Urd XXL

Le 3e congrès statutaire de l’Union pour la République et la démocratie aura peut-être causé plus de problèmes que de solutions. Sans être annoncé par un malaise quelconque, le combat pour les places au sein du Ben s’est brusquement invité aux assises et s’est manifesté d’abord par de longs conciliabules et négociations sans doute dus aux difficultés d’installation de la nouvelle direction. Comme justification logique de cet état de fait, l’Urd s’en est sorti avec un Ben d’une taille XXL, soit 115 membres au total. Une pléthore jamais égalée par le passé et qui commence à poser une réelle équation d’hébergement.

soumaila cisse depute assemble nationaleEn effet, de sources concordantes, la première réunion du Ben s’est tenue dans les locaux du Palais de la culture, dont les salles font à peine suffisamment de la place pour les membres. On peut rappeler par ailleurs que l’endroit porte l’embryon de l’Urd. Car, c’est bien là qu’a germé l’idée de créer un parti pour Soumaïla Cissé au lendemain immédiat des élections générales de 2002.

 

Violation constante  de la Constitution

Lorsque ce n’est par les gestes qu’il le fait, c’est dans les déclarations incontrôlées que le président de la République brûle la politesse aux textes fondamentaux de la République. Coincé et très agacé par l’opposition, lors de ses rencontres successives avec les tendances de la classe politique, IBK a dû répliquer, sans doute par inadvertance, par une répartie qui s’écarte considérablement de la Constitutionnelle malienne. Le chef de l’Etat a en effet déclaré qu’il ne revient à personne l’idée, ni aujourd’hui ni demain, de céder un seul pouce de la souveraineté nationale. Allusion est faite, comme il est loisible de le comprendre, à la grande interrogation sur le futur statut du Septentrion. Mais, aussi paradoxalement que cela puisse paraître, la déclaration d’IBK est en porte-à-faux avec son serment de respecter la Constitution où il est écrit que le Mali est prêt à céder tout ou partie de sa souveraineté pour l’unité nationale. Sauf que le même président, lors de son investiture en 2013, a oublié de prononcer un pan entier de sa prestation de serment.

 

Ali Nouhou Diallo  droit dans ses bottes

Le discours d’ouverture de Soumaïla Cissé –il n’était pourtant pas le président du parti- lors du 3e congrès de l’Urd, aura été celui des impairs. Premier couac : celui qui n’était encore que parrain du parti a présenté sas camarades et son monde comme la meilleure graine du Mali, les meilleurs penseurs dans une République où, la majorité  ne serait constituée que de cancres, selon la logique du challenger d’IBK à la présidentielle de 2013. L’autre couac, c’est que tout le long de son adresse, Soumi s’est évertué à présenter un tableau complètement noir du Mali d’IBK, en disant de lui qu’il est à bout de souffle. Ni l’un ni l’autre couac n’ont laissé Ali Nouhou Diallo indifférent. Intervenant à son tour  au nom de l’Adema-Pasj, parti invité, l’ancien président de l’Assemblée nationale a rappelé à Soumaïla cissé qu’il est comptable de tout dans le Mali démocratique, y compris le bilan d’IBK sous l’autorité duquel il a longtemps travaillé comme ministre des Finances. Il l’a si bien exprimé que certains l’ont taxé d’être en mission pour semer la zizanie dans leurs rangs.

 

Le contrôle physique aux dépens  des travailleurs

Le contrôle physique imposé par les hautes autorités commence à agacer tout le monde. Les banques éprouvent par exemple du mal à recouvrer leurs créances, tandis qu’il s’applique à un monde du travail contraint de plus en plus au débrayage. Cause : pour être éligible au contrôle, il faut se lever très tôt le matin sans aucune assurance pour autant de ne pas traîner dans une queue russe toute une journée. Conséquence : le contrôle physique est à l’origine d’une véritable oisiveté dans les services publics forcément aux dépens des usagers. Pis encore, la nouvelle mesure, à mesure qu’elle tire vers sa fin, est en train de devenir un créneau pour certains agents du Trésor. Pour abréger la souffrance des travailleurs, certains consentent à payer la somme de 2 000 Fcfa par individu que leur réclament les agents contre le privilège de passer avant les autres. Ramené à la proportion des journées qu’on risque de perdre, ce ne sont que des broutilles pour nombre d’entre eux.

 

Vraie fausse histoire de Dioncounda  à la Francophonie

Le célèbre conclave dakarois de la Francophonie a finalement vécu. Il s’est déroulé sans un porte-drapeau du Mali pourtant annoncé à cors et à cri plusieurs mois avant l’événement. On apprend plus tard que la candidature de Dioncounda Traoré n’a pu être portée par les hautes autorités maliennes qui se sont également chargée de la retirer de la course sur la pointe des pieds. Raison officieusement évoquée : le pays aspire à d’autres candidatures internationales beaucoup plus jouables,  mais qui se sont finalement révélées beaucoup moins à sa portée. Recoupements faits, il nous est revenu que l’ancien président de la République sous la Transition n’a en réalité jamais postulé pour la fonction de secrétaire général de la Francophonie. Il s’agit plutôt de l’une de ses sauces factices et imaginaires auxquelles Koulouba est très habiles depuis qu’IBK en est le locataire. Il nous revient, de même source, que la candidature n’a pas été retirée par l’intéressé lui-même mais par les mêmes autorités à coups d’annonces par voie de presse. L’acte de candidature ne l’avait pas été par le même procédé.

 

Nouveau visage  du Jihadisme au  Nord-Mali

Pendant que les négociations d’Alger se corsent, l’insécurité revident au galop et diversifient ses moyens. Le convoi du ministre du développement rural en a fait les frais, la semaine dernière, avec un attentat meurtrier ayant emporté la vie de deux éléments de sa garde rapprochée. Quant au ministre, il s’en est sorti indemne avec une frayeur indescriptible, selon les témoins oculaires. Quelques jours auparavant,  les jihadistes de la même zone, pourtant contrôlée par les forces loyalistes, se signalaient par une méthode différente. Elle a consisté à utiliser un kamikaze pour faire sauter une charge explosive en plein marché. Le kamikaze, qui en était l’unique victime, n’était qu’un enfant de 16 ans manifestement inconscient de la portée de sa mission. Comme quoi, les jihadiste commencent à recruter et endoctriner au Mali, comme en France, parmi les tranches d’âge les plus manipulables, les adolescents.

SOURCE: Le Témoin  du   2 déc 2014.
Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.