Sortie de crise au Mali : Ce que Soumaila Cissé chef de l’opposition propose au president IBK

A la faveur de la traditionnelle cérémonie de présentation de vœux de nouvel an de son parti à la presse ce mardi 30 janvier à la maison de la presse, Soumaïla Cissé, président de l’URD et chef de file de l’opposition, a de nouveau critiqué le régime sans ambages : Insécurité, corruption, en somme la mauvaise gouvernance. Des propositions par lui ont été faites pour la stabilité du pays. Au nombre de ces propositions, l’élu de Niafounké s’est prononcé sur la question de la ‘‘loi d’entente nationale’’ dont le régime en place a annoncé son intention d’adopter très prochainement.

De l’avis de l’honorable Soumaïla Cissé le débat autour de cette loi d’entente nationale n’est que ‘‘tergiversations’’ et, dit-il, le peuple en est ‘‘dubitatif’’ : ‘‘Mais dites-moi de quelle entente s’agit elle ? une entente entre qui et qui ? Entente sur quoi ? Que de tergiversations ! Que de tergiversations ! Nous sommes dubitatifs !’’S’interroge l’honorable Soumaïla Cissé.

Dans son adresse à la nation à l’occasion du nouvel an le président IBK a annoncé sa volonté d’initier un projet de loi sur l’Entente nationale. Selon ce dernier, ce texte ‘‘proposera l’exonération de poursuites de tous ceux impliqués dans une rébellion armée, mais qui n’ont pas de sang sur les mains’’. La même loi, et toujours selon IBK, proposera aussi ‘‘des mesures d’apaisement après l’accélération des procédures en cours et les réparations accordées aux victimes reconnues’’. Ce, avec un programme de réinsertion pour tous ceux qui déposeront les armes et s’engageront publiquement à renoncer à la violence’’.

Pour Soumaïla Cissé cette initiative n’est pas la solution : ‘‘Nous n’avons jamais cessé et ne cesserons jamais de réclamer un véritable dialogue national inclusif entre tous les fils de ce pays à travers leurs représentants dûment mandatés et non choisis par l’administration, sur les sujets préoccupants  les différentes communautés dont entre autres la justice, le foncier, l’agriculture, la sécurité, l’eau, l’école, la santé, les routes, la religion’’, a-t-il dit. Selon lui, ce dialogue ‘‘doit précéder toute action législative ou réglementaire tendant à la paix et à la concorde nationale’’.

Le président IBK dans son adresse a motivé son initiative (loi d’entente nationale) par la mise en application de la Charte pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale, un document issu des conclusions de la Conférence d’Entente Nationale (CEN) tenue en Mars-Avril 2017. De son coté, Soumaïla Cissé met en cause la légitimité de cette charte qui, dit-il, a été élaborée sans implication de toutes les forces vives de la nation : ‘‘Ces messieurs sont partis au Burkina et dans beaucoup d’autres pays voisins dans le cadre de l’élaboration de cette charte, mais ils n’ont pas une seule fois consulté l’opposition sur la question’’, a-t-il dit tout en indiquant que la conférence d’entente nationale elle-même dont est issue la charte qui n’a pas non plus fait exclusivement l’objet de la participation de tous.

A propos des 500 millions FCFA alloués à l’opposition

Le président IBK lors de sa série de traditionnelles cérémonies de présentation de vœux en début de l’année a menacé de sevrer l’opposition des 500 millions : “On donne de l’argent au chef de file de l’opposition, mais il n’arrête pas de nous insulter, de dénigrer tout nos efforts. On n’a pas 500 millions à jeter par la fenêtre. Ce que la loi a consacré peut être changé par la loi”, avait-il lancé fa ace aux représentants de la société civile et ceux des partis de la majorité présidentielle.

En réaction à cette déclaration ou menace du président IBK, l’honorable Soumaïla Cissé a indiqué que le président sortant (IBK) , ‘‘au lieu de vexer dans l’invective ou perdre son sang froid face aux critiques, doit admettre que l’opposition joue son rôle sans hypocrisie, sans complaisance tout en proposant des pistes de solutions sérieuses et raisonnables : ‘‘Oui, nous critiquons et continuerons à critiquer la gestion chaotique et catastrophique du pays. Oui nous épinglerons toujours la mal gouvernance, la gabegie, le manque de vision et l’incurie. Cela n’est pas négociable ni monnayable’’, a-t-il martelé sous cette tribune.

Selon le chef de file de l’opposition, et toujours se prononçant sur la question des 500 millions Fcfa, ce qui fait le plus mal au président (IBK) c’est qu’il donne le niveau des fonds spéciaux.

Dans le passé Soumaïla Cissé avait donné des chiffres sur l’argent alloué à des tenants du pouvoir au Mali. Ainsi, il avait annoncé que le président de la République gagne 150 millions par mois, 75 millions de FCA/mois pour le premier ministre et le président de l’Assemblé 30 millions de FCFA/mois….

Le régime à l’obligation d’organiser des élections

Pour l’honorable Soumaïla Cissé il n’y pas de raison que les élections ne se tiennent pas aux dates constitutionnelles : ‘ ‘Le régime sortant est dans l’obligation d’organiser des élections, libres et indépendantes, sous peine de prendre la responsabilité historique de laisser le pays plonger dans le chaos. Après 5 ans d’échec, les Maliens doivent pouvoir choisir et se prononcer’’, a-t-il dit.

Aux dires du chef de file de l’opposition les Maliens ont été dupés et, dit-t-il, Pour sauver le Mali, il faut organiser des élections libres et transparentes : ‘‘Pour en finir avec la crise, le Président sortant doit sortir. C’est de la responsabilité de tous ceux qui portent et incarnent une alternative crédible et démocratique. En tant que chef de file de l’opposition, je ne me déroberai pas à mes responsabilités’’, dit-il

D. Samake

mali24

 

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