Cérémonie de lancement officiel de la ZES ou SIKOBO : Les balises d’une véritable intégration économique!

Accompagnés par de fortes délégations et les membres de leurs gouvernements respectifs dans la capitale de Kénédougou, les Premiers ministres de la Côte d’Ivoire, Amadou Gon Coulibaly, du Burkina Faso, Paul Kaba Tiéba et du Mali, Soumeylou Boubèye Maiga, ont coprésidé la cérémonie de lancement officiel du projet sous régional : Zone Economique Spéciale (ZES) ou (SIKOBO). Cet événement s’est déroulé à l’hôtel Cinquantenaire de Sikasso, lundi 14 mai en présence de nombreuses personnalités et des autorités administratives et locales de la 3ème région.

Ce projet, faut-il le rappeler couvre les régions de Sikasso (Mali), de Korhogo (Côte d’Ivoire) et de Bobo Dioulasso (Burkina Faso). Cette cérémonie à été aussi marquée par le dévoilement des statues des rois Tiéba et Babemba qui furent le quatrième et le cinquième roi du royaume de Kénédougou.

Dans les rues et abords des principales artères de la ville les habitants de Sikasso sont sortis nombreux pour accueillir les hôtes du jour. Le jeu en vallait la chandelle, car il s’agissait de la cérémonie de lancement officiel du projet de réalisation de la Zone Economique Spéciale (ZES) ou (SIKOBO) c’est-à-dire Sikasso-Korhogo-Bobo Dioulasso. Un projet de coopération entre le Mali- la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.

La concrétisation de cette initiative découle du leadership du PM malien, Soumeylou Boubeye Maiga. Qui lors  de ses récentes visites de travail au Burkina Faso (3 au 4 avril) et en Côte d’Ivoire (5 au 6 avril) dans le cadre du renforcement de la coopération avec les pays voisins  a mis l’accent sur les efforts à consentir pour le développement en vue de créer un environnement plus sécurisé, plus stable et plus propice à l’émergence d’une Zone Economique Spéciale (ZES) ou (SIKOBO). L’objectif visé par le projet de la ZES ou SIKOBO est de créer des opportunités d’investissements et un environnement juridique et commercial favorable notamment dans les domaines de l’agro-business, des technologies de l’information et de la communication, de la culture, du tourisme, des services médicaux, des industries manufacturières et des services financiers.

A l’occasion de cette cérémonie, le maire de la région de Sikasso Kalifa Sanogo accompagné de ses conseillers a souhaité la bienvenue aux officiels de ce projet au nom de la population de Sikasso. Selon lui, cette région  est le leur. Il s’est adressé aux Premiers ministres ivoiriens et burkinabé en ces termes :« Vous venez chez vous en compagnie de votre frère et homologue du Mali Soumeylou Boubèye Maiga pour en quelque sorte revisiter l’histoire non pas par une date nostalgique  mais pour inciter une dynamique nouvelle à cet espace qui partage une mémoire collective de plusieurs générations unies par toutes sortes de liens ».

Faire du développement économique un frein aux expansions terroristes

Pour Paul Kaba Tiéba, Premier ministre burkinabé l’histoire du royaume de Kénèdougou est riche en enseignements depuis l’époque de Tiéba jusqu’à Babemba. Il a mentionné que la région constituée par le triangle que forment Sikasso, Bobo-Dioulasso et Korhogo est une unité géographique, culturelle, économique et sociologique caractérisée par une histoire partagée. D’après lui, la Zone Economique Spéciale est l’instrument de cette vision consistant à doter ces régions de moyens afin de créer les richesses nécessaires au recul de la pauvreté et de l’insécurité. « Elle permettra ainsi l’émergence de pôles de croissance et de développement par delà les frontières dans un espace communautaire véritablement unifié »a-t-il fait savoir.

Par la suite, il dira que la réalisation de cet ambitieux projet intervient dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, que sont : le terrorisme, l’extrémisme violent et la criminalité transfrontalière organisée, qui menacent la stabilité de ces Etats. C’est pourquoi, affirme-t-il, ce climat d’insécurité traduit l’impérieuse nécessité de conjuguer nos efforts pour venir à bout de ce fléau. « Nous demeurons convaincus que le chômage, le désespoir, les frustrations diverses et la pauvreté sont autant de maux qui exposent nos populations, plus particulièrement les jeunes à l’emprise des terroristes » a-t-il déclaré, tout en nourrissant l’espoir que la ZES  soit porteuse d’un développement partagé dans cette zone frontalière aux énormes potentialités agricoles, minières, commerciales, industrielles.

Pour sa part, le Premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly après avoir remercié son homologue malien Soumeylou Boubèye Maiga pour cette initiative de rencontre et la population de Sikasso pour la qualité de l’accueil a fait un bref rappel historique sur les prouesses des rois Tiéba et Babemba Traoré du royaume de Kénédougou. Histoire d’affirmer que la Côte d’Ivoire entretient une relation séculaire de coopération et d’amitié avec notre Etat qui se consolide au fil des années.

Pour rappel, il  dira que depuis le 19 février 1977, le Mali et la Côte d’Ivoire ont mis sur pied une grande commission mixte de coopération à travers laquelle plusieurs protocoles d’accord ont été conclus couvrant les domaines les plus divers. Il a exprimé sa fierté aussi devant la bonne coopération  que ces deux pays entretiennent bilatéralement avec le Burkina Faso. De ce fait, ces trois pays réalisent ensemble de nombreux projets et programmes de développement. C’est pourquoi selon le PM ivoirien cette Zone Economique Spéciale (ZES) représente d’importantes potentialités pour le développement économique et social pour eux.

44 milliards pour booster la coopération économique entre les trois régions !

Selon lui, les investissements pour la ZES ou SIKOBO sont évalués à environs 44 Milliards FCFA, d’ou un plan avantageux pour ces trois pays. Le Premier ministre Coulibaly a déclaré que la viabilité de cette Zone Economique Spéciale doit reposer sur le développement des infrastructures devant se tenir dans la compétitivité au profit des entreprises du secteur privé, appelées a y exercé aussi. « Cette Zone rendra plus performants les échanges commerciaux entre la Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso. » a déclaré M. Coulibaly Amadou Gon.

Quant au Premier ministre du pays d’accueil, Soumeylou Boubèye Maiga, il dira que le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Mali sont intimement liés par des frontières communes ainsi que par les liens séculaires tissés par leurs populations, ayant toujours vécu en parfaite harmonie. « Notre rencontre d’aujourd’hui vise alors à rétablir les réalités historiques, culturelles et économiques qui ont toujours uni nos pays en général et les populations de ces régions cibles en particulier », a-t-il déclaré, avant d’expliquer que le lancement de cette Zone Economique Spéciale procède alors de leur volonté de donner un nouveau souffle à la dynamique d’intégration dans laquelle les pays se sont engagés dans le cadre de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). A titre illustratif, le PM malien dira que les échanges commerciaux entre les pays membres de la CEDEAO n’ont représenté que 11,5% de l’ensemble des échanges de la zone. Dans de tel contexte, affirme Soumeylou Boubèye Maïga, il revient à nos trois pays, sur la base des avantages comparatifs, de mutualiser nos moyens afin de desserrer les contraintes à l’investissement permettant ainsi de développer de nombreuses potentialités.

Selon lui, la ZES offrira aux investisseurs les infrastructures de soutien nécessaires à la production (l’énergie, les routes, les services), des incitations y compris fiscales pour augmenter le rendement des capitaux investis. « Elle sera un véritable accélérateur de la croissance économique permettant ainsi de réduire considérablement la pauvreté et d’asseoir les bases de l’émergence économique de ces pays » rassure le PM malien, avec l’argumentaire que la ZES ou SIKOBO est novatrice à plus d’un titre. Cela à la différence de nombreuses zones, notamment franches, généralement localisées sur le territoire d’un seul pays.

Elle confère, dira le PM Maïga, un rôle prépondérant aux Collectivités Territoriales concernées, notamment dans la définition des filières porteuses et des moyens de les développer, les confortant ainsi dans leur rôle de maîtrise d’ouvrage du développement économique régional.

Il s’agira donc pour nos Secteurs Privés respectifs, dans le cadre de Partenariats Public-Privé de contribuer à créer les conditions propices au développement des affaires, d’implanter des unités de production dans la Zone et de les développer. La ZES est donc perçue comme le départ d’une nouvelle ère de prospérité partagée pour nos pays et nos peuples.

Il a terminé son intervention en remerciant au nom d’IBK, les PM ivoirien et burkinabé pour l’honneur qu’ils ont fait au peuple malien d’abriter cette importante cérémonie mais aussi pour le choix porté sur la région de Sikasso pour être le cœur de la Zone.

Après l’intervention de ces trois Chefs de Gouvernement, le Ministre de l’Economie et des Finances malien Dr Boubou Cissé a présenté le projet ZES ou SIKOBO au public. A noter que cette ZES sera conduite par les ministres de l’Economie et des Finances de ces trois pays.

Visite dans la Famille ‘’vestibule’’ de Sikasso

A la veille de lancement officiel de la ZES, c’est vers 19h que les trois Premiers ministres, ont rendu visite à la famille ‘’vestibule de Sikasso qui est la réunion de trois familles : Traoré, Diamouténè, Berthé et Sanogo. Au cours des échanges, les sages ont révélé un pan de l’histoire du royaume de Kénèdougou à leurs hôtes. Cela a permis de savoir que l’arrière grand père du Premier Ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, serait l’ami de Tiéba et de Babemba Traoré (4ème  et 5ème  rois du royaume de Kénédougou). Par la voix de son porte-parole, la famille vestibule de Sikasso a exprimé sa joie d’avoir accueilli ces grandes personnalités et s’est dite honorée par la participation de Sikasso à ce projet sous régional. A cet effet, elle a offert des tenues de guerriers aux trois PM et des tenues royales pour leurs Présidents respectifs.

Cette cérémonie a pris fin par le dévoilement de nouvelles statues des rois Tiéba et Babemba Traoré.

Par Mariam SISSOKO, envoyée spéciale à Sikasso

Le Sursaut

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