Patrimoine culturel en milieu post conflit : Les experts s’y penchent

Afin de développer des stratégies d’information et d’éducation des jeunes aux valeurs patrimoniales des sites, monuments, manuscrits et autres biens culturels du Mali, le bureau de l’UNESCO à Bamako en collaboration avec le Département Afrique de l’UNESCO a organisé les 25 et 26 janvier 2016 un atelier d’échanges, de conception et d’élaboration de supports pédagogiques sur le patrimoine culturel en milieu post conflit.

ndiaye ramatoulaye diallo ministre culture artisanat tourisme Lazare Eloundou unesco saamuel sidibe musee nationale

L’atelier a regroupé une trentaine de participants entre autres le Chef du Bureau de l’UNESCO à Bamako, M. Lazare Eloundou, Mme Hyeon Ju Kim, spécialiste de programme du Département Afrique, M. Baba Kéita, consultant auprès de l’UNESCO, M. Boubacar Diaby, directeur du palais de la Culture, le conseiller au patrimoine du Ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, M. Ali Ould Sidi, des spécialistes de programmes scolaires du Ministère de l’Education nationale.
Il faut rappeler que le patrimoine culturel au Mali se singularise par sa diversité et surtout par son immense potentiel d’expression de fortes identités culturelles et territoriales qui  s’expriment, entre autres, à travers sites et monuments ; édifices religieux, objets culturels, pratiques et savoir-faire divers.

Pour ce faire, des mesures législatives, réglementaires et administratives ont été prises afin de soutenir cette politique de protection/promotion  et des structures de gestion de proximité du patrimoine (Missions Culturelles, Musées Régionaux, Banques culturelles, espaces culturels, etc.) ont été créés en vue de mieux  faire connaitre et protéger ce patrimoine.

Cependant, cette volonté politique se trouve souvent confrontée à de sérieux défis, entre autres: l’insuffisance de communication sur le patrimoine et son importance, la faible appropriation par les populations riveraines des valeurs historiques et patrimoniales, sensées être leur émanation; la quasi indifférence des nouvelles générations au sort qui les sont réservés par l’action de l’homme et de la nature.

Cette situation s’est amplifiée par la crise politique et sécuritaire que le pays traverse depuis 2012 qui a engendré d’autres facteurs aggravants de l’état de conservation du patrimoine culturel. C’est dans l’optique de contribuer à une plus grande prise de conscience des jeunes des nombreuses valeurs dont est porteur le patrimoine culturel, que s’est tenu cet atelier de deux jours.

Mme Hyeon Ju Kim du Département Afrique de l’UNESCO s’est dite satisfaite des résultats obtenus à l’issue des deux jours des travaux. Elle a réitéré sa disponibilité de tout mettre en œuvre afin que ce projet très concret puisse aboutir, notamment  avec la production et la diffusion de posters et de cahiers d’écoliers portant des images du patrimoine, ainsi que des messages de sensibilisation aux valeurs de confiance en soi, de tolérance et de respect mutuel.
M. Lazare Eloundou, quant à lui, s’est dit convaincu que ce projet de l’UNESCO aboutira et que les supports pédagogiques élaborés toucheront un grand nombre de jeunes et d’adultes en vue d’une meilleure appréciation de notre patrimoine culturel.

A l’issue des travaux, un modèle illustré de couvertures de cahier d’élève a été proposé pour servir de support pédagogique, une définition adaptée à la jeunesse de l’expression «patrimoine culturel», des messages de sensibilisation et un texte de présentation et d’explication des sites sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO comme les biens culturels de Tombouctou, les Falaises de Bandiagara, les Villes anciennes de Djenné, le Tombeau des Askia à Gao, les manuscrits anciens, ainsi que d’autres biens culturels du Mali.

Kalifa SIDIBE

 Source: L’Express de Bamako

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published.