Education pour tous : LA QUALITE, L’AUTRE COMBAT

Le programme « Education de qualité pour tous au Mali » a été initié pour contribuer à atteindre les objectifs de la coalition Education pour tous (EPT). Il est le fruit d’un partenariat entre le ministère de l’Education nationale, le Syndicat national de l’éducation et de la culture (SNEC) et la coalition EPT et bénéficie de l’appui technique et financier des ONG Oxfam Novib/Mali et l’International de l’éducation (IE).

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Le programme a entamé ses activités en 2010 dans les régions de Kayes, Koulikoro et Sikasso. Pour présenter le bilan des trois premières années d’activités, le comité de pilotage a organisé une conférence de presse, hier, à la Bourse du travail. La conférence était animée par le président du comité, Tibou Telly, qui avait autour de lui Mamadou Coulibaly, Mme Kady Baby et Abdou Baky, tous membres du comité de pilotage.
Selon Tibou Telly, le programme lors de sa phase pilote a connu un succès fort encourageant dans l’amélioration de la qualité de l’éducation malienne. Il a même obtenu le premier prix de l’édition 2013-2014 du prix Unesco Hamdan Bin Rashid. Telly attribue ce succès à une certaine synergie entre le programme, le département de l’éducation et les acteurs de la société civile. Plusieurs innovations ont ainsi été développées. Elles s’inscrivent dans le processus de mise en œuvre du PRODEC qui a consacré un de ses axes prioritaires à l’utilisation des langues nationales.
Dans le but d’aboutir à l’intégration de certaines innovations porteuses, le programme a commandité une étude sur l’état des lieux. Les résultats de cette étude ont souligné des difficultés dans la gestion globale. De l’avis de nombre d’enseignants, le véritable défi rencontré par la pédagogie convergente résidait dans le transfert des connaissances des langues nationales à la langue française. Les problèmes essentiels constatés portent sur l’inadaptation du programme, l’insuffisance de matériel, la mobilité des enseignants et leur niveau disparate. Il ressort aussi que la majorité des enseignants méconnaissent purement et simplement le curriculum car n’ayant suivi aucune formation dans le cadre de son opérationnalisation.
Le programme « Education de qualité pour tous au Mali » a, selon le conférencier, contribué au processus de la révision du curriculum des IFM avec les résultats de l’étude. Il s’est par ailleurs engagé auprès du ministère de l’Education pour la mise en place d’une commission nationale multiacteurs de relecture des programmes de la formation initiale. Cette relecture a inspiré la mise en place en place d’un pool de formateurs des formateurs. La formation continue des enseignants a permis de combler certaines insuffisances de la formation initiale.
Abdou Baky note qu’une commission scientifique avait été mise en place pour réfléchir au profil de l’enseignant. Pour lui, les enseignants sont les principaux vecteurs du changement de la qualité de l’éducation. Le comité a formé 170 enseignants dont 30 à Ségou. 4000 enseignants communautaires ont été formés dont 1400 dans les Régions de Koulikoro, Kayes et Sikasso et 3000 dans la Région de Ségou.
Kady Baby est, elle, revenue sur le prix Unesco Hamdan Bin Rashid obtenu par le programme. Sur les 99 pays en compétition, le programme a enlevé le premier prix doté de 2000 dollars, soit environ 1 million de Fcfa. « Ce prix est une fierté pour nous, mais aussi un défi », dira-t-elle avant d’annoncer que le comité a décidé de s’investir au Niger afin que là-bas, les enfants bénéficient de la même opportunité.
F. NAPHO

source : L Essor

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