Vice-présidence de la transition : Refuge stratégique du CNSP dans l’Exécutif !

L’investiture faite au CICB a bien confirmé le jeu politique entretenu par la junte. Assimi Goita continuera donc sa mission en étant au cœur du système. Seulement pourrait-il avoir la même influence comme a été le bicéphalisme au sommet de l’Etat en 2012 entre Dioncounda Traoré et Amadou Aya Sanogo ?

 

Sans surprise,  le CNSP a confirmé les conclusions du dernier sommet d’Accra. Son leader devient numéro 2 du Mali avec les galons de Vice-président après le Vétéran Bah N’Daw sorti de sa retraite depuis sa démission du ministère de la défense en fin 2014. Une première dans l’histoire du Mali alors que la Loi Fondamentale n’a jamais prévu ce poste. Même les réformes institutionnelles annoncées par le régime IBK, n’avaient pas prévu un Adjoint du Chef de l’Etat.

La CEDEAO rodée aux tournants révisionnistes a vite compris l’astuce et a vivement défini à sa manière les attributions du poste. Invitant la junte militaire de Kati à remettre le pouvoir à un gouvernement de transition dirigé par un civil, elle avait prévenu contre toute nomination de militaire à cette fonction. A moins qu’il ne soit à la retraite comme c’est le cas avec Bah N’Daw qui fut un incontournable durant le règne du régime militaire des années 70-80. Ainsi, le Mali se retrouvera avec deux personnalités aux commandes de Koulouba, chose inédite  bien que le pays sera le second à vivre l’expérience  après la Côte d’ivoire.

Pour la sous-région, le titulaire du poste ne doit  aucunement remplacer le président de la transition si une vacance est constatée. Il s’agit là d’un poste taillé sur mesure par la junte qui coûtera énormément au contribuable malien car le Colonel Assimi Goita l’occupe. Ce retranchement au cœur de l’Exécutif est synonyme de la détermination du CNSP à avoir main mise sur le système et se mettre à l’abri certaines mauvaises surprises.

Nul n’est dupe quand on sait que la junte compte finir ce qu’elle a commencé. Chose possible que si elle occupe les postes de décisions.

Aussi, la redevabilité étant ce qu’elle est, il n’est pas exclu que le Président Bah N’Daw ferme les yeux sur pas mal de choses. A ce jour, aucune amnistie n’a été prévue à l’endroit du CNSP qui reste exposé à des sanctions pour avoir renversé un régime. Il faut donc se mettre à l’abri et être en mesure de négocier surtout que Goodluck Jonathan est devenu un habitué de Bamako.

Pour l’instance sous régionale aux assises du Ghana, si un militaire est nommé, il ne sera en charge que de la défense nationale. Pourtant l’article 6 de la Charte de la transition stipule que le Vice-président remplace le Président en cas d’empêchement « temporaire ou définitif ».

Les attributions du Vice-président concernent aussi la refondation de l’Etat .Le Colonel Goita va-t-il obtempérer et rester confiné à l’unique mission de la Défense ? D’ores et déjà, il est clair qu’il va avoir des couacs avec le prochain ministre de la défense dont il s’arroge les attributions depuis Koulouba.

Avec la nomination d’un militaire déjà admis à la retraite aux commandes de la transition, la junte a signifié son unique ambition de sortir le Mali des sanctions et harmoniser les relations avec la CEDEAO ainsi que la Communauté Internationale.

Des reproches au CNSP ?

Pas pour le moment, bien que nous soyons à l’heure de la dissolution « logique » du mouvement militaire au pouvoir. L’effectivité de la  Transition l’impose et ses membres ne trainent pour l’heure aucune casserole.

Idrissa KEITA

Source: Le Soft

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