Musée de Sikasso : l’antre de la culture Senoufo

Aider à la sauvegarde et à la promotion de la culture sénoufo, aider le monde sénoufo à s’ouvrir à d’autres perspectives socioculturelles susceptibles de contribuer à son rayonnement, œuvrer à la rencontre et au dialogue avec les différentes expressions confessionnelles et culturelles tels sont, entre autres, les objectifs primordiaux du Centre culturel sénoufo de Sikasso. Le Centre dispose de près de 1.200 objets répartis entre ses deux salles d’exposition et ses deux salles de stockage. Parmi les collections du Centre, on peut noter des statues et statuettes en bois, bronze et en terre cuite qui sont parfois sacrées et dont l’usage est réservé aux initiés, les masques de culte et de réjouissances, les instruments de musique, les mobiliers notamment les chaises, tabourets, lits traditionnels, lits mortuaires et les sculptures. L’importance de ces objets culturels a amené les autorités à accompagner ce haut lieu de la culture senoufo.

 

Dans le cadre de la mise en œuvre de son projet de développement, une mission d’experts en muséologie conduite par le directeur national du patrimoine culturel Modibo Bagayogo a été reçue au centre culturel. La mission comprenait, entre autres, l’ancien directeur adjoint du Musée national, Salia Mallé et l’ancien directeur de l’école du patrimoine culturel africain (EPA), dont le siège est au Bénin, Fallo Babba Keita.

Cette mission visait à renforcer les capacités du personnel en techniques de conservation, de sécurisation, de classification, de nettoyage et de sauvegarde des objets du musée. Ces activités qui ont regroupé outre le personnel du Centre sénoufo, les représentants du musée régional, de la direction régionale de la culture et de la mission culturelle, prendront fin au mois de mai.

Dans la cour du musée, une vingtaine d’étagères en cimaise et une dizaine de supports de vitrine sont déposés un peu partout. De nombreuses statues et autres objets y sont également étalés. Les agents du Musée, habillés de la tenue de leur structure, font des va-et-vient pour évacuer les objets d’une salle à une autre. Certains techniciens travaillent sur les cimaises et d’autres sur les supports de vitrine. Depuis l’entrée, on constate des maçons qui s’affairent à la construction de la salle d’accueil. Le responsable du Centre, le père Bruno Ssennyondo indique que la Mission est soutenue par l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne. Il salue l’initiative qui est venue à point nommé car les objets du Centre, au fil du temps, allaient se détériorer sans aucun accompagnement.

Selon l’ancien directeur adjoint du Musée national, Salia Mallé, la Mission a priorisé trois principaux objectifs. Primo, l’amélioration du cadre de vie des objets. Ce qui consiste à faire un diagnostic du bâtiment où sont stockés les objets pour savoir s’il n’y a pas d’infiltration d’eau, des problèmes de sécurité et la confection des structures. Secundo, révèle-t-il, la mission reprendra les anciennes expositions qui étaient en place. «Nous allons faire en sorte que les objets soient la vitrine du musée», précise-t-il ajoutant qu’ils vont mettre en place deux salles d’exposition.

La première sera réservée aux activités économiques notamment les objets destinés à la chasse, la cueillette, l’agriculture et l’artisanat. La deuxième salle sera basée sur la vie religieuse notamment l’initiation, la musique, la danse, la gestion de la terre et les funérailles. Tertio, le renforcement des capacités de tout le personnel du Musée sur les techniques de gestion et de documentation des objets. Une exposition est prévue en fin mai. Par ailleurs, Mallé révèle qu’à présent ils ont trois proposions de titre pour l’exposition des objets du Centre qui aura lieu à la fin de leurs activités. Il s’agit, entre autres, de «Sénoufo : de terre et d’esprit», «Sénoufo : par la terre et par l’esprit» et enfin «Sénoufo : Dieu, la terre et les esprits».

Pour l’ancien directeur de l’école du patrimoine culturel africain (EPA) au Bénin, Fallo Babba Keita, la mission consiste à réhabiliter les collections du Centre tout en conservant ses objets. Pour ce faire, poursuit-il, on doit organiser l’ensemble des locaux pour qu’ils correspondent à l’éthique du musée et qu’ils soient un espace fonctionnel. «Nous tiendrons également compte de la sécurité des collections, des prévisions contre les catastrophes naturelles, les incendies et les malveillances», souligne-t-il. Il ajoute aussi qu’ils chercheront des solutions aux problèmes d’éclairage et de surveillance de la structure.

«L’aboutissement, c’est pour la mise en valeur des collections pour qu’elles puissent participer à l’éducation des enfants», précise-t-il. Keita affirme qu’ils ambitionnent de monter une exposition qui parlera non seulement de la culture sénoufo mais qui illustrera aussi beaucoup de textes, d’audiovisuels et d’animations basés sur la culture senoufo. Arouna Sanogo est stagiaire au Musée régional de Sikasso. Il a suivi la formation théorique de la mission des experts en muséologie. Il a souligné que la formation la édifié sur les techniques de conservation et de gestion des objets. «Les objets doivent être conservés et entretenus dans un endroit bien approprié tel que les vitrines», dit-il. Il appelle les jeunes à promouvoir et valoriser leur culture car, c’est cela qui permet de se connaitre soi-même.

Mariam F. DIABATÉ
Amap-Sikasso

Source : L’ESSOR

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