Affaire dite agression du Pr Dioncounda Traoré : Les vrais auteurs échappent à la justice

Même si les sieurs Ba Oumar Diarra et Malamine Diarra ont été condamnés à 5 ans de prison pour ‘’Association de malfaiteurs, tentative d’assassinat du Dioncounda Traoré et destruction d’édifice’’, les vrais auteurs de cette affaire courent toujours dans la nature. Donc, tant pis pour les victimes qui n’ont que leurs yeux pour pleurer.

 dioncounda traore discours president malien palais de kouloubaParmi les grands dossiers attendus lors de la première session 2016 de la Cour d’assises de Bamako, figurait le dossier relatif à l’agression physique perpétrée contre Dioncounda Traoré. Ce mardi 3 mai 2016, à la Cour d’Appel de Bamako, le verdict a été rendu dans cette affaire par la Cour d’assises. Ainsi, Ba Oumar Diarra et Malamine Diarra ont été condamnés à 5 ans de prison pour ‘’Association de malfaiteurs, tentative d’assassinat du Dioncounda Traoré et destruction d’édifice’’, pendant que Sékou Coulibaly dit ‘’Assurance’’ a été acquitté faute de preuve.

Le monde entier se rappelle de l’agression physique perpétrée contre la personne de Dioncounda Traoré, alors Président de la République par intérim, dans son bureau, le 21 mai 2012. Les marcheurs sont partis du Cicb, en passant par la Primature, jusqu’à Koulouba. La suite des événements est connue de tous. Dioncounda Traoré est sérieusement battu et laissé pour mort par des manifestants favorables à l’ex-junte conduite par Amadou Haya Sanogo. Face à la situation, le parquet de la commune III a ouvert une enquête afin de traquer les auteurs ainsi que les commanditaires de l’agression. Parallèlement, une autre poursuite judiciaire a été ouverte contre les initiateurs de la marche pour troubles graves à l’ordre public. Ce sont Hamadoun Amion Guindo, président de la Copam, Professeur Younouss Hamèye Dicko, président du parti RDS, membre de la fameuse Copam, et le Professeur Rokia Sanogo, présidente du Mp22 et très active au plan politique. Ils sont prévenus «d’avoir, à Bamako, le 21 mai 2012, en tout cas depuis moins de trois ans, causé des troubles graves à l’ordre public en obstruant la voie publique par attroupement illicite, barricades, allumages ou entretien de feu dans le dessein d’entraver ou d’empêcher la circulation des personnes ou de semer la panique au sein de la population et avec cette circonstance que les faits ont été commis par attroupement, en réunion ou en bande et à force ouverte». Ils ont été condamnés à six mois d’emprisonnement avec sursis. En outre, après avoir visionné des images des caméras de surveillance, d’autres agresseurs ont pu être identifiés dans ce même dossier. Ainsi, une information a été ouverte au cours de laquelle les nommées Ba Oumar Diarra, Sékou Coulibaly dit Assurance et Malamine Diarra ont été inculpés pour association de malfaiteurs et tentative d’assassinat,  de complicité de tentative d’assassinat et destruction d’édifice.

L’arrêt de renvoi précise qu’à l’enquête préliminaire, les sieurs Ba Oumar Diarra et Malamine Diarra ont reconnu sans ambages avoir participé à la marche sur le palais présidentiel et agressé le professeur Dioncounda Traoré.  En effet, il ressort du procès-verbal que Ba Oumar Diarra déclare : «notre groupe, dont le nombre était élevé, a découvert le Président de la République par intérim dans une salle…sans parlementer, les membres du groupe, très agités, ont immédiatement commencé à porter la main sur lui. Je l’ai personnellement bousculé en le prenant par les collets, en lui assenant des coups sur sa poitrine». L’inculpé, Malamine Diarra, a lui aussi abondé dans le même sens lors de son interrogatoire devant les premiers enquêteurs en disant ceci : « en toute vérité, c’est moi qui portais la barre de fer avec laquelle j’ai assené trois (3) coups sur la hanche du Président».

Sékou Coulibaly dit Assurance, quant à lui, n’a pas reconnu les faits qui lui sont reprochés.

Au cours de leur plaidoyer durant le procès, les avocats de la défense ont, tour à tour, regretté l’inapplication des règles de procédure en la matière. Après un long débat contradictoire, le verdict est le suivant: Ba Oumar Diarra et Malamine Diarra ont été condamnés à 5 ans de prison. Faute de preuve, Sékou Coulibaly a bénéficié de l’acquittement.

Les auteurs pourtant identifiés

Ce qui est perplexe dans cette affaire, c’est que les photos des agresseurs étaient sur l’internet à travers les réseaux sociaux.  Sur des images photos et vidéo, on pouvait identifier les agresseurs dans les rues et à Koulouba. Des manifestants brandissaient des morceaux de tissu que portait ce jour-là l’ex-Président par intérim comme un trophée de guerre. Mieux, le jour de l’agression, des slogans et banderoles présageaient que quelque chose de malheureux allait se produire. Le plan machiavélique était bien ficelé. Un cercueil en carton était même porté par des manifestants en direction de Koulouba.

Le Président de Yéréwoloton, Boubacar Boré, et certains de ses lieutenants qui étaient fortement soupçonnés d’être mêlés à cette affaire auraient bénéficié de la protection du capitaine Amadou Haya Sanogo. Quant aux autres acteurs actifs, ils se baladent toujours dans la nature. Ces persécutions ont d’ailleurs fait fuir beaucoup de jeunes Maliens qui seraient aujourd’hui en situation de réfugiés politiques. En plus de ce dernier, d’autres acteurs se sont réfugiés dans certains pays de l’Europe pour se dérober à la justice. Un tel acte doit-il rester impuni dans un Etat de droit ? La lumière doit être faite dans cette affaire d’agression. La justice malienne doit tout mettre en œuvre pour que les valeurs de la démocratie l’emportent sur ces violences inacceptables. Le peuple a le droit de savoir ce qui s’est passé réellement le jour du 21 mai à Koulouba, précisément dans les locaux du Secrétariat général du gouvernement.

Ibrahim M.GUEYE

Source : Le Prétoire
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