Coronavirus : pourquoi les Maliens sont réticents au port de masque ?

Depuis l’apparition de la pandémie du Coronavirus au Mali, en mars 2020, les autorités du pays ont recommandé le port du masque de protection afin de limiter la contamination de la maladie, qui ne cesse de faire des morts à travers le monde.

En effet, face à la montée en puissance du taux de contamination qui devient de plus en plus inquiétant, le port du masque a été rendu obligatoire en public par les plus hautes autorités du pays. D’où l’initiative « un Malien, un masque » du président de la République Ibrahim Boubacar Keita.

Mais, il est loisible de constater que les Maliens, particulièrement les Bamakois, ont du mal à respecter cette mesure barrière, un des moyens pour éviter la propagation du virus.

La preuve, nombreux sont ces Maliens qui vaquent impunément à leurs occupations dans la capitale malienne sans porter de masque qui est pourtant dit obligatoire.

Le constat est palpable dans circulation où seulement quelques personnes soucieuses de leur santé et celle des autres et convaincues de l’existence de la maladie portent leur masque.

D’ailleurs, il n’est pas étonnant de voir certaines personnes accrocher le masque qui leur est offert gratuitement par des organisations de la société civile engagées dans la lutte contre la propagation de la pandémie, au guidon de leur moto, ou le mettre aussitôt dans leur sac ou poche.

Ainsi, bon nombre de Maliens, sans crainte, ni gène, se permettent de se rendre dans les services et autres lieux publics sans masque.

Mariko, gérant d’une quincaillerie de la place, témoigne avoir un masque et d’un geste brusque tire le tiroir de son comptoir pour nous montrer deux masques en bon état, mais qu’ils ne portent pas en tout temps.

« Nous sommes fatigués avec leur histoire de port de masque. Avec cette chaleur, j’ai même du mal à respirer. L’enfant qui doit vivre 100 ans ne mourra pas demain. Nous ne pouvons pas arrêter de vivre. D’ailleurs, cette histoire de Coronavirus est juste de la politique. Sinon avec nos conditions de vie, la maladie-là nous aurait tous tuée » dira-t-il.

Arrêté, au bord du goudron ce motocycliste, avec son masque suspendu à son menton, raconte : « depuis avant cette histoire, j’ai toujours porté un cache-nez. Est-ce possible de faire autrement avec la poussière de Bamako. Mais, avec le Coronavirus, à chaque fois que je pars dans des lieux publics ou peuplés, je porte mon masque pour me protéger et protéger les autres. Mais, il me semble que beaucoup de personnes n’arrivent pas à comprendre cela. Que Dieu nous protège ».
A l’instar du port du casque, celui du masque est une question de conscience individuelle, car le premier bénéficiaire est celui qui le porte.

En la matière, les autorités maliennes, ne pouvant sanctionner tous les contrevenants, encore moins mettre un policier derrière chaque Malien, ont opté pour la sensibilisation à grande échelle des citoyens à adopter les gestes barrières, qui s’avèrent à présent les seuls moyens de se protéger et protéger les autres contre la pandémie du Coronavirus. Maladie contre laquelle aucun médicament moderne n’a été trouvé.

 

ADAM DIALLO

Source: Bamakonews

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