Soumaïla Cissé : «Nous ne sommes pas à la case départ, nous sommes derrière la case départ…»

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«Je voudrais présenter, au nom de l’URD et en mon nom propre, mes vœux de Santé, de Bonheur, de Prospérité et de plein succès aux professionnels des médias que vous êtes, à vos familles, à vos partenaires ainsi qu’à vos auditeurs, lecteurs et téléspectateurs». C’est par ces termes que Soumaïla Cissé, président de l’Union pour la République (Urd), a entamé ses propos lors de sa présentation de vœux à la presse samedi dernier, 9 janvier 2016, à la Maison de la presse. Il a presque peint un tableau sombre du Mali en 2015.

Cette présentation des vœux du président de l’Urd à la presse sous forme de conférence de presse a enregistré la présence de l’honorable Seydou Diawara, président du groupe parlementaire Urd ; de Madani Traoré, Secrétaire général de l’Urd ; de Boubacar K. Coulibaly, vice-président de la communication ; de la représentante de la Maison de la presse, Dado Camara ; de Me Demba Traoré (modérateur).

Félicitant les journalistes pour leur mission difficile, mais exaltante, Soumaïla Cissé dit ceci : «Vos dénonciations des maux et intrigues, vos révélations des ‘’choses de la nuit’’ constituent un apport inestimable en vue de la quête de la bonne gouvernance et de la gestion saine des deniers publics.
Nous tournons la page d’une année noire, particulièrement éprouvante pour vous de la presse et des médias. Le bilan lourd présenté par Reporters Sans Frontières fait état de 110 journalistes tués ou décédés de mort suspecte durant 2015».

Avant d’ajouter : «C’est triste et inadmissible ! Aucun démocrate, épris de paix et de justice, ne doit rester simple spectateur face à une situation aussi préoccupante qu’intolérable…».

Parlant de la vie de la Nation, le président de l’Urd a souligné que «…Vous avez alerté ! Vous avez, avec nous, dénoncé toutes les dérives (corruption-concussion-gabegie financière-mensonges) qui caractérisent la gouvernance actuelle de notre pays…».

Sur le plan sécuritaire en 2015, dévoile Soumi champion, au moins 346 personnes ont été tuées au cours d’une centaine d’incidents. Depuis le 20 juin, date de signature de l’accord d’Alger, au moins 170 personnes sont mortes au cours de 44 affrontements armés. Du Nord au Sud de notre pays, poursuit-il, l’insécurité s’est installée de façon presque permanente.

«En ce qui concerne le processus de paix, dit-il, nous avons dénoncé en son temps l’attitude solitaire et suicidaire du gouvernement. Nous avons redouté la signature d’un accord dont l’application entraînerait le pays vers une autre crise. Nous ne sommes pas loin d’un tel scénario aujourd’hui dans la mesure où les formats et les calendriers ne sont pas tenus, la confiance se fait attendre et nous sommes devenus tributaires des événements. L’histoire nous donne malheureusement raison…».

Il a aussi dénoncé, au plan de la gouvernance, le pilotage à vue, les scandales financiers à répétition, l’impunité érigée en système, la politisation de l’administration, la caporalisation des médias d’État… Aux dires du N°1 de l’Urd, son parti et toute la communauté nationale et internationale attendent toujours la suite judiciaire réservée aux nombreux scandales de corruption révélés en 2014 et auxquels sont venus s’ajouter ceux de 2015. Comme pour brocarder, Soumaïla Cissé estime que «l’année 2015 a été l’année de la déception et de la désillusion. Ce tableau presque catastrophique de notre pays ne doit pas nous faire perdre de vue que notre peuple aspire à la paix, à la quiétude dans la solidarité et le partage».

Recommandations

Le patron de l’Urd a fait des propositions au président de la République et à son gouvernement, entre autres : instaurer un véritable dialogue républicain autour des sujets d’intérêt national ; assainir la gestion des fonds publics ;  faire en sorte que la corruption, l’indiscipline budgétaire et les détournements soient sanctionnés conformément aux textes en vigueur ; de mettre immédiatement et définitivement fin aux dépenses de prestige ; de renforcer les moyens des forces de sécurité; de porter le montant total de l’aide à la presse à un seul niveau comme ce fut toujours le cas et d’envisager une augmentation sensible pour les prochains exercices…

Répondant aux questions des journalistes en ce qui concerne le piétinement du processus de paix, Soumaïla Cissé dira que «nous ne sommes pas à la case départ, nous sommes derrière la case départ. Il faut que nous nous ressaisissions avant qu’il ne soit trop tard». En ce qui concerne son statut de chef de fille de l’opposition, Soumaïla Cissé affirme que le pouvoir en place est en train de le faire tourner en rond, mais qu’il reste serein et jouera sa mission jusqu’au bout, sans «être l’esclave de qui que ce soit».

Bruno E. LOMA

 

source : Le Reporter

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