Tieman H. Coulibaly parle de notre démocratie : « Les idéaux de mars 91 ne sont plus dans l’air du temps »

En plus de proposer à ses camarades politiques un changement qualitatif de leurs différentes formations en un grand parti tourné vers l’avenir, le président de l’Alliance des forces démocratiques (AFD-Mali), Tiéman Hubert Coulibaly, a fait une analyse critique de la démocratie malienne. Selon lui, le dispositif partisan actuel de la démocratie malienne ne correspond pas aux attentes de la nouvelle génération qui n’a pas connu le 26 mars 1991.

Lors du séminaire qu’a initié l’Alliance des forces patriotiques, son président, Tiéman Hubert Coulibaly, est revenu sur la crise consécutive aux événements de mars 2012. De l’incompétence de ceux qui ont pris Constitution qui dit que l’essence du pourvoir est dans l’élection, en passant par les efforts de la Cédéao et de la communauté internationale, M. Coulibaly fera cas des structures qui se sont appuyées sur la résistance intérieure au coup d’Etat.

« J’ai vécu cette expérience. C’est pour ça que je dis qu’elle est traumatisante parce que plusieurs fois ce projet de sauvetage de la République a failli échouer. Il a failli échouer parce que nous manquions de cohésion. Nous n’étions pas capables de tracer une ligne et nous mettre dedans. Les forces étaient dispersées et cela a failli créer un second danger pour la République.  Et pendant ce temps, les partis politiques se créaient tous les jours. C’est cela qui est inquiétant, parce que ce n’est pas efficace », a rappelé le président de l’Alliance.

 

Nouvelle gouvernance politique

Faisant l’analyse de l’héritage de la démocratie malienne, Tiéman Hubert Coulibaly dira qu’aujourd’hui, le dispositif politique partisan qui prévaut est celui qui est né après le choc du 1991. Car, expliquera-t-il, mars 1991 a été un grand choc politique et une grande violence. Ce qui a fait que les acteurs politiques étaient dans un processus de négation les uns des autres.

« Je prétends que ce qui s’est passé en 2012, c’est la preuve que ce qui s’est passé en 1991 a échoué. Si nous n’avions pas échoué, il n’y aurait jamais eu de coup d’Etat au Mali. C’est ma conviction profonde. Est-ce que l’hydre politique qui est né de 1991 est capable de prendre en charge le problème de ceux qui doivent faire le Mali d’aujourd’hui et de demain ? », s’est-il interrogé.

Pour le président de l’URD et de l’AFD-Mali, la nouvelle génération n’est pas concernée par ce débat. « Quelle offre politique pouvons-nous faire à cette génération de manière à ce qu’elle reconsidère l’action politique comme noble ? », a-t-il fait remarquer.

Pour toutes ces raisons, Tiéman Hubert Coulibaly a estimé que les idéaux du 26 mars ne sont plus dans l’air du temps. « J’invalide ce qui s’est passé. Je disqualifie les principes qui sont nés de 1991. Je dis que notre dispositif partisan ne correspond pas à ce qu’attendent les jeunes. Parce que nous ne disons pas ceux qu’ils veulent entendre et si nous ne faisons pas ça, l’action politique n’aura pas beaucoup de chance », a-t-il soutenu.

Alpha Mahamane Cissé

 

Source: L’Indicateur du Renouveau

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