Statut de chef de l’opposition : La guerre froide entre les leaders

Au fur et à mesure que les choses se précisent à propos du statut de l’opposition, une guerre froide, au delà de l’apparente cohésion affichée dans leurs rangs, semble opposer les leaders de l’opposition malienne. En effet certains, comme l’ancien Premier ministre, Modibo Sidibé, ou encore l’intraitable Tiébilé Dramé, n’apprécieraient pas qu’on présente le Président de l’Urd, Soumaïla Cissé, comme Chef de file de l’opposition.

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De bonne guerre donc, qui serait à la base d’un marquage à la culotte constant entre ces trois hommes, comme semblent l’avoir perçu certains observateurs lors de différentes activités politiques des partis de l’opposition. Aussi, nous sommes nous amusés à demander l’opinion de citoyens lambda à propos de cette guerre de chiffonnerie à laquelle se livreraient ceux en qui nombre de nos compatriotes voyaient une alternative crédible dans la décente aux enfers de notre chère patrie, le Mali.

« Je crois que ceux qui sont dans la logique de disputer à Soumaïla Cissé le statut de chef de file de l’opposition sont aveuglés par leurs ambitions démesurées. En effet, qu’ont-ils à faire valoir pour avoir une telle prétention ? Qui a été le challenger du Président IBK lors de la présidentielle de 2013. Qui parmi eux a plus de députés que Soumaïla Cissé à l’Assemblée Nationale ? Pas besoin d’attendre d’eux la réponse à ces questions pour dire que le combat qu’ils mènent est sans gloire et qu’ils vont droit dans les poteaux… », clame Seydou Koné, agent de santé.

Un point de vue qui diffère de celui de Diakaridia Doumbia évoluant dans le secteur privé, qui pense, lui, que « le Président des Fare, Modibo Sidibé, compte tenu de son statut d’ancien Premier ministre, est le mieux placé pour être le chef de file de l’opposition. Tiébilé Dramé est certes le plus entreprenant et le plus bavard de tous, mais il faut reconnaître qu’être chef de file de l’opposition exige aussi une certaine dose de sagesse que seul Modibo Sidibé incarne ». Deux visions différentes et deux manières de concevoir les choses totalement balayées d’un revers de main par ce politologue que nous avons approché.

Pour ce dernier, « le débat autour du statut de l’opposition se pose en premier lieu à l’Assemblée Nationale, dans la mesure où une opposition n’a de sens que si elle peut constituer un véritable contre-pouvoir au pouvoir en place. Le pouvoir exécutif ne pouvant pas aller sans le pouvoir législatif, il devient donc un impératif pour toute opposition sérieuse d’être représentée à l’Assemblée Nationale, là où passent tous les dossiers (à quelque exception près) de l’État.

À partir de là, le parti qui a plus de députés parmi les formations politiques se réclamant de l’opposition devient, comme le veut le fait majoritaire (un principe qui s’applique à l’opposition aussi), le leader du groupe. Je vois mal donc, pour répondre à votre question, comment quelqu’un, autres que Soumaïla Cissé, peut bénéficier du statut de chef de file de l’opposition…. Le contraire relèverait d’une farce démocratique ».

Assane SY DOLO

Source: Soir de Bamako

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