Consommation de boisson alcoolisée : Le nouveau refuge des Bamakois

L’alcoolisme prend de plus en plus de l’ampleur dans notre société. Influence étrangère ou illusion de refuge ? Le débat est plus que jamais ouvert !
Sans détenir de  statistiques fiables, à travers les  retrouvailles et les  tours des auberges et autres lieux de distraction, on prend conscience de la grande consommation de boissons  alcoolisées par les habitants de la Cité des 3 caïmans. En effet, la consommation de boissons alcoolisées chez les Bamakois n’est plus un sujet tabou. Toutes catégories sociales, tous âges et sexes  confondus,  la consommation régulière de l’alcool est devenue anodine.  L’accoutumance s’installe petit à petit chez de nombreuses personnes.

 

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Mariam, une jeune fille de la place, affirme avoir goûté pour la première fois à l’eau de vie pour faire plaisir à son petit ami. «Mon copain est un militaire, chaque fois qu’on sort pour le foyer, j’étais gênée d’être la seule à prendre une sucrerie, tandis que je voyais les autres filles, comme les garçons, boire de l’alcool. Et mon copain disait qu’il aime voir une fille boire de l’alcool.
Pour ne pas prendre de risque de le voir séduit par d’autres filles, un soir j’ai essayé, pour lui faire plaisir. Mais je n’avais vraiment pas aimé ça, car c’était amer. Mais, petit à petit, j’ai fini par prendre y goût et maintenant qu’il est au Nord, je sors souvent pour me faire offrir 2 ou 3 petites !», avoue-t-elle en riant, assise au comptoir d’un bar-restaurant, en commune IV du District. Dans ce bar,  sur les  tables occupées par des couples, on pouvait voir les nombreuses bouteilles d’alcool vides ou entières.

A Lafiabougou, dans un «grin» de jeunes âgés entre 22 et 30 ans, on aperçoit, dans une glacière, des canettes de bières qu’ils consomment tranquillement au son de musique, autour du thé, à l’angle de la rue. Pour se mettre à l’abri de tout soupçon, ces jeunes cachent leurs canettes dans des sachets plastiques de couleur noire, pour éviter les risques de représailles  en cas de soudaine irruption parentale.  Et dans les différents clubs, boîtes de nuits, bar-restaurants et même chez les particuliers, la consommation de boissons alcoolisées est de plus en plus à la mode.

Selon M. Camara, sociologue de formation,  cette situation peut trouver son explication dans le brassage culturel  avec  la présence des différentes communautés étrangères sur notre sol d’une part.  d’autre part ajoute-t-il, la déperdition des valeurs culturelles, des mœurs et la démission des parents, sont des facteurs qui expliquent, sans justifier, la forte consommation de l’alcool chez les jeunes.

Pour  Madou Camara, beaucoup de gens acculés par les problèmes et échecs de divers ordres espèrent noyer leurs difficultés dans l’alcool. Ainsi, cette chimère échappatoire, petit à petit, crée une dépendance chez la personne avant  de la détruire.  A ses dires, la société devrait jouer sa partition afin d’éviter que, de plus en plus, les gens sombrent dans l’alcoolisme. Ce, à travers les campagnes de sensibilisation. Il faut par ailleurs que les gens évitent de se refermer sur eux même, mais également que les autorités de la place aient un regard vigilant sur les lieux de vente  et de consommation de l’alcool.
Notons que nous assistons de plus en plus à la création fulgurante de points de vente de boissons alcoolisées, sans compter le manque de contrôle d’identité sur les clients qui, souvent, sont des mineurs.
AMITA 

source : La rédaction

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