Think tank : Octobre, mois de tous les dangers

L’année 2015 dispose, particulièrement au cours de son dernier trimestre, d’un agenda électoral très riche. Dans notre environnement immédiat, pas moins de trois scrutins présidentiels pour le seul mois d’octobre. Il s’agit des présidentielles de la Guinée, prévue pour le 11 octobre, du Burkina Faso, également programmée pour le 11 octobre et de la Côte d’Ivoire, attendue pour le 25 octobre.

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Chez nous, au Mali, les élections communales, couplées aux régionales, sont prévues pour le 25 octobre. Mais, au train où vont les choses, des voix se levant de plus en plus, tant des partis de la majorité que de ceux de l’opposition, voire du côté de la CMA, pour demander le report de ces élections, en invoquant diverses raisons, notamment celles d’ordre sécuritaire, ces scrutins risquent d’être renvoyés à une date ultérieure.

Restent les présidentielles chez nos voisins. Force est de constater qu’au lieu de faire de ces élections des moments de fête démocratique, les dirigeants politiques, d’une manière générale en Afrique, en ont, malheureusement, fait des épisodes de crise, débouchant sur des guerres fratricides, aux conséquences dramatiques.

Le cas de la Côte d’Ivoire est là pour rafraichir les mémoires. Des crises souvent pré ou / et post-électorales. Un aperçu vient de nous en être donné avec la validation de la candidature d’Alassane Ouattara par la Cour constitutionnelle ivoirienne, validation suivie de manifestations violentes, qui ont fait un mort et plusieurs blessés, au motif que l’article 65 de la Constitution ivoirienne aurait été violé.

Cet article dit «Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une fois. Le candidat à l’élection présidentielle doit être âgé de 40 ans au moins et de 75 ans au plus. Il doit être ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d’origine. Il doit n’avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne. Il ne doit s’être jamais prévalu d’une autre nationalité.

Il doit avoir résidé en Côte d’Ivoire de façon continue pendant cinq années précédant la date des élections et avoir totalisé dix ans de présence effective. L’obligation de résidence indiquée au présent article ne s’applique pas aux membres des représentations diplomatiques et consulaires, aux personnes désignées par l’État pour occuper un poste ou accomplir une mission à l’étranger, aux fonctionnaires internationaux et aux exilés politiques».

Ces troubles constituent-ils un avant-goût avant le bal meurtrier? Il faut le craindre, les leaders politiques africains n’ont-ils pas suffisamment prouvé qu’ils sont prêts à tout pour conquérir ou garder le pouvoir? En tripatouillant la Constitution, en instrumentalisant la fibre ethnique, religieuse, les particularismes régionaux … Uniquement pour assouvir leurs seuls desseins pouvoiristes, au détriment du bonheur de leurs peuples. Alors, la démocratie, un luxe pour l’Afrique, comme se plaisait à l’affirmer un ancien Président français? Si l’on n’y fait pas attention, les faits risquent de lui donner raison.

Toujours est-il que la perspective de voir les nuages s’amonceler dans le ciel de nos pays voisins n’est pas faite pour nous réjouir, nous qui peinons à sortir d’une crise profonde. Si la case de ton voisin brûle, ne te sens en sécurité, jusqu’à l’extinction de l’incendie, dit un proverbe bien de chez nous. Sans compter le fait que la Côte d’Ivoire abrite le plus grand contingent de Maliens vivant à l’étranger, plus de 2 millions de personnes. Plaise à Dieu que les protagonistes aient des réflexes patriotiques et soient guidés par la sagesse!

 

Yaya Sidibé

Source: 22 Septembre

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