Migration vers l’Arabie Saoudite : Une offre d’emplois faite à 500 femmes maliennes fait polémique

L’Agence Nationale pour l’Emploi (ANPE) a organisé, la semaine dernière, une conférence de presse, animée par son Directeur général adjoint, Abdoulaye B Traoré, accompagné de M Ichaka Diakité (conseiller spécial du Dg de l’ANPE), Amadou Sacko (chef du département intermédiation), Mme Camara Fatoumata Z Traoré (directrice régionale ANPE du district) et Drissa Sidibé (département de la communication). A la base de cette démarche, la folle rumeur qui a circulé, ces derniers jours, au sujet de la signature envisagée d’une convention entre l’ANPE et la SOMASCO, la société saoudienne chargée de procéder à un recrutement de 10 000 maliens devant être placés en Arabie Saoudite.

  Agence nationale pour l’emploi mali anpe

En tant que structure chargée des questions d’emplois et de lutte contre le chômage, l’ANPE, a vite sauté sur l’offre. Elle était d’ailleurs entrain de travailler à finaliser les contrats quand, le projet a été suspendu sur décision du ministère de tutelle. Le ministère de l’emploi, de la formation professionnelle et de la construction citoyenne, a demandé à la l’ANPE de suspendre ses démarches, jusqu’à ce que des investigations plus poussées soient menées au sujet de l’affaire ; une affaire dans laquelle, curieusement, on a voulu passer outre les autorités consulaires du Mali en Arabie Saoudite et qui, si les choses doivent se passer normalement, devraient être parmi les premiers à être approchées.

Mais, tout s’est passé comme si on a voulu contourner ces autorités. Informée de l’affaire et surtout du niveau de son évolution, une source proche du consul du Mali en Arabie Saoudite, a saisi les responsables de l’ANPE les informant de faire suffisamment attention avec cette affaire. Suite à cette intervention, l’ANPE, sur la demande expresse du ministère de l’emploi et de la formation professionnelle, a été sommée de tout suspendre, le temps de voir suffisamment clair dans le dossier où certains ne voyaient plus que les avantages qu’ils vont personnellement en tirer. Il faut dire que dans cette affaire, il y a certains détails qui ont vite paru suspects.

En effet, sur les 10 000 travailleurs que la dite société projetait de recruter dans notre pays, il était indiqué tacitement que le premier contingent doit être composé de 500 femmes, qui devraient occuper, en Arabie Saoudite, des emplois d’infirmières pour les unes, et d’aides ménagères pour les autres. Dans un premier temps, l’ANPE, n’a opposé aucune réserve. C’est suite à un texto émanant de sources proches du consulat du Mali en Arabie Saoudite, qu’elle a suspendu le traitement du dossier.

Lors de leur conférence de presse, à la Maison de la presse, la délégation de l’ANPE, s’est évertuée à défendre le projet en mettant en avant les efforts entrepris pour amener l’Arabie Saoudite à accepter, en lieu et place d’une première vague de 500 femmes, un contingent mixte, afin, ont-il expliqué, d’offrir les mêmes chances aux deux sexes. Une délégation de l’agence projetait d’ailleurs d’effectuer un déplacement au royaume d’Arabie Saoudite pour, indique-t-on aller voir sur place les conditions d’accueil de nos compatriotes

L’affaire a d’abord fait le tour des salons feutrés de la capitale avant d’éclater au grand jour ; il faut dire qu’elle soulève beaucoup d’interrogations et de questionnements. Comment, en effet,  comprendre que l’Arabie Saoudite décide de recruter autant de Maliens (10 000 personnes) au moment où ce même pays est entrain d’appliquer une politique pour un retour négocié des étrangers, notamment africains, vivant sur son sol. Ces dernières années, selon nos informations, plusieurs de nos compatriotes sont revenus de l’Arabie Saoudite.

Pour accepter leur rapatriement, il a fallu que le royaume se soit engagé à leur payer les frais de loyers une fois retournés au pays en plus  d’un accompagnement financier sur une certaine période. L’autre chose qui ne parait pas suffisamment clair, c’est la préférence pour des infirmières maliennes généralement mal formées. Pour certains, c’est étonnant qu’un Etat connu pour sa richesse ne puisse pas mieux choisir ses agents de santé. Selon certaines mauvaises langues, il s’agit là d’une affaire dont les dessous ne sont pas tous révélés.

Notre pays (au regard des pertes que nous cause la migration irrégulière) a fait le choix d’une migration légale et mieux organisée ; mais, même lorsque des compatriotes devront être recrutés dans ce cadre pour aller travailler dans un autre pays, il est du devoir de l’Etat de s’assurer qu’ils ne courent aucun risque.

Moussa Koné

Source: L’Officiel

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