Mali : JOURNÉE MONDIALE DU DIABÈTE Le rôle de l’infirmier au cœur de la célébration de l’édition 2020

Le Mali, à l’instar de la communauté internationale, a célébré la Journée mondiale du diabète (JMD) le 14 novembre 2020. «Le personnel infirmier et le diabète» était le thème de la célébration cette année. Au Mali, selon des statistiques de 2017, près de 700 enfants diabétiques du type I de 0 à 25 ans sont pris en charge à l’hôpital du Mali. Selon la Fédération nationale des diabétiques du Mali (FENADIM), notre pays compte déjà une prévalence de diabète de 2,4 %.

Attirer l’attention sur le rôle crucial que le personnel infirmier joue en soutenant les personnes atteintes du diabète ! Tel était sans doute l’objectif fixé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en choix comme thème de l’édition 2020 de la Journée mondiale du diabète (JMD), «le personnel infirmier et le diabète» !

Du dépistage jusqu’aux examens de contrôle réguliers et l’adoption d’un mode de vie sain, les infirmiers sont au cœur de la stratégie de prévention et de lutte contre le diabète. «Le rôle des infirmiers est primordial pour la prise en charge des personnes atteintes de diabète. Ceux-ci sont directement en contact avec les malades. C’est pourquoi un bon vivier d’infirmiers a été formé», a assuré Dr Ba Traoré de la Société malienne de diabétologie à l’Hôpital du Mali.

Il convient de rappeler que, selon les diabétologues, une personne est dite diabétique lorsque son organisme est incapable de produire suffisamment d’insuline. Et parmi les facteurs de risques du diabète, il y a le surpoids, le manque d’exercice physique ou encore la présence d’antécédents familiaux de la maladie. Non traité à temps, cette maladie peut entrainer de graves complications, notamment l’insuffisance rénale, l’accident vasculaire cérébral, l’amputation des membres inférieurs et la cécité.

Sans compter que, les coûts associés à un traitement du diabète ou d’autres maladies non transmissibles tout au long de la vie, peuvent «pousser des millions de ménages et de familles à faibles revenus dans la pauvreté».

Créée depuis les années 80, l’Association malienne de lutte contre le diabète organise régulièrement des dépistages dans plusieurs centres de santé et dans plusieurs cercles du pays afin d’améliorer la prise en charge du diabète au Mali.

Une initiative à saluer d’autant plus que, comme l’a si bien dit Dr Ousmane Sy de la Direction générale de la santé et de l’hygiène publique (DGSHP), lors d’un point de presse organisé à l’occasion de la JMD 2020, «le diabète est un problème majeur de santé publique sinon un problème de développement». Et cela d’autant plus que les complications favorisent l’absentéisme au travail et au niveau scolaire. Autant dire que, mal gérée, cette maladie peut facilement hypothéquer l’épanouissement personnel, communautaire voire l’émergence socioéconomique du pays.

«C’est grâce à Santé diabète que, aujourd’hui, le Mali est la plaque tournante dans le cadre de la prévention et de la prise en charge du diabète au niveau de la sous-région», a assuré Balla Kouyaté, président de la fédération nationale des diabétiques du Mali qui a organisé la conférence de presse du 12 novembre dernier. «Cette année, nous allons organiser une journée de dépistage du diabète au centre de lutte contre le diabète, le 21 novembre 2020. On n’a pas moins de 2000 personnes dépistées chaque année», avait-il indiqué.

Le directeur général Santé diabète, Stéphane Besançon, a fait un bref aperçu sur les objectifs et stratégie d’intervention, quelques résultats et perspectives lors de la conférence de presse du 12 novembre dernier. Il n’a pas manqué de rappeler que «le diabète est un réel problème de santé publique». La Journée mondiale du diabète est célébrée chaque 14 novembre correspondant à l’anniversaire de Frederick Banting qui, avec Charles Best, ont pour la première fois développé la théorie qui est à l’origine de la découverte de l’insuline en 1921.

Naby

Quand le diabète souffre de la pandémie de la Covid-19

Le diabète est une maladie chronique qui touche, aujourd’hui, plus de 463 millions de personnes dans le monde. Il affecte déjà une personne sur 11 et le diabète gestationnel touche une naissance sur 7. Cette maladie représente la 7e cause de décès dans le monde. Le Mali compte déjà une prévalence de diabète de 2,4 % mais aussi une prévalence de surpoids de 22 % et d’obésité de 5,7 %.

Et les projections sont alarmantes. Ainsi, le nombre de diabétiques devrait passer de 19,4 millions en 2019 à près de 29 millions en 2030 et 47 millions en 2045, selon la Fédération internationale du diabète (FID). Le plus inquiétant reste le nombre de personnes vivant avec un diabète non diagnostiqué, environ 60 %. «Nous devons changer cette situation en investissant dans la détection, la prévention et le traitement précoces du diabète», a insisté  Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique à l’occasion de la Journée mondiale du diabète.

Malheureusement, la lutte contre le diabète (comme d’autres maladies comme le paludisme, la tuberculose…) est de plus en plus occultée par la pandémie de la Covid-19. «Combattre la Covid-19 ne doit pas nous faire perdre de vue les autres défis sanitaires. La Journée mondiale du diabète est un moment clé pour attirer l’attention sur cette maladie chronique, qui menace de plus en plus la vie d’Africains», a rappelé Dr Moeti.

Au début et au pic de la pandémie de Covid-19, a récemment signalé l’OMS, «les services de santé dédiés au diabète étaient particulièrement mis à mal». Heureusement que sur le terrain des ONG demeurent mobilisées pour consolider les acquis de la lutte contre le diabète. C’est le cas de «Santé Diabète» implantée au Mali, au Burkina Faso et aux Comores.

«Nous avons mis en place des actions adaptées au contexte. Au Mali et au Burkina Faso, avec les associations de patients, nous avons lancé une campagne de SMS destinés aux diabétiques afin qu’ils aient la bonne information Covid/diabète, sur l’importance du suivi du traitement, les risques en cas de diabète déséquilibré et l’impératif d’une prise en charge rapide en cas de Covid», a expliqué Stéphane Besançon, directeur de l’ONG, dans un article publié dans la presse française (lepoint.fr/afrique). Et selon lui, près de 3 000 patients diabétiques, au Mali et au Burkina Faso, ont reçu ces SMS. Enfin, ceux qui le désiraient ont pu s’inscrire sur une plateforme d’échange WatsApp pour bénéficier de téléconsultations et d’un suivi.

«Le diabétique n’a pas plus de risque d’attraper le Covid, mais il développe des formes plus graves, surtout si son diabète n’est pas équilibré. Sa prise en charge doit donc être rapide», a-t-il précisé. En Afrique du Sud, par exemple, les diabétiques représentent 50 % des patients atteints de la Covid-19 hospitalisés.

Naby

Source : Le Matin

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