Culture : WEEK-END LITTÉRAIRE À SIKASSO

La capitale du Kénédougou a abrité jeudi et vendredi, le lancement et la dédicace de deux livres sur la culture senoufo et
 l’organisation du premier café littéraire

monument bienvenue KENEDOUGOU SikassoLe premier café littéraire et la dédicace de deux livres « les devinettes senoufo » et « les kôrêdugaw en milieu senoufo », ont regroupé jeudi et vendredi à Sikasso, les autorités administratives, les chefs des services régionaux, de nombreux hommes de culture et les responsables des établissements scolaires de la localité.

Les deux événements ont été organisés par le Centre de recherche pour la sauvegarde et la promotion de la culture senoufo, en collaboration avec la direction régionale de la culture de Sikasso.
« Les devinettes senoufo » est un ouvrage de 100 pages écrit par un compatriote, Yaya Mpê Bamba, et un Français, Bernard Delay. Édité par les éditions Harmattan du Burkina Faso, il présente 155 devinettes.
Les devinettes font partie du grand répertoire de la tradition orale au même titre que d’autres genres comme les énigmes, les charades et les proverbes. En milieu senoufo, les devinettes sont liées au monde des enfants et adolescents. Elles s’inspirent de la vie quotidienne et sont constituées de questions-réponses.
« Les kôrêdugaw en milieu senoufo » est un ouvrage de 123 pages, écrit par deux compatriotes, Tiémoko André Sanogo et Madou Diakité, et le Père allemand Andreas Göpfert, directeur du centre senoufo de Sikasso. L’objectif recherché par les auteurs est de faire connaître les « Kôrêdugaw », appelés les «  Mwpubi » en milieu senoufo, et d’assurer la promotion de cette culture fortement menacée, inscrite par l’UNESCO sur la liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.
Le livre propose deux parties qui aident à découvrir l’univers des « kôrêdugaw » ou « Mwpubi », leur philosophie et leur sagesse en décrivant les différentes étapes initiatiques. Les « kôrêdugaw » sont des acteurs de la paix du fait de leur rôle éminemment important dans la gestion des conflits communautaires.
Ces œuvres font partie de la collection « Wu Nire », nos racines en senoufo, et constituent la continuité des ambitions du fondateur du centre senoufo de Sikasso, le père Emilio Escudero. Cette collection a déjà publié d’autres ouvrages sur les Senoufo, notamment le royaume du Kénédougou et sa capitale Sikasso, les contes senoufo.
Pour le directeur du Centre senoufo, l’organisation de cet évènement culturel fait suite à l’interpellation faite par les ressortissants de Sikasso, lors de la dédicace de l’ouvrage sur le royaume du Kénédougou à Bamako. Pourquoi délocaliser un évènement culturel de Sikasso à Bamako, s’était alors interrogé le père Andreas Göpfert.
Le représentant du conseil régional, Samba Sanogo, a salué les initiatives du Centre senoufo qui vient d’accompagner la publication de quatre livres sur la culture de la localité. La culture est le socle de tout développement, a-t-il jugé en promettant l’accompagnement du conseil régional à ces initiatives.
Pour le directeur de cabinet du gouverneur, Intalhamt Ag Erzaye, les auteurs de ces ouvrages, avec la collaboration du Centre senoufo et de la direction régionale de la culture, honorent la région de Sikasso en matérialisant et en cristallisant dans leurs livres des pans précieux de notre patrimoine culturel immatériel.
Le thème du Café littéraire qui a suivi la dédicace était « la filière du livre, de l’auteur au lecteur, quelle est la place de l’éditeur et du libraire ? ». Au cours de ce premier café littéraire qui a regroupé, les représentants des éditions Jamana de Bamako, de l’Harmattan du Burkina Faso, les auteurs des livres, le directeur de l’Ong culturelle Acte Sept et des libraires de la place, des questions, contributions et échanges sur la filière du livre, ont été édifiants.
Les éditeurs ont expliqué la chaine de valeur du manuscrit à la confection du livre, c’est-à-dire les différentes étapes de l’édition. L’importance de la lecture peu pratiquée au Mali, le coût élevé du livre et les difficultés de plusieurs libraires transformés en papetiers à cause de la mévente ont été, entre autres, évoqués. Les participants ont également souligné le rôle important des bibliothèques dans la promotion de la lecture.
En marge du café littéraire, les participants ont visité l’exposition -vente de livres et malles pédagogiques publiés par les éditions Jamana, l’Harmattan du Burkina Faso, Acte sept, Centre senoufo et la librairie Bah du Grand hôtel de Bamako.
F. DIABATE
AMAP-Sikasso

source : Essor

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