Défense: le sang des Famas

Le début de l’année a été marqué par une augmentation des activités des groupes terroristes dans le nord et le centre du pays et par des affrontements entre ces groupes, ainsi que par la consolidation de l’influence de la Coordination des mouvements de l’Azawad dans le Nord et la persistance de la violence entre les communautés du Centre. Retour sur les grandes dates d’une année sanglante.

 

Les attaques terroristes sont restées la principale menace dans le nord et le centre du Mali. Des attaques ont été enregistrées dans les toutes régions du Nord (Gao, Kidal et Tombouctou) ainsi que dans les régions de Mopti et Ségou dans le Centre. La plupart des attaques ont été attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ou à l’État islamique du Grand Sahara (EIGS) ou revendiquées par l’un ou l’autre des deux groupes. Les forces de défense et de sécurité nationales et leurs alliés des forces internationales (MINUSMA, Barkhane et la Force du G5) ont continué d’être leur principale cible. Les civils ont également été visés, principalement dans la région de Mopti.
La complexification
de la situation
Les affrontements entre le Groupe de soutien à l’islam (GSIM) et aux musulmans et l’État islamique du Grand Sahara (EIGS) ont ajouté à la complexité de la situation en matière de sécurité dans le nord et le centre du pays. L’État islamique du Grand Sahara semble avoir étendu ses zones d’activité à certaines parties des régions de Gao et de Tombouctou, qui étaient auparavant la zone d’opération du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. Des affrontements ont été signalés entre les deux groupes dans le centre du pays et la région de Tombouctou.
L’expansion de l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) a également provoqué une scission au sein du Katiba du Macina, qui fait partie du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), plusieurs combattants peuls se réclamant de l’État islamique du Grand Sahara (EIGS).
Au cours du premier trimestre de l’année 20202, on a également continué à signaler plusieurs attaques de groupes terroristes contre des combattants affiliés à la Plateforme. Ce qui a contribué à affaiblir davantage la coalition.
Par contre, au même moment, selon un rapport de l’ONU, la Coordination des mouvements de l’Azawad a continué à consolider son influence dans le nord du pays. Au-delà de sa place forte à Kidal, elle a continué à assurer la sécurité dans la région de Tombouctou, tout en étendant son influence dans les régions de Ménaka et de Gao.
Suite aux affrontements en décembre 2019 entre les combattants des groupes armés signataires, la CMA et une aile de la Plateforme ont signé un accord de sécurité à Ménaka le 12 janvier. L’accord a officialisé le rôle de la Coordination comme l’un des garants de la sécurité dans la région. La Coordination, en renforçant son alliance avec l’autre aile de la Plateforme, s’offre la possibilité d’établir un poste de commandement à Kidal où la Plateforme n’était plus présente depuis 2014.

Quid du Centre ?
Au même moment, la situation en matière de sécurité dans le Centre a continué de se détériorer en raison de l’expansion progressive des groupes terroristes, notamment dans les localités de Bankass, Bandiagara et Koro, dans la région de Mopti, ainsi qu’autour de Diabali, dans la région de Ségou. Les attaques contre les civils, dans le cadre de la violence intercommunautaire, ont persisté. Selon un rapport de l’ONU, au premier trimestre de 2020, il a été enregistré plus d’attaques contre des villages Dogon que contre des villages Peuls.
Une attaque de groupes terroristes contre le poste de la Garde nationale à Dioungani, dans le cercle de Koro, dans la région de Mopti, le 22 janvier, a fait 7 morts et 8 blessés parmi les membres de la Garde nationale. L’attaque et l’incendie de la ville de Dioungani, le 24 janvier, ont conduit les forces armées nationales à se retirer de leur position et 880 civils à se déplacer.
Le 30 janvier, le Président IBK a signé un décret portant lancement de l’Opération Maliko avec pour objectif de rétablir la souveraineté du Mali sur les régions de Gao, Kidal, Tombouctou, Ménaka, Taoudenni, Mopti et Ségou. Le décret stipulait que les commandants des régions militaires du centre et du nord du pays avaient autorité sur les forces de sécurité et les forces paramilitaires. Il annonçait également la consolidation des forces nationales dans des camps plus grands et mieux protégés et le retrait des bases plus petites.
Le nombre d’attaques commises à l’aide d’engins explosifs improvisés contre les forces nationales et internationales a augmenté au cours de la période à l’étude, en particulier contre les forces de défense et de sécurité nationales dans le Centre et les forces de la MINUSMA dans le Nord. Ces incidents ont continué à représenter la menace principale pour toutes les forces, notamment pour les convois sur les principales routes d’approvisionnement, mais aussi sur les routes secondaires. Le nombre d’attaques complexes visant les forces de défense et de sécurité nationales et les camps de la MINUSMA a diminué.
Les attaques meurtrières
Au début de l’année 2020, les civils ont continué d’être victimes d’attaques de groupes terroristes, de violences intercommunautaires, d’engins explosifs improvisés et de banditisme. De janvier à mars, 266 incidents ont été signalés, au cours desquels 247 civils ont été tués, 119 blessés et 72 enlevés. Plus de 60 % des attaques meurtrières contre les civils ont eu lieu dans la région de Mopti. Au total, 218 personnes ont été tuées dans le centre du Mali entre le 1er janvier et le 4 mars.
Le 16 janvier, des éléments armés ont attaqué le village de Sinnda, dans la région de Mopti, tuant au moins 14 civils et en blessant des dizaines d’autres. L’attaque la plus meurtrière enregistrée a eu lieu le 14 février, lorsque des éléments armés ont attaqué Ogossogou, dans la région de Mopti, tuant au moins 37 civils, principalement des Peuls et brûlant des maisons et des greniers. Ces attaques contre les populations civiles ainsi que les violences intercommunautaires ont entraîné de nouveaux déplacements de populations, notamment vers la Mauritanie, et poussé les administrateurs civils à abandonner leurs postes.
Selon un rapport de l’ONU, l’augmentation des activités des groupes terroristes dans le nord et le centre du pays et le retrait des forces de défense et de sécurité nationales de certaines zones ont provoqué de nouveaux déplacements de population et augmenté le nombre de civils menacés de violence physique. L’opération Seka de la MUNISMA, dans le nord-est, et l’opération Buffalo, dans le centre, visaient à minimiser le vide laissé par le retrait des forces de défense et de sécurité nationales de certaines zones.
Dans la région de Gao, 64 incidents de protection des civils ont été enregistrés au total depuis janvier, contre 72 au cours de la dernière période de référence. La légère diminution du nombre d’incidents pourrait être due à la poursuite de l’opération Seka en cours sur l’axe Ansongo – Labézanga.
Dans la région de Mopti, les zones frontalières avec le Burkina Faso, dans la localité de Koro, ont été particulièrement touchées par l’insécurité. Des attaques récurrentes ont entraîné des déplacements de civils vers le village de Douna-Pen, dans la commune de Dioungani, où environ 880 d’entre eux ont trouvé refuge.
La persistance de l’insécurité
Au second trimestre de 2020, la situation sécuritaire a très peu évolué. Des groupes terroristes affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique ont poursuivi leurs attaques contre les forces de sécurité et les civils dans le nord et dans le centre et de nouveaux affrontements entre ces groupes ont été signalés. Les civils ont continué d’être victimes de violences commises par des groupes terroristes et la cible d’attaques intercommunautaires dans le centre du pays. D’avril à juin, 169 civils ont été tués et 79 blessés lors de 190 actes de violence. Plus de 51 % des faits sont survenus dans la région de Mopti.
Dans le nord du pays, les groupes terroristes continuent de faire peser la plus grande menace en matière de sécurité. Les combattants de Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM) et de l’État islamique du Grand Sahara (EIGS) ont conservé une présence dans les régions de Gao, de Tombouctou et de Ménaka. Le 29 mars, 9 civils ont été tués lorsqu’un véhicule de transport en commun a heurté un engin explosif dans le cercle de Niafunké (région de Tombouctou).
Dans le Centre, de nouveaux affrontements ont eu lieu entre des milices affiliées aux Dogons et aux Peuls et les groupes armés terroristes ont continué de mener des attaques. Le 11 avril, des terroristes présumés ont attaqué le camp de Soufouroulaye, dans lequel vivaient 292 ex-combattants participant au programme de lutte contre la violence communautaire. 5 personnes ont été blessées.
Les violences intercommunautaires ont persisté et des affrontements ont été signalés. Le 28 avril, dans le cercle de Koro, 11 Dogons qui venaient de participer à des pourparlers de paix sont tombés dans une embuscade tendue par une milice affiliée à leur communauté.
Des affrontements meurtriers
Des affrontements meurtriers ont été enregistrés dans le centre du pays entre des combattants de Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM) et de l’État islamique du Grand Sahara (EIGS), qui se disputent le contrôle de ces zones et des itinéraires de trafic. En mars et en avril, une série d’affrontements ont été signalés entre ces groupes dans la région de Mopti qui a fait des morts et des blessés parmi les civils.
Au cours second trimestre de 2020, nos FAMa ont été la cible de 49 attaques, qui ont fait 67 morts et 86 blessés parmi les soldats. C’est dans le cercle de Bourem (région de Gao), que les attaques les plus meurtrières ont été commises : le 19 mars, à Tarkint, faisant 30 morts et 20 blessés et, le 6 avril, à Bamba, faisant 25 morts et 12 blessés. La Mission a procédé, au moyen de 11 opérations, à l’évacuation sanitaire de 37 FAMa grièvement blessés (chiffre de l’ONU).
Le nombre de victimes civiles d’explosions a augmenté : 15 civils sont morts et 14 autres ont été blessés sur l’ensemble du territoire dans six explosions.
Après s’être retirée en novembre 2019, l’armée malienne a regagné la base de Labézanga, dans le cercle d’Ansongo (région de Gao). Dans le cadre de l’opération Seka, la MINUSMA a multiplié les patrouilles dans l’ensemble du cercle d’Ansongo et déployé des bases opérationnelles temporaires le long d’axes principaux. Elle a apporté un appui aux forces de défense de retour depuis peu et contribué à la protection des civils, notamment par la découverte et la destruction de plusieurs engins explosifs improvisés.
L’action menée par les FAMa pour consolider de petites bases et concentrer les déploiements dans le centre du pays a permis d’améliorer ses moyens de défense et d’intervention face aux menaces existant dans la zone, même si des défaillances sont apparues sur le plan de la sécurité, dans de nombreux secteurs. Les FAMa ont mené des opérations dans les cercles de Bankass, de Djenné, de Douentza et de Mopti en vue d’y assurer la protection des civils et des représentants de l’État.

La forte pression des groupes extrémistes
La situation en matière de sécurité est restée très préoccupante au cours du troisième trimestre. Les attaques de groupes extrémistes contre les civils et les forces de sécurité nationales et internationales dans le nord et le centre du pays se poursuivant sans relâche. Les affrontements entre les groupes affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et à l’État islamique du Grand Sahara (EIGS) se sont poursuivis, principalement dans la région de Gao, en raison de l’expansion continue de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) du centre du pays vers le nord et la zone des trois frontières.
Le 31 juillet 2020, des douaniers, dans la ville de Sikasso, et le 4 août, un poste de gendarmerie, dans la ville de Kayes, ont été attaqués par des assaillants non identifiés, qui seraient affiliés à des groupes terroristes.
Dans la ville de Gao, des tensions entre les populations arabes et songhaïs ont éclaté le 20 août. Le 26 août, à la suite d’une réunion entre les communautés, un mémorandum d’accord visant à favoriser un environnement sûr dans la région de Gao a été signé par des notables des communautés songhaïs, arabes, touareg et peules.
La Coordination des mouvements de l’Azawad a continué d’étendre son influence dans les régions de Kidal et de Tombouctou et reste toujours le principal garant de la sécurité dans la région de Kidal.
En juillet, des affrontements ont repris entre différentes communautés arabes affiliées au Mouvement arabe de l’Azawad-Plateforme (Ould Ich) et au Mouvement arabe de l’Azawad-Coordination (Tourmouz), à Lerneb, dans la localité de Goundam (région de Tombouctou). Malgré un accord négocié par les autorités mauritaniennes dans la zone frontalière, des affrontements, le 2 août, ont fait 15 morts.
De juillet à septembre, les forces nationales et internationales, la MINUSMA et les groupes armés signataires ont essuyé 84 attaques asymétriques ; 49 % d’entre elles se sont produites dans le nord du pays : 11 attaques ont eu lieu dans la région de Gao, 9 à Kidal, 7 à Ménaka et 14 à Tombouctou. Le centre du pays a été le théâtre de 48,8 % des attaques : 33 attaques se sont produites dans la région de Mopti et 8 dans celle de Ségou.
Les Forces de défense et de sécurité maliennes ont été la cible de 47 attaques, qui ont fait 108 morts et 201 blessés. Les attaques les plus meurtrières ont eu lieu le 14 juin à Bouka, dans le cercle de Niono (région de Ségou), et le 2 juillet à Gouari, dans le cercle de Bankass (région de Mopti), faisant 27 morts parmi les soldats et 5 disparus à Bouka, et 9 morts et 6 blessés à Gouari.
Les groupes armés signataires ont fait face à 7 attaques au cours desquelles sept (7) de leurs membres sont morts et 6 ont été enlevés. Le 9 juillet, des hommes armés non identifiés ont enlevé le commandant de la base du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad à Amrouch, dans la commune de Gargando (cercle de Goundam, région de Tombouctou).

Des événements graves et inédits
A fin de l’année 2020, les conditions de sécurité ont continué de se dégrader en particulier dans le centre du pays. Les groupes armés communautaires ont continué de mener des attaques contre les civils dans la région, et la violence armée a gagné la région de Ségou. Dans le nord, les groupes extrémistes violents sont restés actifs.
Dans le centre du pays, au-delà de la région de Mopti, une série d’événements graves ont été enregistrés, pour la première fois, dans la région de Ségou. En effet, selon le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU sur la situation de notre pays, une série de violences graves a été enregistrée dans la région de Ségou où, depuis début octobre, le village de Farabougou et des villages voisins de la commune de Dogofri, dans le cercle de Niono, ont été la cible d’attaques et de blocus de la part de ce que l’on présume être des combattants extrémistes.
Le siège et le blocus des villages ont causé la mort d’au moins 6 civils et fait des dizaines de blessés, et se sont traduits par l’enlèvement d’au moins 20 civils, le déplacement de plus de 2 000 familles des villages des communes de Dogofri, de Mariko, de Siribala et de Sokolo et des vols de bétail. On estime que près de 4 000 personnes étaient bloquées dans le village de Farabougou, privées d’accès aux biens de première nécessité et aux soins de santé et constamment menacées de violences. Plusieurs initiatives de médiation et d’aide humanitaire ont été mises en place autour de Farabougou, avec des objectifs distincts, notamment l’accès humanitaire, l’atténuation et la désescalade des conflits et la réconciliation.
La force de la MINUSMA a effectué 25 sorties d’hélicoptères militaires dans les zones touchées afin de transporter 64 soldats des Forces armées maliennes et de livrer plus de 30 tonnes de vivres et autres fournitures.
Au-delà de Farabougou, d’une manière générale, les civils continuent d’être les principales victimes des attaques des groupes armés communautaires, y compris Dan Nan Ambassagou, ainsi que des groupes extrémistes violents.
Dans le nord du pays, les affrontements entre les groupes affiliés au GSIM et à l’EIGS se sont poursuivis, notamment près de la zone de la triple frontière entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, et en particulier dans le cercle d’Ansongo, dans la région de Gao.
Les groupes extrémistes violents sont restés actifs dans la région de Tombouctou. Le 1er octobre, deux Policiers maliens ont été tués et un troisième a été blessé dans une attaque.
La Coordination des mouvements de l’Azawad a maintenu son influence dans tout le nord du pays mais, fait exceptionnel, elle a subi une défection à Ménaka. En effet, le 17 octobre, une faction de la communauté Daoussak Idoguiratane a annoncé dans un communiqué sa décision de rejoindre la Plateforme, une coalition rivale. Les divisions au sein de la Plateforme ont persisté, ses deux factions continuant de se livrer une lutte d’influence dans la région de Kidal.
Du mois d’octobre à décembre, les Forces de défense et de sécurité maliennes, les forces internationales, la MINUSMA et les groupes armés signataires ont essuyé 35 attaques asymétriques ; 55 % d’entre elles se sont produites dans le nord du Mali, dont 14 % dans la région de Kidal, 33 % à Tombouctou et 8 % à Gao. Pour la première fois, des attaques à l’engin explosif improvisé ont été enregistrées dans les régions de Koulikoro et de Sikasso, dans le sud du pays. Le centre du Mali a été le théâtre de 45 % des attaques, dont 36 % se sont produites dans la région de Mopti et 9 % dans celle de Ségou.
Les Forces de défense et de sécurité maliennes ont été la cible de 17 attaques, au cours desquelles 30 soldats ont été tués et 48 blessés. Les attaques les plus meurtrières ont eu lieu le 13 octobre entre les ponts de Parou et de Songobia, à environ 25 kilomètres et 30 kilomètres respectivement au sud-ouest de la ville de Bandiagara, dans la commune de Bara Sara (cercle de Bandiagara), où 3 soldats ont été tués et 7 blessés, et le 6 octobre à Birga-Peulh, à 20 kilomètres à l’ouest de la ville de Koro, dans la région de Mopti, où 3 soldats ont été tués.
Au même moment (octobre à décembre), une seule attaque a été menée contre des groupes armés signataires, qui a abouti à l’enlèvement d’un de leurs membres : le 13 octobre, des motards armés non identifiés ont enlevé un combattant du groupe Ganda Izo.
Voici le film des évènements :

12 janvier : signature d’un accord de sécurité à Ménaka
Suite aux affrontements en décembre 2019 entre les combattants des groupes armés signataires, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et une aile de la Plateforme ont signé un accord de sécurité à Ménaka. L’accord a officialisé le rôle de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) comme l’un des garants de la sécurité dans la région. La CMA a également renforcé son alliance avec l’autre aile de la Plateforme, ce qui lui a permis d’établir un poste de commandement à Kidal où la Plateforme n’était plus présente depuis 2014.

13 janvier : les décisions du sommet de Pau
Sommet des chefs d’État des pays du Groupe de cinq pays du Sahel (G5 Sahel) convoqué à Pau (France) par le Président de ce pays. Dans une déclaration publiée à l’issue du sommet, les chefs d’État ont réaffirmé leur engagement en faveur de la lutte contre le terrorisme dans la sous-région et de l’intensification de leurs efforts sous un commandement conjoint de la Force conjointe du G5 Sahel et de la force Barkhane axé sur le triangle Liptako-Gourma. Ils se sont félicités des mesures déjà prises et ont souligné la nécessité d’une coopération accrue. De plus, ils ont annoncé la création d’une coalition pour le Sahel, un nouveau cadre couvrant la sécurité, la restauration de l’autorité de l’État et le renforcement des capacités ainsi que des initiatives de développement.

16 janvier : le village de Sinda est attaqué
L’attaque du village de Sinda, dans la région de Mopti a couté la vie à au moins 14 civils et blessé des dizaines d’autres.
« Aux environs de 00 h 30 le 16 janvier, des hommes armés visiblement habillés en tenue de chasseurs traditionnels (dozos) et circulant à bord de motos ont fait incursion dans le village de Sinda, majoritairement habité par les membres de la communauté peule et ont ouvert le feu sur les habitants du village avec des fusils de chasse et mis feu aux habitations », précise le rapport.
Certaines victimes avaient été « égorgées dans leur sommeil, d’autres après avoir été arrêtées par de présumés chasseurs traditionnels communément appelés dozos, ou en tout cas ils étaient habillés comme eux ». Les victimes ont été inhumées jeudi par les habitants du village, « la peur au ventre ».
Selon un rapport de la Division des droits de l’homme et de la protection de l’ONU, dont l’AFP a obtenu copie, « 14 personnes ont été tuées, 2 blessées, plusieurs cases incendiées au cours d’une attaque contre le village de Sinda, près de Douentza, dans la région de Mopti ».

19 janvier : feu au redéploiement des FDS-R
Le Comité de suivi de l’Accord a tenu sa quatrième session au niveau ministériel à Bamako. Il s’agissait de la première réunion depuis août 2019. Les participants ont approuvé le plan consistant à redéployer les forces armées reconstituées dans le nord du Mali, ainsi que les dispositions de sécurité régissant les déplacements de convois et les mouvements d’artillerie lourde. Ils ont également souligné la nécessité de rendre opérationnel le fonds de développement durable pour assurer la fourniture de services sociaux de base dans les régions du nord. Les parties signataires ont réaffirmé leur engagement en faveur du processus de paix.
Au cours de la réunion, l’Observateur indépendant de l’application de l’Accord a présenté son plus récent rapport, dans lequel il est constaté qu’à la fin de 2019, l’application de l’Accord « était à son point le plus bas depuis le début du mandat de l’Observateur indépendant ».

21 janvier : le HCI s’engage contre les violences sexuelles
Dans ses efforts visant à impliquer la société civile dans la prévention des violences sexuelles liées aux conflits et dans la manière d’y faire face, la MINUSMA a organisé le 21 janvier un atelier avec 113 chefs religieux musulmans pour discuter du rôle que le Haut Conseil islamique pourrait jouer pour répondre à ce grave problème au Mali. À la suite de l’atelier, le président du Haut Conseil islamique a signé une déclaration, dans laquelle il a pris des engagements pertinents, qui se sont traduits notamment par la publication d’une fatwa pour dénoncer les violences sexuelles liées au conflit.

22 janvier : 7 morts dans l’attaque du poste de Dioungani
Une attaque terroriste contre le poste de la garde nationale à Dioungani, dans le cercle de Koro a fait sept morts et huit blessés parmi les membres de la garde nationale. L’attaque et l’incendie de la ville de Dioungani, le 24 janvier, ont conduit les forces armées nationales à se retirer de leur position et 880 civils à se déplacer.
L’attaque contre les FAMa dans la nuit du 22 au 23 janvier 2020 à Dioungani (cercle de Koro) et l’embuscade perpétrée jeudi contre une mission de l’armée à Dangal Boré ont été revendiquées ce vendredi par la coalition djihadiste Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin’ (JNIM).
Ces attaques contre les FAMa ont coïncidé avec la visite au Mali de la ministre française des Armées, Florence Parly du 20 au 22 janvier. Elle a effectué cette visite en compagnie des ministres de la Défense du Portugal, de la Suède et de l’Estonie.
La délégation a eu de longs entretiens avec le ministre malien de la Défense avant d’être reçue par le président Ibrahim Boubacar Keïta.
Mercredi dernier, le chef d’état-major des armées françaises le général François Lecointre a annoncé de nouveaux renforts pour la force Barkhane en supplément des 220 soldats récemment envoyés au Sahel pour supporter l’opération.

26 janvier : 20 Gendarmes tués et cinq blessés à Sokolo
Attaque contre le camp de gendarmerie de Sokolo. À 5 heures du matin, des djihadistes à motos attaquent le camp de Sokolo, dans le Cercle de Niono. Le camp est tenu par environ quatre-vingts gendarmes, tandis que les assaillants sont plus d’une centaine.
Les djihadistes mènent l’attaque divisés en trois groupes : au nord, à l’est et au sud. Les combats s’achèvent vers 7 heures du matin. Les gendarmes prennent la fuite et le camp est pris d’assaut par les djihadistes qui s’emparent de véhicules, d’armes et de munitions. Ils battent en retraite après avoir incendié le camp, qui est repris en fin de journée par des renforts venus de Diabaly.
Le soir du 26 janvier, l’armée malienne annonce que le bilan de l’attaque est de 20 gendarmes tués et cinq blessés contre quatre morts du côté des assaillants. Le chef du détachement, le capitaine Harouna Sangaré, figure parmi les morts. La garnison compte 60 rescapés.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans revendique l’attaque le lendemain et affirme avoir tué plus de 20 soldats maliens, fait trois prisonniers, capturé neuf véhicules et reconnait la mort de trois de ses combattants.

27-28 janvier : le PM lance les travaux de la route Gao-Sévaré
Le Premier ministre Boubou Cissé s’est rendu à Gao les 27 et 28 janvier et à Tombouctou du 29 au 31 janvier respectivement. Il était accompagné du Ministre de la cohésion sociale, de la paix et de la réconciliation nationale, Lassine Bouaré, et du Chef d’état-major des armées, le général Abdoullaye Coulibaly. Lors de sa visite, le Premier ministre Boubou Cissé a lancé des travaux de remise en état de la route Gao-Sévaré, conformément à la promesse qu’il avait faite à la suite des manifestations populaires de septembre 2019.

30 janvier : IBK lance l’Opération Maliko
Le président IBK a signé un décret lançant l’Opération Maliko avec pour objectif de rétablir la souveraineté du Mali sur les régions de Gao, Kidal, Tombouctou, Ménaka, Taoudenni, Mopti et Ségou. Le décret stipulait que les commandants des régions militaires du centre et du nord du Mali avaient autorité sur les forces de sécurité et les forces paramilitaires. Il annonçait également la consolidation des forces nationales dans des camps plus grands et mieux protégés et le retrait des bases plus petites.

4 février : plan d’intégration de10 000 anciens combattants
La Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion et la Commission d’intégration ont adopté leurs plans stratégiques respectifs pour la période 2019-2023. Conformément à un accord conclu entre les parties signataires, les commissions ont pour objectif d’intégrer 10 000 anciens combattants dans les services de sécurité. Au total, 16 000 anciens combattants seront réinsérés dans leurs communautés grâce au programme de désarmement, démobilisation, réintégration et intégration. Il est prévu que les 48 000 combattants démobilisés restants bénéficieront du programme national de réadaptation communautaire.

6 février : la France annonce le déploiement de 600 soldats supplémentaires
Le Gouvernement français a annoncé le déploiement de 600 soldats supplémentaires pour renforcer l’opération Barkhane, ce qui en porte le nombre total à 5 100. La Tchéquie, le Danemark, l’Estonie et la Suède ont indiqué qu’ils envisageaient de contribuer à l’opération des forces spéciales désignée sous le nom d’équipe spéciale Takuba et dirigée par la France. Ces forces spéciales de pays européens seront déployées au Mali conjointement avec les forces spéciales françaises dans le but de transmettre des connaissances spécialisées aux forces armées nationales.

13 février : les 1er FDS-R arrivent à Kidal
Arrivée à Kidal de la première unité reconstituée des forces armées nationales. Le redéploiement a été facilité par la Minusma qui a aussi escorté les unités reconstituées à travers un convoi de 35 véhicules des forces armées nationales de Gao à Kidal et en assurant la sécurité, le carburant, les indemnités de repas et les médicaments ainsi que la rénovation des camps. L’unité comprend deux compagnies de 240 militaires, dont 80 anciens combattants de la Coordination des mouvements de l’Azawad et 80 de la Plateforme. Le déploiement à Kidal s’est déroulé sans incident majeur.

14 février : au moins 37 civils tués dans l’attaque de Ogossagou
Attaque du village de Ogossogou, dans la région de Mopti, a fait au moins 37 civils, principalement des Peuls.
Les assaillants ont brûlé les maisons et les greniers. Ces attaques contre les populations civiles ainsi que les violences intercommunautaires ont entraîné de nouveaux déplacements de populations, notamment vers la Mauritanie, et poussé les administrateurs civils à abandonner leurs postes.
L’attaque menée par une trentaine d’hommes armés, dans la nuit de jeudi à vendredi, a été favorisée par le retrait, quelques heures auparavant, de l’armée malienne, a expliqué le chef du village. La commune a été partiellement incendiée, selon Aly Ousmane Barry. Les stocks alimentaires ont été détruits et du bétail emporté, d’après des témoignages.
Quelques heures après l’attaque de vendredi, neuf personnes ont péri dans un guet-apens tendu à une unité de l’armée à Bentia, dans la région de Gao (centre), a dit le gouvernement dans un communiqué en indiquant sans autre précision que huit des victimes étaient des civils. Un soldat a trouvé la mort dans une attaque distincte à Mondoro, selon l’armée.
Le 23 mars 2019, l’attaque par des hommes armés de ce village peul d’Ogossagou, dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso, avait fait 160 morts civils. Attribuée à des chasseurs dogon, elle avait été le point culminant de violences intercommunautaires alors en cours dans le centre du pays.

22-23 février : le PM solidaire des populations de Ogossagou
Le Premier ministre Cissé s’est rendu dans la région de Mopti les 22 et 23 février, suite à l’attaque du village d’Ogossogou le 14 février qui a fait au moins 37 morts, six blessés et 20 personnes portées disparues. Il a lancé un ultimatum de trois jours à Dan Nan Ambassagou, le groupe d’autodéfense à prédominance dogon, demandant que ce dernier démantèle ses postes de contrôle le long d’une route principale dans la région de Mopti. Dans un communiqué publié le même jour, Dan Nan Ambassagou a subordonné cette mesure au retour de l’armée nationale dans ces régions. Le

25 février : les décisions du 6e G5 Sahel
Les chefs d’État du G5 Sahel ont tenu leur sixième conférence à Nouakchott (Mauritanie) au cours de laquelle ils ont réaffirmé leur attachement à la poursuite de la lutte contre la menace que représentent les groupes armés terroristes au Sahel et demandé de nouveau qu’un soutien international accru soit apporté à la Force conjointe du G5 Sahel.
En marge de la conférence, le G5 Sahel, l’Union européenne et l’ONU ont signé un additif à leur accord technique afin de s’assurer qu’il cadre avec les dispositions pertinentes de la résolution 2480 (2019) du Conseil de sécurité.

25 février : démantèlement des postes de contrôle
Les forces de sécurité maliennes ont appliqué la décision du Premier ministre Boubou Cissé de démanteler des postes de contrôle le long d’une route principale. Les forces de sécurité maliennes ont appliqué le lendemain 26 février la décision du Premier ministre Boubou Cissé de démanteler des postes de contrôle le long d’une route principale.

4-6 mars : le PM rend visite aux FDS-R
Le Premier ministre Boubou Cissé Cissé a effectué une visite officielle à Kidal, Aguelhok et Tessalit, accompagné de huit ministres du gouvernement et de représentants de la communauté internationale, notamment du Groupe de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. La délégation a visité l’unité reconstituée des forces armées maliennes à Kidal et a vu un certain nombre de projets d’infrastructure.

16 mars : renforcement de la coopération frontalière
Les Ministres burkinabé et malien de la Défense se sont rencontrés à Bamako en vue de renforcer la coopération militaire dans la région du Lipatko- Gourma.

18 mars : le rapport accablant de la MINUSMA sur Ogossagou
La MINUSMA a publié les conclusions d’une mission d’enquête sur l’attaque ayant eu lieu le 14 février à Ogossogou (région de Mopti) et sur les violations des droits de l’homme qui y ont été perpétrées. Il en ressort que des hommes armés de la communauté dogon avaient planifié, organisé et mené cette attaque, au cours de laquelle au moins 35 Peuls (29 hommes, 1 femme et 5 enfants) ont été tués et 3 autres blessés, 19 étant toujours portés disparus.

19 mars : une attaque à Tarkint fait 30 morts et 20 blessés
Une attaque à Tarkint, fait 30 morts et 20 blessés. Le matin du 19 mars, les djihadistes attaquent un poste militaire de l’armée malienne à Tarkint1. Les assaillants sont plusieurs dizaines, avec des véhicules et des motos. Le 19 mars, l’armée malienne fait initialement état de deux tués et dix blessés, mais le lendemain elle revoit son bilan à la hausse et annonce que ses pertes sont de 29 tués et 5 blessés. Les corps sont acheminés à Bourem.
L’attaque est revendiquée le 21 mars par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Dans son communiqué de revendication, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans affirme également s’être emparé de neuf mitrailleuses lourdes, de trente fusils Kalashnikov, de cinq mitrailleuses PKMS, de quatre obus de type SPG-9, d’un obus de RPG-7, d’un 1 Hawn 60mm, de plusieurs véhicules et de grandes quantités de munitions.

25 mars : enlèvement de candidats et de dirigeants locaux
Les législatives de mars-avril 2020 resteront marquées surtout par l’enlèvement de candidats, de dirigeants locaux, de chefs coutumiers et d’agents électoraux, la destruction de matériel électoral et des pressions exercées par des groupes armés.
Le chef de l’opposition et Président du parti Union pour la République et la démocratie, Soumaïla Cissé, aurait été enlevé par des extrémistes violents alors qu’il faisait campagne dans son bastion de Niafunké (région de Tombouctou).
Il était aux alentours de 15 heures mercredi 25 mars quand les deux 4×4 composant la délégation du candidat Soumaïla Cissé, président de l’Union pour la République et la démocratie (URD) et chef de file de l’opposition malienne, en campagne pour les élections législatives dans le cercle de Niafunké, quittait Saraféré pour se rendre à Koumaïra à moins d’une vingtaine de kilomètres de là. Depuis, plus aucune nouvelle du président de l’URD, son téléphone ainsi que ceux des douze personnes qui l’accompagnaient sont injoignables. La délégation n’arrivera jamais à destination, et à Bamako, l’alerte est donnée via un communiqué diffusé par le parti du candidat. Sur les réseaux sociaux, la nouvelle se propage comme une traînée de poudre et les interrogations succèdent à l’étonnement : qui sont ceux qui ont enlevé Soumaïla ? Pour quelle raison ? Comment va-t-il ?
Le gouvernement malien confirme l’enlèvement du chef de file de l’opposition via un communiqué télévisé sur la première chaîne publique malienne ORTM, assurant les Maliens que lui tout autant que les partenaires internationaux « appliquent toutes les dispositions pratiques pour retrouver les portés disparus et les ramener à leur famille ». Les activités de recherche débutent associant la Minusma et Barkhane, dans le but de retrouver le député et de le ramener sain et sauf.
Le lendemain, jeudi 26 mars, aux alentours de 11 heures du matin, lors d’un point de presse au QG de l’URD, le secrétaire à la communication du parti, Me Demba Traoré, prend la parole : « Nous avons reçu des informations selon lesquelles la délégation a été scindée en deux groupes : un premier groupe de cinq personnes est arrivé à Saraféré ce matin aux alentours de 7 h 30. Une partie de ce groupe a été envoyée à Niafunké, car il y avait deux blessés. […] Ils ont été enlevés par un groupe armé, dont nous ne connaissons pas l’identité. Au cours de leur enlèvement, il y a eu des tirs, deux personnes ont été blessées, et le garde du corps, touché par balle, qui est décédé, il s’appelait Mohamed Cissé. Son corps a été envoyé à la morgue du centre de référence de Niafunké ce matin. » Selon Me Traoré, aucune négociation n’a été engagée avec les ravisseurs, aucune rançon n’a été demandée. Le secrétaire à la communication a néanmoins affirmé que Soumaila Cissé ainsi que les sept personnes restantes de sa délégation se portaient bien.
Au soir du 26 mars, plus de 24 heures après son enlèvement, Soumaïla Cissé restait toujours introuvable sans qu’on connaisse l’identité des ravisseurs et la raison de l’enlèvement du chef de la deuxième formation politique du pays.

25 mars : création de la Police territoriale
Après concertation avec les mouvements signataires, le Conseil des ministres a adopté le projet de loi portant création de la police territoriale qui sera présenté à l’Assemblée nationale et le décret y relatif. Il est prévu que les unités de la police territoriale aident les maires à faire appliquer les règles fiscales locales ; maintiennent l’ordre public et assurent la sécurité des services techniques dispensés à l’échelle municipale et des services déconcentrés de l’État.

29 mars : 9 civils tués dans l’explosion d’une mine à Niafunké
Neuf (9) civils ont été tués dans l’explosion sur une mine d’un véhicule de transport en commun dans le cercle de Niafunké (région de Tombouctou).
Les neuf passagers à bord du véhicule ont été tués sur place, selon notre correspondant dans la zone. Et d’ajouter: « parmi les victimes, se trouve l’artiste Hamma Sangaré, percussionniste du feu Aly Farka Touré». C’est un axe fréquemment emprunté par les transports en commun pour rallier Mopti directement ou y quitter pour Niafunké, Tonka, Goundam, Dire et Tombouctou.
Les attaques des groupes armés sont fréquentes dans cette zone qui échappe au contrôle des forces armées régulières.
Mercredi 25 mars, le chef de file de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé, a été enlevé dans la zone avec sa délégation pendant qu’il était en campagne pour les élections législatives. Il a été enlevé par des individus non encore identifiés et reste toujours introuvable, a annoncé son parti au lendemain du rapt.

6 avril : l’attaque de Bamba fait 25 morts et 6 blessés FAMa
Le matin du 6 avril 2020, les djihadistes attaquent le camp militaire de Bamba, dans le cercle de Bourem. Les assaillants arrivent avec des véhicules et des motos et s’en prennent aux militaires maliens retranchés dans une ancienne auberge convertie en camp militaire. Les djihadistes détruisent ou raflent du matériel militaire, puis se retirent.
Le jour même de l’attaque, des élus locaux font état après de l’AFP d’au moins une vingtaine de morts dans les rangs de l’armée malienne. Aucun civil n’a été tué. Le lendemain, le gouvernement malien annonce que l’attaque a fait 25 morts et six blessés du côté de l’armée et affirme qu’une dizaine d’assaillants ont été « neutralisés ».
L’attaque est revendiquée le 10 avril par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Dans son communiqué de revendication, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans déclare pour sa part avoir « éliminé » environ 30 soldats.
Le chef djihadiste Abou Yehyia al-Djaizari, le successeur de Djamel Okacha, est grièvement blessé et succombe vers fin avril 2020.

11 avril : attaque du camp de Soufouroulaye
Des terroristes présumés ont attaqué le camp de Soufouroulaye, dans lequel vivent 292 ex-combattants participant au programme de lutte contre la violence communautaire. Cinq personnes ont été blessées.

13 avril : les remarques de l’observateur indépendant
L’Observateur indépendant de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali a publié son dernier rapport, dans lequel les retards pris dans le nouveau découpage administratif et territorial et les problèmes relatifs au redéploiement des unités reconstituées de l’armée dans le nord ont été recensés comme étant les principaux obstacles à la mise en œuvre de l’Accord.

28 avril : 11 Dogons tombent dans une embuscade
Dans le cercle de Koro, 11 Dogons qui venaient de participer à des pourparlers de paix seraient tombés dans une embuscade qu’aurait tendue une milice affiliée à leur communauté.

30 avril : publication du rapport trimestriel de la MINUSMA
La MINUSMA a publié son rapport trimestriel sur les violations des droits de l’homme. Depuis le début de l’année 2020 jusqu’à la fin du mois de mars, 598 cas de violation des droits de l’homme ou d’atteinte à ces droits ont été recensés, soit une augmentation de 61,21 % par rapport aux trois mois d’octobre à décembre 2019. Les forces de défense et de sécurité maliennes, dont certaines composantes opèrent sous l’égide du G5 Sahel, ont été les auteurs de 119 exécutions extrajudiciaires, 32 disparitions forcées et 116 arrestations arbitraires. Les faits se sont produits pour la plupart dans les régions de Mopti et de Ségou. D’autres violations auxquelles ont participé les forces armées nigériennes ont eu lieu dans la région de Ménaka.

5 mai : 39e session du CSA
Le Comité de suivi de l’Accord a tenu sa trente-neuvième session au quartier général de la MINUSMA, en tenant compte des restrictions imposées compte tenu de la COVID-19. Les participants se sont prononcés en faveur de la participation de six femmes aux travaux du Comité à partir de la réunion suivante et ont demandé instamment aux parties de hâter la phase de « rattrapage » du programme accéléré de désarmement, de démobilisation et de réintégration ou d’intégration des ex-combattants en vue d’atteindre l’objectif fixé, à savoir le redéploiement de 3 000 éléments dans le nord du Mali.

5 mai : Maliens et Burkinabè discutent des réfugiés
Les Ministres burkinabé et malien des Affaires étrangères se sont entretenus par visioconférence sur la situation des 6 514 réfugiées maliennes et réfugiés maliens vivant dans le camp de Mentao, près de Djibo, dans le nord du Burkina Faso à la suite de violations présumées des droits humains de réfugiés dans le camp.

6 mai : déploiement interrompu autre compagnie des FDS-R
Le déploiement d’une autre compagnie de l’armée reconstituée, de Gao à Kidal, a été interrompu à la suite de désaccords entre les parties signataires. Dans une lettre datée du 16 mai adressée au Président du Comité de suivi de l’Accord, la Coordination des mouvements de l’Azawad a indiqué que, contrairement à ce qu’il avait été convenu, ses combattants dans la compagnie reconstituée ne représentaient pas un tiers de l’unité.

7 mai : les effectifs déployés au Nord
1 189 éléments avaient été déployés dans le nord dans le cadre des unités reconstituées des forces armées nationales, comme suit : 357 à Gao, 400 à Kidal, 104 à Ménaka et 328 à Tombouctou. Au total, 397 d’entre eux sont issus des forces armées et 792 sont d’ex-combattants des groupes armés que sont la Coordination des mouvements de l’Azawad et la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d’Alger et de certains groupes armés non signataires.
Les 538 autres (sur 1 330) ex-combattants intégrés dans les forces armées ont été redéployés en tant qu’éléments des unités antiterroristes de la Garde nationale après la signature d’un accord en décembre 2019 entre les parties maliennes. Ils sont déployés à Bamako, dans le sud et dans le centre du Mali.
10 mai : 3 Casques bleus tués à Ménaka
L’attaque à l’engin explosif improvisé contre la MINUSMA à Aguelhok (région de Kidal). Trois Casques bleus ont été tués et quatre autres grièvement blessés.
LA RÉDACTION

Source : INFO-MATIN

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