Commerce transfrontalier : LES RÉFORMES PLUS QUE JAMAIS INDISPENSABLES

La simplification et l’harmonisation des procédures, la bonne information des acteurs, l’introduction rapide des innovations font partie des mesures en faveur du secteur privé 

Panneau frontière senegal mali

Mettre en place un environnement propice à l’émergence et au développement du privé figure parmi les grandes priorités du Gouvernement. En effet, la lettre de politique de développement du secteur privé initiée par les plus hautes autorités du pays ambitionne de faire de ce secteur un levier de la croissance. Cela passe par l’amélioration de l’environnement des affaires, la levée des contraintes qui pèsent sur les entreprises ainsi que par la promotion et le développement des PME-PMI.

Cependant des contraintes majeures limitent aujourd’hui le développement du privé. Ainsi, le secteur du commerce, surtout celui du commerce transfrontalier qui assure l’approvisionnement correct de notre pays en produits de grande consommation, vit d’énormes difficultés. Comme en témoigne la rupture momentanée du trafic sur le corridor Bamako-Dakar survenue la semaine passée. Consciente de ces obstacles, la Cellule des réformes du climat des affaires (CTRCA) mise en place pour un meilleur suivi des plans d’actions validés par le Comité mixte Etat/Secteur privé s’est réunie hier pour faire une analyse sans complaisance de la situation du commerce transfrontalier. La rencontre regroupait autour des responsables techniques des services publics chargés de la promotion du secteur privé (notamment les membres de la CTRCA et du Comité technique restreint du commerce frontalier) les opérateurs économiques, les chargeurs, les transporteurs, les transitaires et les commissionnaires de douanes ainsi que les services de l’assiette (douanes – impôts) et ceux de sécurité. Les travaux étaient présidés par le ministre délégué chargé de la Promotion des investissements et de l’Initiative privée, Moustapha Ben Barka

Cette importante rencontre a été donc l’occasion appropriée pour les services techniques de l’Etat de discuter avec les opérateurs économiques des difficultés qui handicapent le développement du commerce inter-états, de rechercher ensemble les solutions et les moyens à mettre à la disposition des acteurs du commerce en général afin de lever les contraintes à travers notamment la réduction des procédures administratives et celle des coûts et délais. Pour donner une idée de l’urgence des mesures à prendre, il faut savoir que pendant quatre années consécutives (de 2009 à 2012), les rapports de la Banque Mondiale sur le climat des affaires faisaient apparaitre une amélioration nette de la position de notre pays au classement général. Le Mali était passé au cours de cette période de la 162ème à la 152ème place.

26 JOURS A L’EXPORT. A l’inverse, les rapports de 2012, 2013 et 2014 indiquent une dégradation de la position de notre pays. Ce recul est dû entre autres aux difficultés institutionnelles et politico-sécuritaires que le pays a connues récemment. Mais il n’y pas que cela. Les indices de l’indicateur du commerce transfrontalier noté dans le dernier rapport « Doing business » révèlent des réalités peu encourageantes. Ils font apparaitre que les opérateurs fournissent une dizaine de documents différents à l’import contre six à l’export avec une somme approximative à débourser de 2,2 millions de Fcfa à l’import et de 1,2 millions de Fcfa à l’export.  Quant au délai de bouclage des démarches, il est estimé à 32 jours à l’import contre 26 jours à l’export. Il faut préciser que ces frais et ces délais évoluent en fonction des corridors empruntés.

Au-delà les efforts consentis par le gouvernement à travers une série de réformes destinées à résorber significativement les difficultés auxquelles sont confrontés les investisseurs et opérateurs économiques, il s’avère indispensable aujourd’hui de procéder à une large sensibilisation et information de tous les acteurs pour une meilleure appropriation des réformes adoptées pour l’amélioration de l’environnement des affaires.

Dans son allocution, le ministre délégué chargé de la Promotion des investissements et de l’Initiative privée, Moustapha Ben Barka, rappellera que les réformes en matière de simplification et d’harmonisation des procédures sont d’une importance cruciale pour notre pays. Il en est de même pour les réformes liées à l’informatisation et à la modernisation des structures en vue de la mise en place d’un Guichet unique électronique du commerce extérieur et des transports (GUECET).

« Les importations et exportations constituent les deux poumons de notre économie dans laquelle les transports frontaliers joue un rôle vital. Vous mesurez ainsi toute l’importance de la simplification des procédures de transit (Tri unique), de l’importance fondamentale du GUECET dont le but premier est de réunir autour d’une même plateforme électronique tous les acteurs ainsi fluidifier les procédures de pré-dédouanement, de dédouanement, de transport, de paiement des taxes et redevances, de suivi des dossiers et des trajectoires des convois de transport. Un tel outil viendra grandement simplifier la vie des agents de l’Etat, des opérateurs économiques, des chargeurs, des transitaires et des transporteurs, tout en optimisant les volumes du commerce extérieur, sources d’accroissement des recettes publiques et d’amélioration de la compétitivité des entreprises », a-t-il expliqué.

Tout en sollicitant l’implication effective du monde des affaires pour la mise en œuvre efficiente de ce nouvel outil, le ministre Moustapha Ben Barka indiquera que le département de l’Economie et des finances ainsi que les autres départements sectoriels impliqués sont fortement mobilisé pour accompagner la CTRCA et le Comité technique restreint du commerce transfrontalier pour une mise en œuvre efficiente du guichet unique électronique du commerce extérieur et des transports.

D. DJIRÉ

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