TROISIÈME ANNIVERSAIRE AU POUVOIR: IBK déçéra !

Dans les prochainsjours, à occasion des trois ans passés par IBK au pouvoir, lesthuriféraires du régime se feront les gorges chaudes pour tenter de convaincre les Maliens que le bilan à mi-parcours est positif, voire même très positif. Ils sont dans leur rôle car celui qui est nourri par sa langue se trouve affamé lorsqu’il lui arrive de se taire. En tout cas, les Maliens dont la plupart ne font que survivre de nos jours au lieu de vivre, parce que débordés par les difficultés de tous genres, n’accordent plus aucun crédit à ces discours dithyrambiques dont ils doutent encore de la sincérité. Ils jugent aux actes.

IBK ibrahim boubacar keita rpm

IBK, s’adressant aux cadres de son parti au lendemain de son élection en 2013, faisait comprendre qu’il n’était pas élu par son parti, le RPM. Avant d’ajouter qu’il n’était donc redevable envers personne. En effet, fort de son élection, avec un score soviétique (plus de 77% des voix obtenues au second tour il est vrai) IBK voulait signifier que son élection va au-delà de son seul parti. En d’autres termes, il a bénéficié d’un élan populaire.

Mais comme nous l’écrivions il y a quelques semaines, si IBK a été préféré par les électeurs lors de la présidentielle de 2013, c’est surtout sur la base d’un préjugé qui le présentait comme le Zorro de la classe politique en mesure de régler très rapidement et énergiquement la question sécuritaire et de lutter contre l’impunité qui gangrenait le pays. Ce qui constituait, en son temps, les deux grandes préoccupations des populations. Et IBK avait su trouver les mots justes pour drainer les foules vers lui, avec ses discours empreints de fermeté et pleins de promesses d’un avenir radieux: «Le Mali d’abord». Après trois ans passés au pouvoir, qu’en est-il de ces espoirs dont le peuple se nourrissait ?

La Défense et la sécurité constituent, à n’en pas douter, le ventre mou du régime IBK. Pendant que Kidal s’éloigne de plus en plus de l’Etat malien, le centre du pays devient le nouveau sanctuaire des terroristes.  Et plus grave encore, apparaissent dans la région de Mopti des groupes armés formés sur une base ethnique, mettant dangereusement en péril la cohésion nationale.

C’est tellement vrai que depuis un certain temps, des affrontements entre communautés portent les germes d’une guerre ethnique, notamment entre bambaras et peuls. Plusieurs localités du centre du pays, surtout les communes rurales, sont ainsi abandonnés par les représentants de l’Etat qui préfèrent se regrouper dans les grandes villes pour se mettre à l’abri des descentes inopinées des bandes armées qui pillent tout sur leur passage.

L’Accord pour la paix et la sécurité, malheureusement, s’est transformé en désaccord pour le blocage du processus de paix et de sécurité. Ce qui aura des conséquences sur le respect du calendrier républicain, plus précisément la tenue d’élections locales et la prochaine présidentielle prévue en 2018. En effet, il y a des préalables contenus dans l’Accord dont le non-respect constitue un frein pour la tenue d’élections libres et transparentes sur l’ensemble du territoire national.

D’ailleurs comment tenir des élections sur l’ensemble du territoire si le président de la République ne peut pas mettre les pieds à Kidal pour y battre campagne électorale, cette localité du nord étant devenue pour lui un sens interdit depuis son élection

Comme on le voit, la gestion de la sécurité, qui constitue le casse-tête des Maliens, se résume donc à des promesses de mieux équiper  les forces armées et de sécurité afin qu’elles puissent jouer leur rôle correctement. Une Loi d’orientation et de programmation militaire a été votée dans la foulée, un marché d’équipements militaires de près de 70 milliards de nos francs donné à Sidi Mohamed Kagnassy sur un plateau d’or, on annonce des hélicoptères acquis du Qatar et ensuite une commande de six avions Ambraer avec le Brésil. Mais tout ceci est resté au stade des mots. Nos vaillants soldats, qui sacrifient leur vie pour la défense de la patrie, attendent toujours de voir les promesses se réaliser.

Dans une récente sortie publique, l’ex-Premier ministre, Moussa Mara, affirmait que selon ladite loi de programmation militaire, 400 milliards devaient être mobilisés chaque année au profit de la Défense et de la sécurité. Selon l’ex-Premier ministre, le gouvernement n’a même pas pu mobiliser 10 milliards par an.

Après l’attaque du Byblos de Sévaré, «Nous sommes en train d’équiper nos forces de sécurité pour les aider à mieux remplir leur mission » entendait-on de la part du Gouvernement. Suite à l’attaque terroriste contre l’hôtel Radisson Blu, «Nous allons nous atteler à l’équipement de nos forces de sécurité » disait-on encore. Jusqu’à présent, «on est en train», «on va, on va… ». On a pris trop de temps à tergiverser, alors que déjà 70 milliards ont été flambés à travers ce marché d’équipements militaires précité.

Quid des hélicoptères et des avions ? Mystère, boule gomme ! On se résout, à présent, à reconnaître que rien n’a été fait de cela. La faute, évidemment, est rejetée sur les autres, notamment « les amis du Mali » qui empêchent notre pays de se doter de l’armement aérien. Des amis que l’on ne cite jamais, même si à chaque fois on ne cesse de les remercier pour le soutien apporté au pays. Devrait-on remercier ou féliciter ceux qui nous empêchent de nous armer, malgré leur connaissance parfaite de la situation et les enjeux? Que sont donc devenus les hélicoptères annoncés à grand coup de publicité ? Et les avions tant attendus ?

Pourtant, lorsqu’il s’est agi de se doter d’un avion dit de commandement, on n’a pas hésité un moment. Bien au contraire, on a évoqué le caractère urgent de cette acquisition comme prétexte pour bâcler les procédures administratives et financières imposées par les règles des marchés publics.

Les attaques terroristes répétées contre des localités et des installations militaires prouvent à suffisance que la sécurité du territoire est loin d’être ce qu’attendent les populations, après trois ans passés au pouvoir par IBK.

Aux dernières nouvelles, on se décarcasse comme on peut, pour mettre la main sur quelque chose à présenter aux Maliens à l’occasion de la fête de l’indépendance, le 22 septembre prochain. C’est dommage de fêter le 56è anniversaire de l’accession de la souveraineté internationale du Mali, alors que qu’une partie du pays est déserté par l’Administration publique. Et que plusieurs villes soient occupées par les djihadistes sans livrer le moindre combat, les soldats prenant la tangente au moindre coup de feu !

Quant à l’impunité, c’est devenu la règle, avec les nombreux scandales financiers qui ont éclaté au grand jour et dont les auteurs, au lieu d’être poursuivis et punis, sont tout simplement retirés de leurs fonctions, avant d’être camouflés dans les méandres du pouvoir par un système de recyclage très huilé.

Effectivement, qu’en est-il de Moustapha Ben Barka, de Soumeylou Boubèye Maïga, de Mme Bouaré Fily Sissoko, pour ne citer que ceux-là ? Après avoir été enlevés de leurs fonctions de ministre suite aux scandales de l’achat de l’avion présidentielle et le marché d’équipements militaires offert sur un plateau d’argent à Sidi Mohamed Kagnassy pour près de 70 milliards de nos francs, ces membres du Gouvernement, peu de temps après, sont revenus dans la gestion des affaires publiques du Mali. Soumeylou en tant que secrétaire général de la Présidence de la République, Moustapha Ben Barka comme son adjoint et tous les deux avec rang de ministres. Quant à Mme Bouaré Fily Sissoko, elle a été nommée commissaire à l’Uemoa au nom du Mali.

Chose promise, chose due ! La réhabilitation de la justice était aussi très attendue. Mais nous sommes au regret de constater que le corps judiciaire est aujourd’hui traversé par un profond malaise, au point que les magistrats se voient obligés de déclencher récemment une grève de 72 heures, observée quelques jours après l’arrivée du nouveau ministre de la Justice garde des Sceaux qui les a appelés à une concertation nationale sur les questions de justice. Qu’en sortira-t-il ? Wait and see !

Les magistrats étaient d’autant plus motivés à aller  cette grève. Un groupe de nos parlementaires, après une tournée dans la sous-région, a d’ailleurs reconnu la précarité des conditions de vie et de travail des magistrats maliens. On ne peut donc construire une justice saine sans mettre les acteurs de la justice dans les conditions confortables de travail.

La question foncière, véritable bombe à retardement, est prête à exploser à tout moment. On ne sait même pas par quel bout la tenir pour la désamorcer. Chaque jour qui passe, d’honnêtes citoyens, victimes des spéculateurs, se voient spoliés de leurs terres. Les faux titres fonciers pullulent et font des victimes, jusque dans les banques. Du côté du pouvoir, le ministre chargé de la question louvoie et gesticule, mais aucune solution viable n’est encore trouvée pour mettre un terme à ce phénomène de spéculation foncière. Le pourrait-on s’il y a encore des intouchables dont les actes sont souvent couverts.

Pire encore, les terroristes qui ont pris les armes contre le Mali sont aujourd’hui cajolés et couverts de présents, pendant que les dignes fils du pays, restés fidèles aux valeurs républicaines et imbus du sens élevé du patriotisme, n’ont que la débrouille au quotidien pour survivre dans un pays où les prix des produits alimentaires ne cessent de flamber. Si on ne tire pas sur eux à balles réelles. Comme sur des lapins ! Les Maliens, dans la dignité et l’honneur, souffrent dans leur chair à cause d’une situation socio-économique difficile. Mais les thuriféraires du régime IBK ne cessent de chanter que tout va bien comme dans le meilleur des mondes. Reconnaître que cela ne va pas et implorer le soutien de tout le monde devait être le meilleur axe de communication, au lieu de persister dans la voie du mensonge qui indigne les citoyens refusant qu’on leur fasse prendre des vessies pour des lanternes.

On en est arrivé à un point où, dès que le Président IBK débite son fameux et maladroit «bismillahi Rahmani Rahimi», dans les foyers on appuie sur la télécommande pour changer de chaine de télévision afin de ne plus l’écouter. Ce n’est pas un bon signe pour un chef d’Etat car cela témoigne d’un sentiment de rejet exprimé ainsi par les populations.

Au Mali, le plus grand pays d’élevage de l’Uemoa, le kg de viande de bœuf sans os s’achète à 2 500 FCFA, le kg. Malgré tous les investissements à l’Office du Niger et les milliards de francs CFA déclarés investis dans l’agriculture, des produits de mauvaise qualité sont offerts sur le marché, poussant les consommateurs à se tourner vers les légumes importés vendus des prix au-dessus de la bourse du Malien lambda. En effet, une seule carotte à 150 ou 200 FCFA, le kilo de pommes de terre entre 600 et 650 FCFA, celui des oignons entre 500 et 600 FCFA. La bouteille de gaz qui était de 1 500 FCFA du temps d’ATT coûte aujourd’hui 3 500 FCFA. Une  spéculation pareille sur les prix des denrées n’a jamais été enregistrée dans le pays.

Malgré tout, on ose regarder les populations les yeux dans les yeux pour leur faire croire que tout va bien ! A quand devra-t-on se convaincre que les maux du pays ne se soignent pas par des mots ou par des mensonges d’Etat.

A.D et K.D

 

Source: sphynx

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