Campagne agricole 2016-2017 : PRODUCTION ET PRODUCTIVITE EN HAUSSE

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Cette ambition est sous-tendue par la volonté d’accélérer la modernisation du secteur agricole et d’accroître les gains de compétitivité 

La session du conseil de cabinet élargi et conjoint du ministère de l’Agriculture et de celui de l’Elevage et de la Pêche, s’est tenue jeudi dernier à la direction des finances et du matériel du ministère de l’Agriculture. C’était en présence du ministre de l’Agriculture, Kassoum Denon, du ministre de l’Elevage et de la Pêche, le Dr Nango Dembélé, du directeur national de l’agriculture, Moussa Camara. La séance a validé le plan de campagne 2016-2017.

Kassoum Denon a saisi l’opportunité pour se réjouir de la place importante qu’accorde le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, au secteur du développement rural. Cette importance se traduit par l’affectation de 15% du budget national à ce secteur qui est le moteur du développement de notre pays. Le ministre Denon a aussi évoqué l’octroi d’importants équipements et intrants agricoles aux exploitants agricoles. « Sur le plan technique et en rupture avec une approche très sectorielle, nous avons entrepris depuis bientôt deux ans un processus de planification à court moyen et long termes du développement du secteur », a souligné Kassoum Denon qui a expliqué que cette démarche vise également la participation de tous les acteurs, avec des objectifs précis aux différents échelons administratifs.

Le ministre de l’Agriculture n’a pas manqué de saluer l’esprit de solidarité sectorielle de son collègue Nango Dembélé, de l’Elevage et de la Pêche. Cette session du conseil de cabinet élargi, a-t-il expliqué, va passer en revue le bilan de la campagne écoulée et les engagements pour la campagne à venir.

Evoquant le bilan, il a noté que le rapport d’évaluation que la campagne agricole passée a été marquée par la poursuite et le renforcement de l’appui à la production de l’Etat et de ses partenaires dans l’optique de contribuer à l’atteinte des objectifs de sécurité et de souveraineté alimentaires du pays. Il a souligné le fait que la décision d’affecter 15% du budget national au secteur du développement rural allait delà des 10% recommandés par la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de Maputo en 2003.

Le ministre de l’Agriculture a signalé que le volet subvention des intrants a été étendu aux matériels agricoles (tracteurs). La campagne a été caractérisée par un retard dans l’installation de la saison pluvieuse avec des précipitations faibles et irrégulières dans la plupart des zones agricoles du pays en mai et juin, a-t-il noté. A partir de la mi-juillet, les pluies ont été régulières et bien reparties dans l’espace et dans le temps jusqu’à la fin du mois d’octobre et au-delà par endroits. En outre les importantes pluies des mois d’août et septembre ont occasionné des inondations avec des dégâts dans certaines zones agricoles et centres urbains. Ainsi, le cumul pluviométrique saisonnier au 31 octobre 2015 est normal à excédentaire sauf dans les zones de Nara, Yanfolila, Kolondiéba et Konobougou où il est déficitaire.

Les situations hydrologiques, phytosanitaires, pastorales et zoo-sanitaires ont également enregistré un bilan positif, selon le ministre Denon. Sur le plan phytosanitaire, la situation est relativement calme et sous contrôle pour tous les ravageurs dans toutes les régions. Quant à la situation du criquet pèlerin, elle est restée calme en dépit des conditions écologiques favorables  dans les zones grégarigènes.

Globalement satisfaisante, la situation pastorale a été caractérisée par un niveau de biomasse meilleur que celui de la moyenne décennale. Le niveau de remplissage des points d’eau est jugé satisfaisant et l’état d’embonpoint des animaux bon. Sur le plan zoo-sanitaire, la situation est globalement calme et renforcée avec les vaccinations en cours.

Situation alimentaire satisfaisante. Concernant le fonctionnement des marchés, l’offre globale s’est améliorée progressivement à travers le pays, tandis que la demande est restée toujours faible, a signalé le ministre de l’Agriculture. Ceci a occasionné une stagnation voire une baisse des prix des denrées alimentaires. Au vu des conditions de disponibilité et d’accessibilité alimentaire favorables, la situation alimentaire est globalement satisfaisante. En somme, le déroulement de la campagne agricole 2015 est jugé globalement satisfaisant en dépit du retard de début de saison. Les résultats prévisionnels permettent d’espérer une bonne campagne agricole comparativement à la précédente.

Le ministre Denon a révélé que la production céréalière de la campagne agricole 2015/2016 est estimée à 8 045 669 tonnes, toutes céréales confondues. Comparée aux résultats de la campagne 2014-2015 qui ont été estimées à 6 980 733 tonnes, on note une hausse de 15,25%. Ce qui représente 100,5% des objectifs de la campagne 2015-2016 fixés à 8.005.819 tonnes.

Cette production se répartit comme suit : 2 451 321 tonnes de riz (30,5%), 2 092 033 tonnes de maïs (26%), 1 997 534 tonnes de mil (24,8%), 1 444 770 tonnes de sorgho (18%), 24 256 de fonio (0,3%), 35 756 tonnes de blé/orge (0,4 %). Pour ce qui concerne la campagne cotonnière, la production pendant la campagne agricole 2015-2016 est estimée à 550 370 tonnes. Elle était de 548.723 tonnes en 2014-2015, soit une augmentation de 18%. Cependant, grâce aux efforts fournis par l’Etat, les organisations agricoles professionnelles et les producteurs (subvention des intrants, appui conseil, paiement à temps du coton, etc.), la production cotonnière de la campagne agricole 2015-2016 a connu une nette progression. Les résultats prévisionnels, quoiqu’en deçà de nos ambitions, sont globalement satisfaisants. « Je dois signaler que ces résultats méritoires sont à l’actif des quelques 900.000 exploitants agricoles qui nourrissent nos villes et nos campagnes. Je voudrais en cette circonstance féliciter et encourager les agriculteurs, pêcheurs, éleveurs et exploitants forestiers qui œuvrent à la sécurité alimentaire de nos concitoyens», a indiqué le ministre de l’Agriculture.

Le plan de  campagne 2016-2017 a également été révélé par le ministre Kassoum Denon. Il est axé sur 23 programmes filières tout secteur confondu et 8 programmes transversaux, notamment le programme aménagements et infrastructures agricoles, le programme équipements agricoles, le programme protection des végétaux, le programme lutte contre le criquet pèlerin, le programme santé animale, le programme santé publique vétérinaire, le programme de recherche agricole, le programme structuration de la profession agricole.

Le ministre de l’Agriculture a assuré que le projet de rapport du plan de campagne 2016-2017 reflétait l’engagement des structures à augmenter la production et la productivité du secteur agricole, la structuration du monde rural, l’amélioration du bien-être des exploitants et exploitantes agricoles. Ce projet marque également, de son point de vue, leur « volonté d’accélérer la modernisation du secteur agricole, d’accroître les gains de compétitivité dans un environnement sous régional concurrentiel ».

Les objectifs de production du riz pour la campagne agricole 2016-2017 sont fixés à 2 712 956 tonnes pour une superficie de 946 656 ha, soit un rendement moyen de 2 866 kg/ha. La production attendue va connaitre une augmentation de 11% par rapport aux résultats provisoires de la campagne 2015/2016 qui étaient de 2 451 321 tonnes. La production totale de riz paddy attendue est repartie comme suit : riz de saison : 2 578 766 tonnes (95,1%), riz de contre saison : 134 190  tonnes (4,9%). La production de riz en maitrise totale, qui est le système de production le plus sécurisé au Mali, est estimée à 50,1% du riz paddy de la production totale. Les plus grandes quantités de riz sont produites dans les zones où coexistent tous les systèmes de riziculture répertoriés au Mali.

K. DIAKITE 

Source : Essor

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