Médecins internistes : LES SPECIALISTES AUX MULTIPLES FACETTES

Ces médecins traitent les maladies difficiles et rares, qui touchent beaucoup d’organes.

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La Médecine interne est une spécialité à part entière. Elle est la spécialité des démarches diagnostiques difficiles et de la prise en charge des adultes souffrant de polypathologies ou de maladies générales. Cette spécialité médicale reste encore méconnue et incomprise, en dépit de son dynamisme et de sa place essentielle dans le système de santé, notamment au sein des hôpitaux. Cette spécialité peu connue existe pourtant dans notre pays. Le professeur Abdel Kadel Traoré est le chef adjoint de ce service de médecine interne au CHU du Point G. Cette sommité médicale révèle que notre pays dispose au total de 21 internistes sur le marché. Ils servent à Bamako, dans les régions, et à l’étranger. Ces médecins internistes, dit-il, sont des spécialistes qui ont fait la médecine interne. Cette spécialité médicale traite les maladies difficiles et rares, qui touchent beaucoup d’organes. Elle traite les personnes qui ont beaucoup de maladies dans leur corps. Le professeur Abdel Kadel Traoré a expliqué que « ces pathologies n’ont rien à voir les unes avec les autres. Mais elles se rencontrent dans le même organe ». La Médecine interne est la spécialité des maladies qui affectent des personnes qui ont consulté un grand nombre de médecins sans diagnostic fiable. Elle est inclusive, car l’interniste a une formation polyvalente incluant la cardiologie, la pneumologie, la néphrologie,  la gastroentérologie, l’hématologie, l’endocrinologie, la  rhumatologie, l’oncologie médicale, la dermatologie, la neurologie. L’accès de l’interniste aux différents plateaux techniques lui permet d’offrir à ses patients un service complet en soins de deuxième ligne, au faible coût d’une seule consultation en spécialité, et avec un seul guichet d’accès pour les patients. L’interniste a une fonction multiple, à la fois pratique pour les patients et économique pour le système de santé. C’est le cas du diabète qui touche le rein, le cœur, les yeux les nerfs, l’appareil digestif, les vaisseaux sanguins. Cette maladie est traitée par les endocrinologues, mais surtout par les internistes qui maitrisent toutes ces spécialités. Un sujet âgé peut venir chez le praticien souffrant de deux ou trois maladies qui n’ont aucun lien. Il peut être atteint d’un vieillissement des os, une cataracte, un problème d’estomac etc. La fonction de l’interniste serait de prendre en compte tous ces paramètres et de les traiter. L’interniste aide à la prise en charge hospitalière du sujet âgé poly-pathologique . Il est indiscutable que les internistes, en partenariat avec tous les spécialistes hospitaliers, ont un rôle important dans la prise en charge des personnes âgées. Les « gériatres » sont électivement et nécessairement concernés lorsque leurs pathologies s’associent hélas à une situation de dépendance ou à risque de dépendance, impliquant une coordination spécialisée des soins médico-psychologiques et médico-sociaux. Cette gestion pluridisciplinaire implique une efficacité dans toutes les spécialités. Le professeur soutient que l’interniste est obligé d’être compétent et être au bon niveau dans toutes les spécialités. « Il doit maîtriser toutes les spécialités et traiter toutes les maladies en même temps » souligne notre toubib. « Il doit être au top dans les spécialités » rajoute t-il. L’interniste, outre son rôle important de consultant, concoure efficacement à l’établissement des plans diagnostiques et thérapeutiques chez des patients souffrant d’affections sévères et multiviscérales , qui par nécessité de soins spécifiques sont hospitalisés en services de spécialités d’organe. L’interniste, de part son approche globale prend en charge un grand nombre de maladies auto-immunes inflammatoires ou systémiques ou de maladies dites orphelines. Les internistes suivent une formation de quatre ans, qui fait intervenir tous les spécialistes. Le programme de 1ère année porte sur la médecine générale, mais plus approfondie. En 2ème l’enseignement inclut tous les spécialistes. Les étudiants font le tour des différents services pendant la 3è année. Ils apprennent notamment la gériatrie, le traitement des personnes âgées. La quatrième année est basée uniquement sur la médecine interne. Les futurs internistes apprennent à traiter les maladies compliquées. Mais ils font également de la recherche. Pendant cette même année ils préparent leur mémoire de fin d’études. Le professeur Abdel Kadel Traoré souligne que pour être confirmé médecins internistes, les étudiants doivent avoir une moyenne égale ou supérieure à 12 /20. Il a conclu en ces termes : « la spécialité étant difficile très peu de gens viennent chez nous. » Le professeur Abdel Kadel Traoré est le président de la société de médecine interne (SOMIMA) affilée à la société africaine de médecine interne. Elle regroupe les internistes et d’autres spécialistes. Le but de cette société est la formation continue des internistes. Elle appuie les médecins à avancer dans la spécialisation sur la base de publications pour devenir des assistants. Les internistes sont formés comme s’ils allaient enseigner ou devenir des enseignants potentiels. La société organise aussi des congrès et des journées scientifiques.

F.NAPHO

Source : L’Essor

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