2ème Edition de Journées Culturelles de l’association Soumaoro Kanté : «L’histoire a été transformée pour préserver des intérêts mercantiles»

La déclaration a été faite par Me Alfousseyni Kanté, le secrétaire général de l’association Soumaoro Kanté, le samedi 17 novembre dans l’amphithéâtre de la Maison des Aînés où s’est tenue une conférence-débat sur les problématiques de la falsification de l’histoire du Mandé en général et de celle de Soumaoro Kanté en particulier. Pour leur deuxième sortie sur la question, les descendants du roi Sosso s’étaient consacrés au thème «Soumaoro Kanté Bâtisseur d’un Royaume puissant à l’image d’un Etat moderne ». L’événement a mobilisé le Président et artisan de l’association, Drissa Kanté, la présidente des femmes, Doussou Kanté, ainsi que des militants et militantes venus de plusieurs contrées de l’intérieur du Mali.

Parlant du thème, le principal conférencier, Me Alfousseni Kanté, dira que l’état est représenté par trois symboles : le territoire, un peuple et un pouvoir politique. Et qu’au 13è siècle, le royaume Sosso incarnait ces symboles, forgé par Soumaoro en son temps. D’où le choix de ce thème, pour rappeler qui était l’homme.

Soumaoro Kanté et les Mandékas

La vraie pomme de discorde entre Soumaoro et les Mandékas serait liée à la lutte contre l’esclavage. En effet, précise Me Kanté, Soumaoro Kanté considérait cette pratique comme une source de paresse contraire au développement économique. Une thèse confirmée selon lui par feu Wa Kamissoko, lors du célèbre «colloque de la Fondation SCOA tenue en 1975».  Qualifié de despote, la chute de Soumaoro Kanté «est l’œuvre des chasseurs du Mandé», a-t-il expliqué.

Soumaoro et la Charte de Kouroukanfouga

Contrairement à une tendance largement  véhiculée, «Soumaoro Kanté fait partie des artisans de la charte de Kouroukanfouga, une œuvre de plusieurs générations, qui a commencé avec la dynastie des Kamara », selon Me Kanté. En effet, le 1er article de la charte consacré au droit de propriété «l’usus, le fructus, l’abusus» est énoncé en ces termes : «les sources de la propriété sont l’héritage, le fruit du labeur, la donation, tout autre bien retrouvé avec un homme était considéré comme la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui autrement dit le vol», est de Soumaoro Kanté, soutient-il, de même qu’il est à l’origine de l’’interdiction de la chasse pendant les travaux champêtres, la répartition des espaces, entre autres. En effet, Soumaoro imposait à chaque village d’entretenir un espace où les espèces étaient jalousement sous contrôle et servaient de pharmacie traditionnelle.

Soumaoro Kante est-t-il  Niamakala ou Forgéron

Si on trouve des forgerons Konaté, Sissoko, Kanouté, Doumbia, Sinayoko, Bagayogo, Coulibaly, Daniogo, Soumaoro, le nom Kanté n’a jamais été Niamakala, mais Forgeron avec maîtrise de tous les métaux, le bois et une connaissance des mines. Et pour cause, en fouillant dans l’histoire de l’antiquité jusqu’à la période contemporaine, aucun homme de caste n’est devenu Mansa. Et de conclure que l’histoire du Mandé a été transformée pour préserver leurs intérêts mercantiles.

A préciser que le but du conclave périodique est de magnifier la fraternité entre Kanté et familles apparentées, dans une dynamique culturelle d’identité et de développement, à travers une large communauté transnationale de célébration du SOSSO et du Roi Soumaoro Kanté. Ses objectifs sont donc, entre autres, la consolidation des liens de fraternité entre différentes familles du SOSSO incluant toutes les couches et la diaspora, la recherche et la diffusion des savoirs sur l’héritage du SOSSO et de ses grands hommes en vue de rétablir les altérations de la vérité historique dans l’imaginaire, de lutter contre les préjugés et les anathèmes nourris par l’ignorance.

Amidou Keita

Le Témoin

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