Croyance : Une adhésion pleinement consciente

Dans un opuscule traitant des étendues de l’islam, un théologien situant la perception de l’univers par l’homme en général, le limitera à un seul niveau de réalité, défini par l’espace et le temps. Suivant cette conception, l’homme a entretenu tout au long de son histoire, des rapports mouvementés avec la nature qu’il a tenté de conquérir et dominer, développant en même temps diverses fausses croyances. Pour le théologien, le message de la Révélation a libéré l’homme de toutes ces formes antérieures de cultes et d’idéologies à l’encontre de la dignité humaine, en lui restituant sa place dans l’univers.

Ainsi le musulman voit dans la création l’œuvre de l’Unique, la manifestation de ses signes et de sa gloire, en témoignant que «Rien n’arrive sans la volonté du Tout-Puissant». Il est dit à ce propos que : «Toutes les créatures dans les cieux et sur la terre se soumettent au Tout-Puissant, bon gré, malgré, et seront ramenées vers lui» (III-83).

Cependant, parmi les êtres créés, seul l’homme peut se soumettre defaçon pleinement consciente, tel qu’il en est dit dans le Livre saint : «Si ton Seigneur l’avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. Est-ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ?» (10-99) Le théologien estime donc que le vrai musulman ne subit pas cette soumission, mais l’assume activement, par un choix représentant l’acte capital de toute vie humaine, car à l’homme, il a été donné l’intelligence entre toutes les autres créatures : «Nous lui avons montré la voie, qu’il soit reconnaissant ou ingrat», (76-3) est-il dit notamment.

L’homme est ainsi dans l’islam une créature «douée d’une intelligence capable de concevoir l’Absolu et d’une volonté capable de choisir ce qui y mène». Cette intelligence lui permet de comprendre les clés de cet univers dans lequel il évolue, libéré de toutes entraves.

L’être humain a donc la possibilité d’utiliser tous ses outils de connaissance pour chercher à se développer, tirer de l’univers ce dont il a besoin pour assurer sa subsistance, l’améliorer. Il apparaît ainsi que la notion de progrès n’est pas étrangère à l’islam.

L’univers est pour lui un grand livre ouvert devant les hommes, qu’ils se doivent de regarder, d’y mener des investigations. à travers différents passages des Révélations coraniques, il est fait cette recommandation à l’être humain : «Considérez ce qu’il y a dans les cieux et la terre», à titre d’invitation à rechercher dans la création, les marques de la puissance infinie du Seigneur, origine de l’essor des sciences.

L’islam qui n’est en marge d’aucun aspect de la vie, se trouve confronté tout au long de l’évolution de l’homme, aux nouveaux phénomènes résultant de ce progrès. Il fait ainsi recours à la réflexion juridique de ses oulémas. Il est rapporté à cet effet un hadith sur l’envoi d’un missionnaire par le Messager (PSL) dans une région qui venait d’être acquise à la cause de l’islam.

«Comment feras-tu pour y juger ?» lui avait demandé le Guide de l’islam. «Je regarderai dans le livre du Seigneur», dit le missionnaire. «Et si tu ne trouves pas dans le livre du Tout-Puissant». «Je regarderai dans la Sunna du Prophète. «Et si tu ne trouves pas dans la Sunna ?». «Je ferai un effort pour dégager une opinion et je ne serai pas insoucieux en cela», avait-il dit. Pour les oulémas, diverses tendances se sont écartées de ces recommandations.

A.K.CISSÉ

Source: L’Essor- Mali

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