Braquage sur l’axe Douekiré-Tombouctou : une équipe de journalistes de l’ORTM dépossédée de la Toyota du Gouvernorat

Adama Djimdé, directeur de la station régionale de l’Office de Radio Télévision du Mali (ORTM) conduisait à bord d’une Toyota fourgonnette récemment offerte au Gouvernorat de Tombouctou le dimanche 14 septembre dernier, une équipe de journalistes pour Douekiré, une commune rurale de Goundam située à environ 55km de Tombouctou. C’était pour réaliser un magazine sur la réconciliation nationale. La localité peuplée à la fois de peaux noires et blanches a récemment accueilli une importante communauté de refugies en provenance des pays voisins. Sur le chemin du retour vers 15h, à moins d’un kilomètre du quai de débarquement, les journalistes essuyèrent des tirs d’arme qui ont contraint le conducteur à s’immobiliser. Quatre jeunes Touaregs dont trois portaient la tenue militaire ont fait sortir les passagers pour embarquer dans leur véhicule et prendre la direction de Farache, dans la Commune d’Essakane.

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Naguère, en raison de l’insécurité grandissante, les missions dans cette partie du pays se faisaient sous escorte militaire. Nos confères croyaient-ils que la zone était sécurisée ce dimanche 14 septembre 2014 en raison de la visite à Goundam, du ministre de l’Emploi et la Formation professionnelle, porte-parole du gouvernement, Mahamane Baby pour se risquer à prendre la route sans mesure de sécurité ?

Adama Djimdé, à la fois chef de l’antenne régionale et chef de mission était accompagné du cameraman Chirfi Moulaye Haïdara, de l’animateur Almouzère Alkamissa Yattara, d’une dame et du chauffeur Aboubacrine Alassane. L’équipe était à bord d’une nouvelle Toyota fourgonnette empruntée au gouvernorat de Tombouctou qui vient d’en être doté. Elle avait réalisé un magazine sur la réconciliation nationale à Douekiré, une Commune rurale du cercle de Goundam, peuplée de noirs et de blancs. Récemment, beaucoup de refugiés ont regagné le bercail en provenance des camps de réfugiés des pays voisins. Tout s’était bien passé et dans l’après-midi, Adama Djimdé et son équipe étaient de retour. Ils vont traverser l’affluent du fleuve Niger à bord d’un bac et mettre le cap sur Tombouctou, à quelque 55 km de là. Moins d’un kilomètre après la traversée vers 15h, ils entendirent des crépitements d’armes en leur direction, en provenance des touffes d’arbres.

Les deux occupants de la cabine avant, Adama et le chauffeur sont obligés de se baisser pour esquiver des balles. Pour éviter le pire, le chauffeur s’immobilise, le cameraman eut la présence d’esprit de laisser tomber dans les touffes, sa caméra. Ce fut le seul outil sauvé. Trois jeunes Touaregs vêtus en militaire les somment de sortir et de se mettre à plat ventre. Un quatrième Touareg vêtu d’un boubou était à moto. Alors que l’un d’eux voulait fouiller à corps les passagers, les autres lui disent d’arrêter en Tamasheq car, ils n’ont pas ce temps. Ils ont embarqué à bord avec leur moto pour se diriger vers Farache dans la Commune d’Essakane, abandonnant sur place les journalistes. Alerté par les bruits des tirs d’armes le maire de Dossira, M. Aboubacar Touré est allé sur les lieux et trouva des journalistes désemparés. C’est avec le téléphone portable de ce dernier que nos confrères qui ont tout perdu dans leur véhicule ont téléphoné au gouverneur de région, le Colonel Major Mamadou Mangara.

Il a informé le préfet de Goundam qui a levé une équipe de la Garde nationale pour aller les secourir. Une autre équipe de soldats maliens s’est lancée aux trousses des braqueurs qui étaient loin avec leur butin. Le convoi de journalistes a passé la nuit à Goundam et a regagné Tombouctou le lendemain lundi. Aucun Etat ne peut se construire avec le braquage, mais plutôt le travail.

 

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