Il a aussi salué les officiels parmi lesquels se trouvaient d’anciens ministres, mais aussi des chercheurs et des écrivains, surtout ceux du troisième âge qui n’ont ménagé ni leur santé, ni leur temps pour venir jusqu’au Musée national assister au lancement de la rentrée littéraire.
La présidente de la cérémonie a d’abord souhaité à nos distingués invités de la rentrée littéraire la bienvenue et un agréable séjour au Mali. « Notre pays se réjouit d’être le point de convergence des professionnels et des amoureux de l’écrit : écrivains, critiques littéraires, journalistes, éditeurs, libraires, bibliothécaires, sans oublier évidemment les élèves et les étudiants qui participent activement à cette effervescence intellectuelle autour du livre* », a-t-elle ajouté.
L’importance du thème de l’édition 2015 n’a point échappé à la « Ségale ». Un thème qui rappelle le fameux « Oser lutter, c’est oser vaincre » popularisé par le capitaine Thomas Sankara. Mme Haïdara Aminata Sy, à qui ce thème slogan a paru accrocheur et irrésistible, a indiqué que celui-ci nous met face à nos responsabilités, tous autant que nous sommes. A commencer par l’écrivain, homme de culture détenteur d’un pouvoir de créativité et d’imagination à nul autre pareil. La secrétaire générale du ministère de la Culture, de l’artisanat et du tourisme a indiqué que la création littéraire, bien que fondamentalement différente de l’invention du savant, procède effectivement de la même démarche, du même souci de forger pour les besoins du développement et du progrès, l’avenir de nos espérances. La rentrée littéraire est aussi et avant tout une célébration du livre.
À LA RENCONTRE DES JEUNES. A cet égard, il convient de s’interroger sur la place de l’écrit dans un monde où les TIC permettent de multiplier les contacts entre individus, nations et continents. Les participants aborderont cet aspect au cours des nombreux débats de la semaine. Ce qui ne fera par contre l’objet d’aucune discussion, c’est le fait pertinent que la rentrée littéraire pose les jalons d’une culture de l’innovation et de la créativité et qu’elle a le mérite de créer une synergie féconde entre les différents acteurs de la chaîne du livre en Afrique, à travers une série de rencontres et d’échanges dont la portée transcende les considérations d’ordre strictement littéraire.
Cette édition, la cinquième, enregistre la participation active de plus d’une soixantaine de personnalités de culture parmi lesquels de nombreux écrivains, mais aussi des éditeurs, des dramaturges et des chercheurs. A l’affiche ont été inscrites près d’une trentaine d’activités. Celles-ci vont de la présentation d’œuvres littéraires et scientifiques aux tables rondes, conférences, débats, cafés littéraires, expositions et soirées théâtrales.
La rentrée littéraire de l’année 2015 porte une attention privilégiée aux élèves et étudiants. Car sans exception les universités, les écoles supérieures et les instituts abriteront chacun plus d’une activité. Mais les participants à la Rentrée iront vers d’autres couches sociales. Les organisateurs ont à leur agenda des séances de lecture pour les élèves de l’Institut des jeunes aveugles, ainsi que des rencontres avec d’autres groupes de jeunes dans les quartiers (les grins) pour discuter certains thèmes concernant directement ces derniers. L’Institut français de Bamako, la Bibliothèque nationale, la Médina, le Grand hôtel, tous lieux où se dérouleront des conférences et des ateliers, permettront à un vaste public intéressé de participer à la rentrée 2015. Le ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle, de la Jeunesse et de la Construction civile, Mahamane Baby, qui se réjouissait d’être en compagnie de tant d’hommes et de femmes de culture, procèdera à la remise de livres à la Maison d’arrêt de Bamako.
Jusqu’ici biennale la rentrée devient à partir de 2015 un rendez-vous annuel et nourrit la volonté de s’imposer sur le continent comme un événement culturel incontournable. Ses organisateurs qui ne font pas mystère de leur ambition de grandir vite et bien veulent faire de l’événement une référence dont la notoriété dépassera les frontières africaines. Les éditions futures seront donc ouvertes à tous ceux qui veulent travailler pour le livre, quelque soit la langue d’expression.

C. DIAWARA

source : L Essor

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