Il aura fallu plusieurs jours d’hésitation avant que l’Union européenne (UE) esquisse une approche sanitaire commune face au retour de voyageurs chinois sur son sol. Cette fois-ci, les Vingt-Sept ont voulu accorder leurs violons plutôt que poursuivre une politique du chacun pour soi, qui n’était pas sans évoquer le chaos des premières semaines de la pandémie, en 2020. « Ces derniers jours nous ont permis de converger », se satisfaisait, mercredi 4 janvier, un diplomate européen.
Depuis la levée des mesures sanitaires drastiques imposées par la politique zéro Covid suivie par les autorités chinoises jusqu’en décembre 2022, et l’annonce d’une reprise des voyages à destination de l’Union européenne annoncée pour le 8 janvier, les Etats membres de l’Union européenne avançaient en rang dispersé face à la crainte que la circulation du SARS-CoV-2 en Chine n’entraîne l’apparition de nouveaux variants qui se répandraient en Europe. Sans attendre, l’Italie, l’Espagne et la France ont décidé d’imposer des tests PCR à toute personne désireuse de se rendre sur leur territoire depuis la Chine. Mais d’autres gouvernements européens étaient dans l’expectative. « Plusieurs Etats membres attendaient l’approche européenne avant de mettre en œuvre des mesures de restriction au voyage », justifie un diplomate.
Il était donc temps d’agir. C’est dans cette optique qu’une réunion du « dispositif intégré pour une réaction au niveau politique dans les situations de crise » – appelé plus sobrement IPCR, selon l’acronyme anglais – s’est tenue à Bruxelles, mercredi, afin de dessiner les contours de cette approche coordonnée. Des représentants de chaque Etat membre siégeaient dans ce groupe consultatif, ainsi que des membres de la Commission européenne, du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, ainsi que des représentants de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège et de la Suisse, des pays non membres de l’UE.
Réel effort de convergence
Beaucoup attendaient que cette réunion accouche d’un accord clair de l’ensemble des Vingt-Sept pour imposer des tests – PCR ou antigéniques – avant tout voyage depuis la Chine vers l’Union européenne. Les résultats sont plus nuancés. A défaut d’une approche réellement commune, les Etats membres sont « fortement encouragés » à imposer aux voyageurs la présentation d’un test négatif au Covid-19 effectué dans les quarante-huit heures avant le vol. La formulation a été l’objet d’âpres discussions car les restrictions au voyage pour motif sanitaire restent de la compétence des Etats. « Cette formulation reflète l’accord entre les Etats qui prônent une approche plus stricte et ceux qui n’ont pas encore pris de mesures », synthétise un diplomate.
