Bancoumana : La population dit niet à la réduction du délai de la transition

A Bancoumana, dans le Mandé, les habitants ont tenu à dire leurs mots dans la réussite de la transition, courant ce samedi 12 février, lors d’un meeting populaire. Hommes comme femmes, les nouvelles exigences font que ces ressortissants de Mandé ne cachent plus leurs positions choquantes aux ennemis du pays.

Si les propositions données par les Maliens, à l’issue des Assises nationales de la refondation font l’objet de refus pour la part des Chefs d’Etat africains de la CEDEAO, les populations de Bancoumana ont une position très claire. A qui veut désormais l’entendre, ils soutiennent que le choix des Maliens n’est pas discutable avec quiconque. Ces habitants disent souhaiter purement et simplement une durée transitoire de 5 ans, que cela plaise ou pas aux organisations sous régionales ou la communauté internationale. En dépit des sanctions illégales et illégitimes infligées aux Maliens par la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, ces derniers continuent d’appeler les nouvelles autorités à l’union et à la résilience, pour faire face à toute pression venant de l’extérieur. « Nous soutenons le colonel Assimi Goita et son Gouvernement conduit par le Dr. Choguel Kokalla Maiga. Nous sommes une vieille nation, un grand pays ayant un passé historique très riche en termes de bravoure, de vaillance, de dignité, d’honnêteté, du pardon, de tolérance, de culturel ou tout autre domaine », ont-ils exprimé lors de ce rassemblement. À Bancoumana, Flamory Camara est de ceux qui pensent qu’il faut absolument mettre les politiques détracteurs de la transition à leur place. « Les politiques qui soutiennent qu’ils vont prochainement sortir peuvent le faire. On verra bien cela. Ceux qui estiment que cette transition n’a pas le soutien des Maliens, ou qu’elle ne peut pas assurer la sécurité pour le pays peuvent tranquillement rejoindre le camp de la France, pour leur sécurité », entonne le jeune mobilisateur de Bancoumana. D’après lui, les ennemis qui songent à rabaisser la dignité malienne se trompent. Ce pays n’est pas un pays des esclaves. Aux autorités, Flamory estime être temps que le sort de la nation soit enfin confié aux dignes fils du pays, pour redorer son image et ses valeurs d’antan. « Telle est notre idéologie et notre vision du Mali nouveau et refondé. Je dirai clairement que l’avenir de l’Afrique se joue au Mali. J’invite les Africains à se donner les mains, pour la libération du continent du joug français, et vaincre l’impérialisme », maintient le jeune habitant.

Ce meeting tenu en soutien aux nouvelles autorités a été émaillé par les propos des trois(3) chefs de villages se trouvant dans ladite localité. En qualité de leur représentant, Mamadou Konaté s’est adressé aux Maliens et à la communauté internationale. « Les trois (3) chefs de villages m’ont chargé de véhiculer leurs messages au monde. Bancoumana est une localité dont les activités sont focalisées sur la culture, l’agriculture, la pêche, l’élevage. Ici dans ce même pays, il existait des choses que les gens avaient délaissées, alors que celles-ci ont toujours contribué à valoriser le vivre-ensemble et la beauté de cette grande nation. Il s’agit de l’honneur, la dignité, le souci de préserver sa patrie, l’intégrité des gens dans tous leurs actes et faits vis-à-vis des autres », rappelle le vieux. Par le passé, un vrai noble ne mentait jamais, il ne touchait pas à la chose d’autrui, et ne trahissait jamais sa patrie ou sa société. Le Mali « Koura » ne veut aucunement dire la création d’un nouveau territoire pour des nouvelles populations. S’agissant, dit-il, de faire revenir ces valeurs d’antan que les Maliens ont perdues. « Et c’est ce travail qui est en train d’être effectué aujourd’hui par les nouvelles autorités. Ainsi, poursuit Mamadou Konaté, les trois chefs de villages m’ont chargé de saluer Assimi Goita et son premier ministre Choguel Kokalla Maiga. Tout le monde voit le job qu’ils sont en train de faire aujourd’hui ».Ici à Mandé comme toutes les localités du pays, souligne-t-il, la seule chose que détestent tous les Maliens reste l’esclavage. Et de préciser : « Nous soutenons les autorités qui libèrent de plus en plus le Mali des mains des terroristes et des ennemis de l’extérieur. Il ne faut pas qu’elles reculent dans leur combat. Nous resterons engagés derrière elles ». Les femmes de Bancoumana semblent être plus tristes que les hommes, dans cette crise que traverse le Mali. Sur leurs messages figuraient ceux-ci : « Nous disons aux autorités que nous ne voulons plus la France et la CEDEAO. Nous sollicitons une rupture totale de nos rapports avec la France et la CEDEAO. Qu’elles nous laissent notre territoire ». Seul le Mali nous intérêt, ont-elles enchainé en invitant le gouvernement à créer une monnaie propre aux Maliens.

Mamadou Diarra

Source: LE PAYS

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