Orientés au DEF : Le bâton dans les roues.

Dès que les orientations des élèves admis au DEF ont paru, l’académie de Ségou connaît une vive animation. Chez beaucoup de parents désorientés par l’orientation de leurs enfants, c’est aussi l’effervescence.

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Que  d’interrogations ! Il s’ensuit alors un défilé inébranlable des parents, des élèves eux-mêmes qui à pied, à moto ou en voiture. Chacun y va de son pas pressé car la journée semble courte tant les sollicitations sont nombreuses. Il se crée alors un attroupement insolite devant le bureau en charge des orientations. A peine l’agent en charge du remplissage des fiches de transfert arrive à se faire entendre parce que, chacun de son coté se croit plus presser que les autres. Il faut avoir vu cet embouteillage, il faut avoir entendu les propos amers des uns et des autres pour se rendre compte que les orientations doivent se faire à la lumière de tous les paramètres et en dehors de toute considération partisane. Et pourquoi ne pas s’en tenir aux fiches d’orientation dûment remplies à la base depuis l’école avec les signatures et l’avis des quatre acteurs principaux : l’élève, le parent, le Directeur d’école, le CAP. Malheureusement, tout se passe en d’autres lieux où l’on fait à sa tête et selon le pouvoir que l’on exerce et l’autorité qu’on représente.  Lorsque l’on foule au pied le choix de l’élève, lorsque l’on minimise l’avis  du parent et du Directeur d’école, il est clair qu’on sera en face de désagréments pour les pauvres parents et leurs progénitures. Il est clair que ces fiches d’orientation sont conçues de telle sorte que l’élève orienté ne soit pas victime de problème de distance pouvant l’empêcher d’étudier. Pourtant, que d’abandons à ce niveau puisque le transfert qui est un droit, ou le leur refuse pour des motifs peu convaincants. Il existe tous les garde-fous pour éviter cet embouteillage au sein des académies. Malheureusement  certains décideurs sont les prototypes mêmes de cette déclaration d’Erasme « Tu vois ton prochain souffrir mille infortunes et pourvu que ton bien soit en sécurité, tu n’as cure du reste ». Ce nombre si élevé des cas de transfert, cette pagaille indescriptible n’existerait pas si l’on se fiait au travail à la base. Il faut aussi se laisser convaincre par le fait que certains ignorent les réalités de ce pays en exposant leurs concitoyens dans des difficultés. Quand on ne sait pas ce que c’est que la souffrance, quand on n’a pas souffert soi-même, on restera toujours insensible à la douleur des autres. Ces pauvres gens, ces parents démunis, on leur refuse le transfert. Or, ce sont des cas sociaux où chacun est interpellé. Le parent peut vouloir payer une moto pour son enfant mais sa volonté ne suffira pas parce qu’il n’a pas les moyens. Emprunter les motos taxis à 500 francs CFA par jour, quel ventre affamé peut l’assumer. L’argument d’école publique ou d’école privée ne résiste à aucune analyse sérieuse parce que dans les deux cas, les élèves sont tous des maliens. L’Etat doit pouvoir se donner les moyens pour ne pas encourager la déperdition scolaire. Il faut avoir pitié de ces parents d’élèves qui consentent à de lourds sacrifices pour les études de leurs enfants. Ils se doivent d’être encouragés par les premières autorités en charge de l’éducation. Si cela n’est pas, certains contribueront volontairement aux échecs « des enfants des autres ». Comble de malheurs, il apparait que certains veulent protéger certains établissements au détriment d’autres. A Ségou on sait qui est qui et qui roule pour qui. Quelle flagrance ?

Hélas, il est clair que celui qui habite dans une maison climatisée ne voit pas les choses de la même manière que le pauvre qui se perd dans sa hutte.

Mamadou Kansaye

 

Source: Ségou Tuyè

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