BÊTISIER du jour,10 Juin

À mesure que les rumeurs de remaniement bruissent dans les coulisses du pouvoir, le clan du Premier ministre Boubou CISSE, dans un lobbying forcené, entre en transe. Toutes les intrigues, des plus obscènes, des plus désastreuses sur l’économie et sur la riposte à la COVID-19 sont jouées et surjouées pour des gains lilliputiens. Voici votre BÊTISIER du jour.

 

Boubou : le provider de providence ?

‘’Le Gouvernement accorde un appui exceptionnel de plus de 35 milliards de FCFA pour subventionner l’engrais, faire face à la baisse des prix sur le marché international et les difficultés dues au COVID-19’’. Voici le côté sérieux, parce que les cotonculteurs avaient bandé les muscles : no subvention, no coton cette année. Mais voici comment les frotte-manches attitrés et de circonstance de Boubou CISSE présentent cette mise en scène boursicoteuse : ‘’leur (les cotonculteurs) préoccupation a été défendue par le ministre de l’Agriculture auprès du Premier ministre Boubou CISSE. Après avoir bien analysé la situation, le chef du Gouvernement a, au nom du Président de la République et dans le souci de préserver les intérêts des producteurs, apporté une réponse favorable’’. Voici les propagandistes de la Primature qui créent le mythe de l’homme providence, distributeur ad libitum d’avantages. Avec ce Robin des Bois de la politique malienne, on passe d’une providence extatique hasardeuse à une providence primatoriale infaillible. Bon, avec les rumeurs de remaniement qui ne cessent de bruisser dans les coulisses du pouvoir, il faut bien influencer le casting gouvernemental ! Le lyrisme grandiloquent a engendré ses maestros de service. Les superlatifs viennent à manquer pour décrire le moindre fait et geste d’un PM obsédé par sa reconduction et hanté par la présence d’un concurrent dans son Gouvernement affublé par ses fantassins du qualificatif COVID-20.
Pas étonnant que le spécialiste de la lutte contre l’épidémie de COVID-19 soit attaqué par le virus de l’infodémie fabriqué dans les laboratoires des affidés du Chef du Gouvernement. La rocambolesque affaire de détournement de vivres, surmédiatisée à dessein et à souhait qui se solde par un non-lieu, témoigne de la qualité notoirement exécrable des relations entre les deux COVID qui parasitent le Gouvernement. Le coup des banderilles, des croupières qu’on se taille, des tacles assassins par derrière ou croc-en-jambe, tous les coups sous la ceinture sont permis. C’est à la guerre comme à la guerre, comme dirait l’autre. Et dire que ce PM tremblotait quand on voulait poser sur ses frêles épaules les charges primatoriales et dire qu’aujourd’hui qu’il ne veut pas en être soulagé après avoir pourtant été l’une des plus grosses déceptions à son poste ! Au lieu de filer sur la pointe des pieds, à l’anglaise quoi, il s’incruste, quitte à pactiser avec ceux qui ont décrété, en violation de toutes les dispositions constitutionnelles, la démission de la première institution de la République. C’est-à-dire la main nourricière, celui qui l’a sorti de son anonymat pour l’imposer aux Maliens. C’est le propre des grimpions ! C’est Coluche qui disait : ‘’certains ont l’air honnêtes, mais quand ils te serrent la main, tu as intérêt à recompter tes doigts’’.
Par ailleurs, être un grippe-sou ne s’accommode pas de demi-transparence. ‘’Plus de 35 milliards de FCFA’’, c’est purement indicatif ; or il faut un montant précis, surtout par ces-temps où tout est perçu en termes de kata par les dibi la mogow.

Anti-Covid : la mise en scène désastreuse

Selon qu’on soit d’en haut ou d’en bas, les masques, les bavettes et que sais-je encore ou protégeront ou pas de la Maladie à Coronavirus (COVID-19). ’’Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Dr Boubou Cissé a présidé ce jeudi matin (NDLR : le 4 juin 2020), la cérémonie de lancement de l’engagement des collectivités territoriales en soutien aux actions du Gouvernement dans la lutte contre la pandémie du Covid-19. C’était devant le siège du PMU Mali, près de la place de la Liberté au Centre Commercial de Bamako.

Dr Boubou Cissé a ainsi procédé, au nom du Gouvernement, à la distribution de masques aux maires des six communes de la capitale malienne ainsi qu’aux usagers de la route (conducteurs de véhicules de transports et de motocycles, passagers de véhicules de transports)’’. Voilà ce que fait savoir le blablabla très officiel. Très belle propagande pour un PM quasiment confiné depuis la propagation de la pandémie à COVID-19.
Mais la retape est aveugle et muette sur un constat d’évidence général : le masque industriel (probablement importé) que porte le Chef du Gouvernement, n’est pas le masque artisanal made in Mali de la promesse des 20 millions de masques lavables et réutilisables du Président IBK qu’il distribue aux Maliens rencontrés dans la circulation. Là, le masque tombe. En termes de communication, c’est naze ! Boubou CISSE, Premier ministre du Gouvernement de la République du Mali véhicule l’image d’un haut responsable qui a le complexe de ce qui est fait ailleurs et il le transmet à ses compatriotes en même temps qu’il leur remet des masques maison et pour générer des revenus pour nos artisans frappés de plein fouet par les conséquences négatives de la Maladie à Covid-19. La conséquence de ce one man show primatorial est désastreuse autant sur le soutien à l’économie locale déjà prise à la gorge par l’insécurité endémique depuis 2012, autant sur la lutte contre la COVID-19 dont le bilan à la date du 7 juin affichait : 1 533 cas positifs ; 56 décès dans les centres de prise en charge et 36 dans la communauté ; 873 guéris ; 2 406 personnes contacts font l’objet d’un suivi régulier.
C’est vrai que la distanciation sociale est une notion très extensible, tellement élastique qu’elle peut se confondre avec la distinction. Donc, le distinguo est net. Il y a ceux qui portent les masques chirurgicaux, aseptisés, remplaçables, jetables et coûteux, seulement à la portée de la bourse d’une oligarchie politico-financière. Il y a également les pauvres hères qui doivent se satisfaire de l’aumône présidentielle de 20 millions de masques lavables et réutilisables à souhait.
Mais, la COVID là est tellement juste qu’elle rend indistinctement son verdict, fait ses victimes autant parmi les nantis que parmi les gueux. À méditer !

INFO-MATIN

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