Cimbat contre le franc CFA: la fièvre gagne Bamako ?

Bamako, à l’image de plusieurs villes d’Afrique francophone, a enregistré une manifestation de jeunes, samedi dans l’après-midi, devant la Bourse du travail, à l’appel du mouvement Urgences panafricanistes, pour dire non au franc CFA, qui, selon eux, «empêche le développement». Les manifestants sous une pression des forces ont apporté leur soutien à l’activiste Kémi Seba avant d’appeler les gouvernants à se débarrasser de cette monnaie encombrante.

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Devant la Bourse du travail, les responsables des mouvements associés à cette manifestation sont montés au créneau pour dénoncer la politique française en Afrique. Une politique qui ne cesse d’appauvrir notre continent au profit de l’ancienne métropole. Le contraste d’une ‘’Afrique riche et des Africains pauvres’’ a été également dénoncé, en mettant en cause la responsabilité de l’ancienne puissance coloniale. Étaient au pupitre : le Mouvement des Sans voix ou ‘’No vox’’, Urgence panafricaniste…
« On ne peut pas se dire souverains et dépendre d’une monnaie comme le franc CFA », a déclaré Ismaël Youssef Koné, président de Urgence panafricaniste. Pour lui, la souveraineté implique pour un État d’avoir sa propre monnaie.
Fassery Traoré est responsable du Mouvement des Sans voix de Bamako ‘’No Vox’’, il a soutenu que le temps était venu pour que les dirigeants africains s’assument en vue de soustraire leurs peuples de la misère causée par l’usage d’une monnaie coloniale.
« Le franc CFA nous empêche de nous développer », affirme-t-il.
Selon des sources concordantes, deux cents personnes se sont réunies à Cotonou, la capitale économique du Bénin, quatre cents à Dakar et un nombre beaucoup plus insignifiant à Libreville (Gabon) où la manifestation a été aussitôt dispersée ainsi qu’à Bamako (Mali).
Ce geste de provocation fait écho au geste polémique de Kémi Seba, militant de la cause noire plusieurs fois condamné en France pour incitation à la haine raciale, qui avait brûlé publiquement le mois dernier un billet de 5 000 francs CFA.
En début du mois de septembre, Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Capochichi, avait été expulsé en France pour « menace grave à l’ordre public ».
À cause de cette décision d’expulsion de Kemi Seba, le président sénégalais est devenu une cible des activistes anti CFA, qui le considèrent comme une vraie incarnation de la ‘’Fançàfrique’’. Macky Sall et Allassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire sont aux yeux des manifestants des collaborateurs de l’ancienne métropole et sont au cœur de tous les complots ourdis par celle-ci contre les anciennes colonies.
Dans le pays d’origine de l’activiste, au Bénin, l’appel à manifester contre la monnaie que partagent 14 pays d’Afrique francophone, a rassemblé quelque 200 personnes, selon un journaliste de l’AFP.
« C’est un handicap sociologique, économique, politique et social », a déclaré Amadidjè Sèmevo Mondésir, qui se désigne comme « premier ambassadeur » au mouvement Non au franc CFA. « Il s’agit du combat de la jeunesse et de l’Afrique », a-t-il confié.
En effet, la fièvre du mouvement populaire, qui gagne petit à petit, les capitales de l’Afrique francophone, réuni essentiellement des jeunes dénonçant l’héritage colonial, même si dans le milieu des économistes les avis restent partagés sur ce vieux débat.
Interrogé par l’AFP, le Béninois Lionel Zinsou, de visite à Libreville à l’occasion d’un séminaire gouvernemental, a défendu le franc CFA.
Le candidat malheureux à la dernière présidentielle au Bénin, accusé par ses détracteurs d’être trop proche de l’ancienne colonie française, a regretté que la question du franc CFA soit perçue comme « un tête-à-tête entre la France et l’Afrique, la dernière phase de la colonisation ».
Selon lui, la stabilité d’une monnaie « commune » est plus importante que les débats « populistes » et les questions de « narcissisme politique », citant la Côte d’Ivoire comme succès économique.
Monnaie commune pour environ 155 millions d’habitants, le franc CFA est accusé par ses détracteurs de favoriser les intérêts de la France tandis que ses défenseurs soulignent l’importance d’une monnaie commune stable, à la différence du naira nigérian ou du rand sud-africain, monnaies flottantes, qui souffrent de la chute des cours des matières premières, calculées sur la base du dollar.

Par Sidi Dao

 

Source: info-matin

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