Crise post électorale: l’association AIP prêche la bonne volonté des candidats

La maison de la presse a abrité, le jeudi dernier, un point de presse organisé par l’association ‘’Action pour l’intérêt du peuple’’ (AIP), pour faire du regret des responsables de l’association, suite à l’attitude de certains candidats qui annonçaient leur victoire avant même la proclamation des résultats par les autorités compétentes.

Le point de presse était animé par M. Abdoulaye FOFANA, président de l’association, en présence de M. Almamy Bah, conteur traditionnel, de M. Sory DIARRA, représentant du président du Conseil national des jeunes de la commune V. Appeler les maliens au calme, pour éviter une crise post électoral, voilà l’objectif de ce point de presse.
M. Fofana s’est dit fier du gouvernement malien, qui a pu organiser une élection sur fonds propres, malgré le contexte de crise. « Nous ne pouvons qu’être fiers de notre pays pour cette belle expérience. Depuis que le Mali existe, c’est la première fois qu’un gouvernement organise une élection présidentielle sur le budget national. Je crois que cette fierté doit être unanime », a-t-il dit. Cependant, M. Fofana n’a pas caché son inquiétude face à l’attitude d’un candidat qui se dit déjà gagnant du 2ème tour, avant même la proclamation provisoire et officielle, respectivement du Ministère de tutelle et de la cour constitutionnelle. Selon lui, ce comportement, de la part d’un camp, provoque cette crise postélectorale que craint tout malien digne de ce nom. « Nous sommes inquiets de cette situation qui ne présage pas une quiétude dans notre pays. Nous ne sommes pas pour un candidat ou un autre. Nous sommes objectifs dans nos actions et déclarations. Mais nous ne sommes pas d’accord, si on touche à la quiétude de notre pays. Nous en appelons à la retenu de ces candidats qui veulent créer la zizanie dans notre pays. Nous ne voulons pas de crise chez nous, encore moins une guerre civile. Nous en avons suffisamment avec la crise du Nord et du centre et on ne laissera personne en rajouter, tant que nous sommes vivants », a-t-il clamé. Il a ainsi assuré que l’AIP sera une association de veille pour le bien être de notre pays.
Le jeune Sory DIARRA, de la section CNJ de la commune V, a appelé les jeunes à se mobiliser pour un Mali en paix. Pour lui, les jeunes sont utilisés pour mettre le pays à feu et à sang et malheureusement ceux sont des victimes de la même crise. « N’acceptons pas d’être des armes pour aucun homme politique. Ne sortons pas pour créer le désastre dans notre pays et dans nos familles respectives. Si un homme politique vous demande de sortir pour une manifestation, demandez-lui de vous faire accompagner par son propre enfant. Car nous avons constaté que chaque mort ou chaque blessé, à l’issue de chaque manifestation, est issu d’une famille autre que celle des responsables qui nous font sortir. Préservons notre pays et aidons les responsables du pays à sortir notre pays de ces crises du Nord et du centre », a-t-il dit, avant d’assurer que les jeunes ne seront plus des instruments des hommes politiques.
Le sage Almamy Ba, ce communicateur de renom, a quant à lui a aussi déploré cette attitude des politiciens qui veulent mettre en mal le Mali. Selon lui, toute personne qui veut mettre le Mali à feu et à sang, n’aura pas gain de cause. «Le Mali est un grand pays, c’est pourquoi il résiste à toutes ces crises. Sinon, on a vu des pays qui ont sombré dans des crises moins graves que celles du Mali. Le Mali ne sombrera jamais, in challah. Car il regorge d’hommes de Dieu qui prient jour et nuit », a-t-il assuré. Il a ainsi promis de sillonner le centre du Mali pour parler aux peulhs et aux dogons, pour mettre fin à cette guerre insensée. « Les peuhls sont mes nobles. Je les connais et ils ne peuvent pas me dire non, grâce à mon statut de Bambadô. Je sais qu’il n’y a même pas de guerre entre ces deux populations. Car il y a des siècles que ces deux peuples se côtoient. Il y a certainement des étrangers qui sont à la base. Je le ferai, sans demander un sous à qui que ce soit. C’est cela mon rôle de griot. Si les diatiguis sont en guerre, ils ne peuvent plus nous faire des dons. Donc cette mission je me l’assigne sans l’aide de qui que ce soit. Je ne vais pas faire la médiation avec fusil, ou épée. Je vais vers eux, par mon statut de griot, et ils vont accepter, car ce sont des nobles qui respectent la tradition ! Je le ferai et je réussirai cette mission, par la grâce de Dieu et la bénédiction de mes ancêtres», a-t-il fait la promesse avec détermination.

Christelle Koné

Info-matin

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