Education au Mali : Entre corruption et grèves Le ministre Moustaph Dicko doit impérativement s’assumer

Il se trouve, malheureusement qu’aujourd’hui, nous nous sommes appliqués à nous approprier le catéchisme colonial au point de le réciter comme un perroquet ; au point de l’appliquer comme si nous étions réglés comme une horloge. Funeste entreprise de conditionnement mental qui nous a dépossédé de nous-mêmes, nous a rendu étrangers à nous-mêmes et que cinq décennies d’indépendance et de souveraineté nationale n’ont pu démanteler.

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Moustaph Dicko, ministre de l’Enseignement supérieur

Comme le suggère son nom, l’Université est l’arène où se livrent les grandes batailles, toutes aussi décisives les unes que les autres pour la découverte, la conquête, la compréhension et la maîtrise de l’Univers, dans le but d’apporter une contribution déterminante, non pas seulement à la science en général mais aussi et surtout au progrès et à l’épanouissement de l’homme, de la société et de l’humanité toute entière.

 

 

Malheureusement, depuis un certain temps, nos écoles semblent avoir perdu ses repères et de ce fait avoir été détournées de ces missions fondamentales, phagocytées qu’elles sont par les intérêts égoïstes et les objectifs bassement politiques des gens qui nous gouvernent et qui définissent son cours.

 

 

Sur le plan pédagogique, il est à déplorer que de nombreux éducateurs n’aient pour tout bagage pour exercer leur métier.

 

 

En plus de cette carence, il a été souvent décrié le fait que le recrutement des éducateurs, leur titularisation et leur avancement n’obéissent pas toujours à des critères objectifs précis et connus de toutes les parties prenantes. Et là, on peut soupçonner et craindre le pire. De plus, les dirigeants, du recteur aux chefs de départements en passant par les doyens et autres chefs de service et de bureau sont nommés. Aussitôt que le décret tombe, la toge du professeur aussi tombe et est remplacée par la robe de l’homme politique dont ils jouent désormais le rôle jusqu’à la caricature. Ils n’ont plus de comptes à rendre ni à leurs pairs ni aux élèves.

 

 

Du jour au lendemain, on voit qu’ils prospèrent, qu’ils sont devenus des « gens bien ». Leurs collègues se battent pour les suivre ou les remplacer. Par tous les moyens. Les intrigues se multiplient, les nouveaux décrets pleuvent, dans tous les sens : pour nommer, relever, confirmer, sans compter des contradictions qui parfois font désordre ! Les amphis se vident, les bureaux se remplissent, les aigris se multiplient, la suspicion et la délation règnent partout en maître.

 

 

Une foule immense. Elle s’étend à l’infini et gronde comme une mer démontée. Un homme debout, dressé comme un être surnaturel par-dessus la marée humaine, s’agite de tout son corps au rythme endiablé d’un discours enflammé. On aurait dit un arbre qu’un vent fort balance de gauche à droite. Le meeting politique géant dure depuis plus de deux heures, confondant dans une même ferveur les âges, les émotions et les conditions sociales.

 

La foule est totalement sous le charme de l’orateur de service. Ses paroles ont sur cette masse humaine en fusion l’effet d’un redoutable combustible. Et chaque promesse qui tombe de ses lèvres soulève de grosses houles de vivats : l’autoroute à dix voies ; la gratuité de l’école, de la maternelle à l’université ; la sécurité sociale pour tous, du berceau à la tombe ; un pays de cocagne, la réplique du jardin d’Eden où il fera bon vivre pour chacun et pour tous. Est-ce cela faire de la politique que d’abuser, aussi grossièrement, aussi cyniquement, de la bonne foi, sinon de la naïveté, des gens ?

 

 

L’Ecole ne peut efficacement répondre à de telles préoccupations en étant, dans ses structures et par son organisation, telle qu’elle est aujourd’hui. Elle doit se donner une étoffe humaine nouvelle. Cela veut dire, de manière formelle, valoriser l’homme et affirmer l’individu. En ce que l’élève ou l’étudiant qui échoue ne devrait pas être considéré comme un échec, mais plutôt comme un sujet en difficulté qui mérite aide et assistance. Cet apprenant a, en effet, besoin d’être aidé pour qu’il s’aide à mieux s’orienter dans les dédales de la vie et à trouver sa voie, sa vocation, c’est-à-dire la mission spécifique, singulière, à laquelle il est appelé. Alors au ministre Dicko de s’assumer.

 

 

Yattara Ibrahim

SOURCE: L’Informateur
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