Soumaila Cissé, chef de file de l’opposition à propos de l’accord d’Alger et du dernier rapport du VEGAL : « Des lendemains difficiles s’annoncent pour le Mali »Soumaila Cissé, chef de file de l’opposition à propos de l’accord d’Alger et du dernier rapport du VEGAL : « Des lendemains difficiles s’annoncent pour le Mali »

En marge de la conférence organisée par les membres du bureau de la section de la commune V, le Président de l’URD et chef de file de l’opposition, Soumaila Cissé, a accordé une interview aux médias dans laquelle, il aborde les questions brûlantes de l’heure dont le dernier rapport du vérificateur général et la signature de l’accord d’Alger à Bamako.

Quel est l’objet de votre présence à cette conférence de la section de la commune V ?

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D’abord, c’est une décision de notre congrès que le président du Parti visite chacune des sections. Nous avons commencé déjà avec les sections de Bamako, aujourd’hui on est en commune V. nous avons suivi l’évolution de la situation de la commune V. c’est une commune extrêmement importante pour nous. C’est là où nous avons nos sièges et nous avons beaucoup de nos responsables qui habitent ici. Aujourd’hui, la section se porte bien, elle a traversé des moments difficiles. Et ces moments difficiles nous ont permis de nous ressaisir et de parler entre les responsables. Je crois qu’aujourd’hui, quand on voit comment notre candidat a été choisi pour les législatives partielles, on peut dire qu’on a eu vraiment la main heureuse et qu’on a su se parler très sérieusement pour qu’il y ait un consensus réel autour d’un candidat. En un mot, le parti se porte bien.

Êtes-vous confiant  par rapport à l’élection législative partielle à venir?

Nous sommes confiants parce que nous allons nous mobiliser d’avantage, nous allons avoir le soutien de tous nos amis. Je crois que la situation globale du pays même interpelle l’ensemble des électeurs. Nous sommes dans une situation où la gouvernance est complètement délétère, l’insécurité est grandissante. Nous sommes dans un pays d’incertitude. Aujourd’hui, ce pays a besoin d’alternance et la commune V a besoin d’alternance. Nous avons besoin que d’autres responsables émergents en commune V, et que le pôle de la nation y soit reflété. Je crois que la situation très mauvaise du pays doit interpeller tous les électeurs, tous les électeurs de cette commune et observateurs maliens. La réponse qui va être donnée à cette élection est une réponse qui doit certainement être prise en compte par l’ensemble des responsables de ce pays.

Quel est votre sentiment  par rapport à la signature prochaine de l’accord d’Alger et du dernier rapport du vérificateur général?

Le rapport du vérificateur général fait état de 153 milliards de manques à gagner. J’ai été complètement abasourdi par la réponse du chef de l’Etat, qui dit, en un mot, baissons les bras. On ne sait pas quoi faire. Je crois que c’est un aveu d’impuissance qui est absolument inquiétant pour un chef d’Etat qui a dit qu’il mettait son mandant sous le signe de la lutte contre la corruption. Il ne peut pas baisser les bras à la première difficulté. J’attends de voir  si vraiment ce qu’il a dit sera suivi d’effet. Parce que s’il le dit et que tous les responsables du gouvernement le suivent, je crois que c’est la catastrophe annoncée. Vraiment, cela  m’inquiète très fortement. Les accords d’Alger sont prévus pour être signé le 15, la première question qu’on se pose est : qui va signer? Si c’est une signature entre ceux qui sont d’accord avec le gouvernement, je crois que c’est une signature unilatérale comme celle du 23 mai  ou il y a eu un cessez le feu unilatéral qui, aujourd’hui, nous pose des problèmes. L’exemple de Ménaka en est une illustration parfaite. Parce qu’à l’époque le gouvernement a signé un cessez-le-feu sans condition et voila ce qui est arrivé. Aujourd’hui, si on signe un document comme ça sans condition, je crois que c’est des lendemains difficiles que nous aurons devant nous. J’espère qu’il y aura la paix. Nous souhaitons la paix et nous œuvrons pour la paix. Mais je crois que la paix doit se négocier dans des très bonnes conditions pour que les causes réelles ne resurgissent pas pour donner les effets qu’on connait aujourd’hui. J’ai appris qu’il y a encore une réunion prévue en Algérie pour encore parler d’un accord qui normalement  doit être signé le vendredi prochain et qui aurait du être paraphé déjà depuis le 15 mars. Ça veut dire que le gouvernement lui-même ne maitrise absolument pas la communication, donc ne maitrise pas le processus et ne sais pas en réalité ce qui doit arriver. Je crois que c’est inquiétant sachant que le gouvernement  lui-même a douze pages d’interrogations et d’amendements. Des lendemains difficiles s’annoncent pour le Mali.

Propos recueillis par Ousmane Baba Dramé

source :  Le Républicain

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