Conquête du pouvoir: L’imam Mahmoud Dicko, un animal politique… à l’assaut de Koulouba

Alors que les autorités de la Transition s’affairent à mettre de l’ordre dans la maison Mali, l’imam Mahmoud Dicko lance des pics dans le jardin des trois têtes de proue de l’exécutif. A telle enseigne qu’il brouille le jeu politique. Au même moment, Choguel Maïga cherche à recruter désespérément militants pour de futures mobilisations.

 

Après son fameux ‘’manifeste’’ qui a fait les choux gras de la presse nationale et étrangère, Mahmoud Dicko remet ça. Le désormais ancien Autorité morale du Mouvement du 5 juin a pris la parole lors de la rentrée politique de Espérance Nouvelle Jigiya Koura, (coalition présidée par Housseyni Amion Gundo) dimanche dernier au Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ, devant un public manifestement conquis.

Contrairement à ce qu’il essaye de faire croire, l’imam s’engage en politique peut être même à l’assaut de Koulouba, a en juger par ses dires, faits et gestes, depuis son retour de la terre sainte du prophète Mohamed.

Tout laisse croire donc qu’il croit dur comme fer à son étoile aux futures échéances présidentielles. « Quand j’ai vu tous ces gens de l’aéroport à chez moi, j’ai compris que je devais faire quelque chose », a lancé l’imam Dicko, faisant allusion à l’accueil que lui a réservé ses militants et autres sympathisants à son retour de l’Arabie Saoudite, il y a de cela quelques mois.

En revanche, sa position est d’autant plus paradoxale que l’imam a des ouailles au gouvernement et serait même celui qui a proposé le Premier ministre Moctar Ouane aux autorités militaires de la Transition. Que ne fut donc la surprise générale de certains Maliens d’entendre l’imam jeter à la figure de son auditoire cette phrase qui fait aujourd’hui le tour des oreilles et des bouches des bouts de bois de dieu à travers le Mali voire le monde : « On ne veut pas avoir un Président distant, un Premier ministre froid et un vice-président je ne sais quoi… ». Dès lors, on est tenté de s’interroger sur les motivations réelles de l’imam qui a clamé haut et fort et à maintes reprises son dégoût pour la chose politique et son désintéressement pour le fauteuil tant convoité de président de la république.

Depuis la publication de son ‘’manifeste’’, on lui prête de plus en plus l’intention de s’intéresser beaucoup au pouvoir. Serait-ce un faux jugement ? Rien n’est moins sûr.

Choguel cherche désespérément militants

Quand l’heure du choix des autorités de la Transition politique avait sonné, l’imam Mahmoud Dicko s’était retranché (après la chute d’Ibrahim Boubacar Keïta), abandonnant les leaders du M5 -RFP à leur triste sort, la maison a sonné creux. Des querelles de clochers sont légion entre les leaders de cette organisation apparemment doublée politiquement par les autorités de la Transition. Le poids de l’absence de l’imam se fait sentir, outre mesure.

Aujourd’hui, l’évidence est que le président du Comité stratégique du M5-RFP n’arrive pas à mobiliser. Choguel Kokalla Maïga et son groupe se gardent, toutefois, d’appeler à un rassemblement populaire à la place de l’indépendance. Pour une simple assemblée générale, le M5 peine à faire salle comble.

Que restera-t-il donc de ce mouvement hétéroclite, dont le seul fait d’arme, qui est la chute de l’ancien régime, est désormais derrière lui ?

Hachi Cissé

Source: Le Matin

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