Annuler et reprendre le baccalauréat 2014

C’est le souhait émis par le Syndicat National de l’éducation et de la Culture après les fuites massives qui ont gangrené la session 2014 de l’examen du baccalauréat malien.

 

examens concours obtention diplome etude def baccalaureat bac eleves etudiant classe ecole

 

 

Au Mali, les fraudes et fuites massives ont largement touché les deux grands examens du pays. Après le DEF, c’était au tour du Baccalauréat de se dérouler dans des conditions chaotiques. Le phénomène était déjà connu dans l’école malienne mais les proportions ont explosé pour les sessions de cette année. Les échos de fuites généralisées de sujets se sont faits entendre sur toute l’étendue du territoire, à l’exception de Kidal, où les examens n’ont pu se tenir.

L’essor nouveau des technologies de l’information et de la communication n’y est surement pas étranger. C’est par le biais des téléphones portables que les sujets s’échangeaient, et c’est également le même moyen utilisé pour frauder dans les salles d’examen. C’est d’ailleurs ce qu’a compris le département qui a mis sur écoute plusieurs agents soupçonnés d’être les auteurs des fuites.

Les mesures d’urgence du ministère de l’éducation

Les fuites de cette année constituent d’abord un échec. L’échec de la mise en œuvre des mesures préventives du ministère de l’éducation. En effet, la patronne du département avait placé les examens de cette année sous le signe d’une « session sans fuite de sujets, sans fraude, au cours des épreuves et sans faux et usage de faux à la correction ».

Malgré tout, les anciennes habitudes ont continué à se faire la part belle. Face à ce fléau, la ministre s’est vue contrainte d’envisager des mesures urgentes afin de minimiser le phénomène pour le reste des examens et concours de l’année académique. C’est ainsi qu’après les fuites constatées au DEF, elle a dû limoger le directeur du centre national des examens et concours.

Pour éviter la répétition des mêmes erreurs pour l’examen du baccalauréat, elle avait prévu un scénario à la « 24 chrono ». Outre les écoutes téléphoniques qui ont permis de dénicher plusieurs responsables véreux de l’éducation, elle avait décidé de procéder au changement systématique des sujets du baccalauréat à quelques instants du début des épreuves.

Cette mesure a certes amoindri considérablement les fuites mais elle a causé un grand retard dans le déroulement des épreuves. Dans certains centres d’examens, les candidats ont dû faire l’examen à la lumière des bougies, les épreuves s’étant prolongées jusqu’aux environs de 21 heures.

Faut-il annuler et reprendre le Bac 2014 ?

En tout cas, ce ne sont pas des arguments qui vont manquer au SNEC dans sa démarche. La cause de cette organisation calamiteuse des examens prend ses racines dans les bureaux des services relevant du ministère de l’éducation. Ce sont les mêmes agents chargés de veiller au secret des sujets qui se donnent à cœur joie de les communiquer à leurs enfants.

Outre cet aspect, il existe également de véritables réseaux au sein de ces structures du ministère. Des réseaux qui sont alimentés par les parents d’élèves qui se soucient plus pour que leurs enfants acquièrent le diplôme plutôt que le savoir.

Le caractère multidimensionnel du problème est la raison pour laquelle les gouvernements successifs n’ont pu porter un coup de frein au fléau. Un examen profond des solutions apportées jusque là devrait édifier les responsables du département.

Annuler et reprendre l’examen, tout en sachant que le même scénario risque de se répéter, serait non seulement une perte de temps mais des milliers d’autres candidats innocents se verront également payer pour des fautes qu’ils n’ont pas commises.

Une réflexion sincère s’impose pour que de véritables solutions puissent être apportées. Pour cela, il est nécessaire de lever tous les tabous sur cette question. Il faut avoir le courage de reconnaitre que le phénomène est largement favorisé par la société.

Une reconsidération de la notion de réussite, voilà l’exercice auquel doivent être soumis les enseignants, les élèves mais aussi et surtout les parents d’élèves. Ce n’est que par là que pourra venir le salut de l’école malienne.

 

 

Autre presse

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.