Drame de Garantiguibougou : A quoi joue le Gouvernement ?

Ce qui s’est passé à Garantiguibougou était très grave. Parce qu’il y a eu mort d’homme et qu’un agent de sécurité y a été impliqué.

modibo kéita premier ministre chef gouvernement allocution discours

Mais les incidents de mardi dernier sont révélateurs de l’état de déliquescence dans lequel sont installées les institutions de la République depuis l’avènement de la démocratie au Mali. Cette déliquescence n’a fait qu’empirer depuis l’élection démocratique d’un premier Président de la République en 1992.

Il y a quelques semaines, Soumaïla CISSE faisait remarquer que les vacances du Gouvernement, alors que la crise du Nord se dégradait par la multiplication des attaques terroristes, relevaient de la légèreté.

Nous étions de ceux qui pensaient qu’il s’agissait de mesquinerie dans la mesure où les ministres directement impliqués étaient restés sur place pour conduire l’action gouvernementale.

Or le Gouvernement, ou ce qu’il en reste, a été lent à réagir aux événements de Garantiguibougou. L’ORTM, toujours bâillonnée, n’a même pas évoqué le problème le premier jour contrairement à sa cadette, la TM2, qui a fait un reportage là-dessus.

C’est le lendemain qu’on a vu le Directeur de la Police nationale faire un commentaire qui était loin de refléter toute la gravité de la situation.

On avait cru, un moment, que le Gouvernement du Mali avait changé de cap dans sa communication mais les vieux démons semblent de retour dans la lente gestion des émeutes de

Garantiguibougou Dans des pays vraiment démocratiques, le Gouvernement aurait fait, dès le soir même, une déclaration visant à calmer les esprits. On se croit revenu à l’ère du parti unique où l’information est totalement centralisée

Les évènements de Garantiguibougou sont révélateurs de la situation que vivent les populations maliennes, c’est-à-dire une méfiance et une méfiance à l’endroit des autorités maliennes qui ne semblent pas prendre la mesure des faits.

Car c’est actuellement un véritable ras-le-bol général qui risque d’aboutir sur des explosions dont personne ne sait quelles proportions elles pourraient prendre.

En effet, l’indiscipline et la corruption de la police sont telles que les populations ont commencé depuis longtemps à se rendre justice elle-même. Les différents gouvernements depuis 1991 n’ont jamais réussi à mettre de l’ordre dans la police, au contraire.

La corruption de la police est même devenue arrogante du fait qu’elle se fait à visage découvert et en plein jour. Il suffit de s’arrêter une minute à un carrefour pour voir et constater que des policiers ne font que racketter les automobilistes, particulièrement les chauffeurs de Sotrama.

La rive droite de Bamako est totalement paralysée au moment où nous écrivons ces lignes à cause de la grève soudaine des taxis et autres Sotrama. C’est la conséquence directe de l’amateurisme avec lequel le Gouvernement, qui semble dépassé, a géré les émeutes de Garantiguibougou.Certes les problèmes semblent surgir de toutes parts. Cependant c’est le travail du Gouvernement de savoir anticiper.

Un mot du Premier ministre pour appeler les chauffeurs de Sotrama à la raison et promettre que toute la lumière sera faite sur les incidents graves de mardi aurait permis de désamorcer la situation.

Incapable de résorber le terrorisme, le Gouvernement ne devrait pas laisser une crise sociale s’installer dans notre pays. Il est plus que temps de prendre à bras le corps la question de la corruption policière qui se manifeste partout sur le territoire national.

Le Gouvernement ne doit pas jouer uniquement au pompier dans un pays où tous les indicateurs de la crise sont au rouge écarlate.

La tâche est très dure mais non pas impossible. De toutes les façons le Gouvernement a pour rôle de résoudre les problèmes qui se posent au pays quelles que soient leur nature et leur acuité.

source : la Rédaction

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.