COVID-19 : le calvaire des usagers des SOTRAMA

Pour se déplacer dans la capitale malienne, les transports en commun, plus empruntés sont les minicars communément appelés SOTRAMA. Ce type de moyen est d’une grande importance aussi pour la population malienne. À Bamako, plus de 700 SOTRAMA relient les différents quartiers de la capitale avec une moyenne d’une dizaine de tours.

Toutefois, se déplacer en ce moment à cause de la pandémie du Covid-19, relève de la croix et la bannière pour la simple raison que les clients de ce moyen de transport sont obligés de serrer les uns contre les autres, faisant fi de l’une des mesures barrières édictées par les autorités : celle de la distanciation d’un mètre.

Un véritable calvaire pour les usagers de ces minicars qui n’ont d’autres choix que continuer à emprunter ces moyens de transport en commun. Il est regrettable de constater que la décision prise par le gouvernement visant à protéger les usagers est loin d’être le souci des transporteurs. Les nouvelles dispositions liées au COVID-19 exigent aussi le port de masques de protection et de gants par les conducteurs et leurs apprentis. Auxquelles il faut ajouter la réduction de passager.

Mais la réalité est qu’après la prise de ces déciions, les SOTRAMA continuent de circuler comme en période normal. « Hééé Moribabougou, ayé do (montez)! Mais il se trouve que certains clients sont hésitants au regard du nombre de passagers dans le minicar. « À cause du coronavirus, nos revenus sont revus à la baisse ». S’éclate un apprenti sur un ton énervé à un passager.

Ainsi, ce Jeudi 23 Avril 2020 dans une SOTRAMA, c’est le total désarroi qui se lit sur le visage de ce jeune élève Madou, qui se rend chez son répétiteur. « Moi, je ne comprends pas l’incivisme dans ce pays. Aucune rigueur ! Tout le monde fait ce qu’il veut. Regardez comment nous sommes entassés comme des montons. Mais je n’ai pas le choix. Je ne peux marcher jusqu’à mon école. Je n’ai pas argent pour prendre un taxi. Les transporteurs le savent et c’est ça qui les encourage. Ainsi avec tous les risques, nous sommes là entassés et sans protection aucune.  Je m’en remets à Dieu. Mais si cette situation continue la maladie va tous nous tuer ».

Tout comme Madou, ce sont des centaines de personnes qui vivent des situations de ce genre au quotidien. Entre manque d’hygiène et l’ignorance de certaines personnes, surtout en cette période de pandémie avec son cortège funèbre : « Il y a toutes sortes de personnes que nous rencontrons dans les SOTRAMA. Malgré tout, on continue de voir chaque jour des citoyens qui ne portent ni masque, ni gant. L’utilisation du gel hydroalcoolique, on n’en parle pas. Ils toussent, se mouchent et crachent n’importe comment au désaveu de tous. « Allah de ban bôh », traduction : « c’est Dieu qui nous protège ».

Quant aux chauffeurs des minicars, ils ont beaucoup d’arguments pour se justifier. Selon eux, le gouvernement ne peut « imprudemment prendre des décisions sans pour autant consulter les personnes concernées même s’il s’agit de la protection des personnes. On nous demande de prendre dix personnes. On va faire comment pour avoir la recette journalière » ? Questionne Bakary, conducteur de SOTRAMA : « Comment faire pour avoir le carburant et nourrir nos familles avec de telles mesures certes préventives mais bien contraignantes ? Il faut que les autorités cessent d’imiter d’autres pays. Le Mali est pauvre. Nous sommes nombreux à vivre chaque jour du minimum absolu. En ce qui nous concerne, ce n’est pas envisageable à moins que des mesures d’accompagnement soit prises par le gouvernement ». Conclut notre interlocuteur.

Adam DIALLO

Source: Bamakonews

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