Dr Djibril Traoré, spécialiste en endocrinologie, diabétologie et nutrition « La maladie de Goitre est causée en premier lieu par la carence en iode »

Le goitre est l’augmentation du volume de la glande thyroïde. Une pathologie fréquente chez les femmes en général dont la cause principale est la carence en iode. C’est une glande qui est située au niveau de la base du cou. Cette glande est responsable de la synthèse et de la sécrétion des hormones thyroïdiennes. Lisez quelques précisions de Docteur Djibril Traoré, spécialiste en endocrinologie, diabétologie et nutrition à l’hôpital du Mali, sur les facteurs favorisant ce mal et ses traitements.

Les causes du goitre sont multiples, a fait savoir l’endocrinologue. Mais la première cause de goitre, selon lui est la carence en iode.                                                                                                                                    Sur la fréquence de cette maladie dans le monde et au Mali, le spécialiste confia que le goitre est plus fréquent chez les femmes plus que chez les hommes dans le monde et même au Mali. Et informe que, c’est la deuxième cause des endocrinopathies dans le monde et même au Mali après le diabète .  Les études qui ont été faites au Mali, dit-il, ont prouvé que c’est plus fréquent dans certaines zones telles que : la région de Kayes, le plateau dogon, le cercle de Tominia, parce que c’est lié à leur emplacement géographique.

Les facteurs favorisants le goitre

Parlant des  facteurs favorisants de la trisomie du goitre, le diabétologue après la carence en iode, a cité entre autres, le tabagisme, les irradiations surtout les irradiations cervicales, la notion d’antécédent familial. Et également l’âge supérieur à 50ans, la grossesse, le stress. S’y ajoutent certains aliments goitrigènes tels que  le chou, le manioc, a-t-il révélé. Et d’ajouter : « il y a certains médicaments qui peuvent favoriser la survenue du goitre tels que l’iodure en excès, amiodarone aussi ».

Selon le spécialiste, il y a différents types de goitre.

«  Il peut y avoir un goitre avec des signes de l’hypersécrétion de la glande thyroïde ou bien il peut y avoir un goitre dont la sécrétion de la glande thyroïde est normale ou bien souvent il peut y avoir de goitre avec une diminution de la sécrétion de la glande thyroïde. Souvent le goitre peut se manifester par plusieurs boules comme il peut y avoir un goitre diffus » a précisé le Dr Traoré.

Les goitres diffus, dit-il, sont en général ceux qui s’associent avec l’augmentation du volume des yeux, qu’on appelle l’exostalmie. Cependant Dr Traoré  précise que l’augmentation du volume des yeux n’est pas due au goitre uniquement, elle peut être due à d’autres facteurs cliniques.

A signaler que tous ces types de goitre ont leurs signes cliniques.

Si la sécrétion de la glande thyroïde est augmentée cliniquement cela peut se manifester par l’amaigrissement, l’agitation, la nervosité avec des palpitations chez le patient, a fait savoir endocrinologue. Les sujets qui ont la termophobie, souffrent de l’augmentation de la chaleur corporelle, de l’insomnie et souvent des troubles musculaires, a-t-il expliqué. Chez certaines personnes cela peut aussi provoquer de  la diarrhée motrice, qui selon lui, n’est autre que le patient qui après chaque repas va à la selle.

Quant au deuxième type de goitre, il se manifeste par la diminution de la glande thyroïde  qui est également appelé signe hypothyroïdies. Parmi ces signes il y aura la fatigue qui, souligne-t-il, peut être physique, psychique ou sexuelle. Aussi il peut y avoir de l’ hypotermie c’est-à-dire, le fait d’avoir toujours  le corps froid, la frilosité (l’intérieur de la peau va être froid). Il peut, selon lui, y avoir de la constipation, la diminution des battements cardiaques, des crampes musculaires, des somnolences, la voix qui peut devenir roque.

Les complications

Aux dires de Dr Traoré Djibril, quand le goitre est très volumineux cela peut entrainer des difficultés à respirer, des difficultés à manger, des difficultés à parler et que souvent même il peut évoluer vers la cancérisation. Cependant le spécialiste précise qu’ : « il y a certaines personnes souffrant de goitre, ne présentant pas de signe d’hypersécrétion,  ni de signe d’hyposécrétion mais juste le fait que le goitre est trop volumineux cela leur fatigue ».

Le traitement du goitre

Selon le spécialiste en endocrinologie, diabétologie et nutrition de l’Hôpital du Mali, il y a deux types de traitement du goitre. Le traitement médicamenteux et le traitement chirurgical. Si la sécrétion est augmentée on donne des médicaments pour diminuer la sécrétion pour la mettre à la normale. Si la sécrétion est diminuée on donne des médicaments pour augmenter et pour mettre à la normale. Et de signaler que tous les goitres ne sont pas opérables. Parce que, explique-t-il, si le goitre est trop volumineux ou bien s’il y a des signes vers les complications en ce moment on peut l’enlever.                                                                                                           La nécessité d’opération du goitre peut souvent être liée à l’esthétique et cela surtout chez les jeunes filles. Une fois qu’elles constatent le goitre au niveau de leur cou, elles veulent l’enlever à cause de la beauté. En ce moment on peut  faire recours à la chirurgie.

Après la phase opératoire le traitement doit continuer. « Même si les chirurgiens font leur travail c’est-à-dire l’intervention, ces gens doivent revenir nous voir nous les endocrinologues pour qu’on contrôle les hormones et en fonction de cela on va faire le reste du suivi » a clarifié le spécialiste Djibril Traoré.

Enfin, Dr Traoré appelle la population à aller faire une consultation médicale une fois qu’elle sente des signes d’hypersécrétion ou bien d’hyposécrétion ou d’augmentation du volume de leur cou, d’abord chez un médecin généraliste.« Si eux ils parviennent à poser le diagnostic ils vont les  envoyer chez nous les spécialistes » a conclu l’endocrinologue. Avant d’inviter la population à la consommation de sel iodé car la première cause du goitre relève de la carence en iode, a- t – il répété.

    Par Maïmouna Sidibé

 

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